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N° 45 - du 26 avril 2007 au 2 mai 0200

L'AIR DU TEMPS

Un rêve européen

L’Européen n’est pas prêteur, c’est connu… Alors que les grandes institutions américaines commencent à restituer des œuvres contestées à leurs pays d’origine, les musées du Vieux Continent freinent des quatre fers, pressentant la possibilité d’une saignée impossible à juguler. Les responsables du ministère de la Culture allemand ont catégoriquement exclu le prêt à l’Egypte du célèbre buste de Nefertiti, datant du XIIIe s. av. J.-C. (et découvert par des archéologues allemands au début du XXe siècle), même pour une exposition temporaire. En raison de sa fragilité, est-il invoqué. On imagine bien qu’il s’agit surtout de ne pas donner de faux espoirs ou d’attiser l’appétit de restitution… Pourtant, un tout autre écho provient de Londres. Dans une interview concédée le 16 avril à Bloomberg News, le directeur du British Museum, Neil McGregor, n’a pas exclu la possibilité de prêter temporairement les frises d’Elgin à la Grèce. Ce qui peut sembler révolutionnaire est plutôt une pirouette car le fond de l’argumentation grecque est que ces fragments ont été illégalement exportés et doivent donc revenir définitivement au bercail. Mais c’est un premier geste et l’on sait que l’histoire avance parfois à petits pas. On se prend à rêver d’une grand projet continental : reconstituer l’ensemble des frises du Parthénon en assemblant le fonds grec, celui du British Museum, celui du Louvre et de quelques autres institutions. On pourrait facilement le faire en hologramme. Malgré le respect que l’on doit à la civilisation virtuelle, force est de concéder qu’ « en vrai », ça aurait tout autre allure…

EXPOSITIONS

Champaigne pour tout le monde

LILLE – Il a l’image d’un peintre austère : des compositions religieuses sombres, des portraits de dignitaires – Richelieu premier d’entre eux – aux lèvres serrées et au regard dur. L’exposition montée au Palais des beaux-arts de Lille nourrit un peu l’ambition d’élargir notre compréhension d’un peintre que l’on résume trop souvent à l’interprète du jansénisme de Port-Royal et qui n’a pas fait l’objet d’une rétrospective depuis un demi-siècle. Le parcours est organisé en cinq sections, dont la première rappelle qu’il fut d’abord un peintre flamand : né en 1602 à Bruxelles, Philippe de Champaigne n’arrive qu’à 19 ans à Paris, où il va devenir le peintre favori de la reine-mère, avant d’exprimer l’idéal monarchique de Louis XIII. Les liens qu’il entretient avec les jansénistes (on pense évidemment à sà représentation de Mère Agnès Arnault) sont abordés, pour être nuancés : Philippe de Champaigne n’a pas été leur héraut exclusif. Il a, par exemple, été également proche de l’idéal chartreux. Une manifestation parallèle, organisée au LAAAC de Dunkerque, a le mérite de l’iconoclasme : elle trouve des échos de l’œuvre de Champaigne chez Anish Kapoor ou Yves Klein !

  • Philippe de Champaigne au Palais des beaux-arts, du 27 avril au 15 août 2007

  • L’affaire La Caze

    PARIS - Le Pied-bot de Ribera, Gilles de Watteau, La Brioche de Chardin : ces chefs-d’œuvre dont s’enorgueillit le Louvre ont tous la même provenance : la collection La Caze, que son possesseur, le docteur du même nom (1789-1869), légua au musée à sa mort. Une avalanche de peintures – 583 au total – qui en fit l’un des legs les plus importants de toute l’histoire de l’institution. Aujourd’hui, toutes ces œuvres ne sont pas exposées : certaines sont en réserve, d’autres dans une centaine de musées de province, d’autres, encore, dans des ministères. Autant dire que les réunir tient de l’impossible (mais le catalogue qui accompagne l’exposition s’y attelle assez admirablement, les suivant à la trace dans leurs pérégrinations hors les murs, tandis que les tableaux non déplacés des autres salles du Louvre sont signalés par un cartel rouge). C’est donc un noyau dur d’une soixantaine d’œuvres qui a été ici réuni : les toiles emblématiques et un certain nombre de pièces dispersées. Qui suffit à donner une approximation juste de la passion dévorante de ce collectionneur hors pair et de l’influence qu’il put exercer sur l’histoire de l’art, en permettant par exemple à Manet ou Fantin-Latour de puiser dans la contemplation de son fonds une partie de leur inspiration. L'accrochage à l'ancienne jusqu'au plafond et la lumière quasi-d'époque ne rendent pas pleine justice à toutes les œuvres, mais il s'agit aussi de ramener 140 ans en arrière.

  • La collection La Caze au musée du Louvre (salle de la Chapelle), du 26 avril au 9 juillet 2007. Le catalogue de 288 p., sous la direction de Guillaume Faroult, est complété par un CD-ROM (Hazan, 45 €).

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  • Mario Merz, côté dessin

    TURIN – Il est célèbre pour ses Igloos en métal, en pierres ou en verre et pour ses Suites de Fibonacci (du nom du mathématicien italien du XIIIe siècle, qui a baptisé cette succession où chaque chiffre est l’addition des deux précédents : 1-2-3-5-8-13) en néon, qu’il a accrochées jusque sur les toits de la Mole Antonelliana. Mario Merz, l’un des exposants de l’Arte povera, principal courant italien des années 1970, n’aimait rien tant que se mesurer avec la matière, avec le volume. C’est donc avec un peu de surprise que l’on découvre aujourd’hui son jardin secret : ses dessins. Il n’aimait guère les montrer, les considérant comme un pan très personnel, très intime, de son œuvre. Ils sont près de 200, couvrant toute sa vie créative, de 1951 (pastel et fusain) à sa mort en 2003 (crayon et plume). Igloos et suites de Fibonacci bien sûr, mais aussi animaux et formes géométriques – cônes ou triangles - qui constituaient l’une de ses obsessions…

  • Mario Merz : Disegni à la Fondazione Merz, du 28 avril au 29 juillet 2007

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  • PATRIMOINE

    Le baroque sicilien a peur du pétrole

    NOTO – Un article du quotidien La Repubblica du 23 avril lance l’alarme – ou plutôt confirme sa réalité. Le sud-est de la Sicile, sanctuaire d’un baroque extraordinaire, grouillant de statues, fruit inattendu du terrible tremblement de terre de 1693, est menacé. Des autorisations de sondages pétroliers, concédés à la société texane Panther Eureka, pourraient demain devenir réalité. A Noto, à Syracuse, à Ragusa, quelques-uns des centres les plus riches, verra-t-on des carottes faire vibrer un sous-sol déjà fragile et les rejets contaminer les nappes phréatiques ? L’autorisation des carottages, donnée en 2001 par le conseiller régional en charge de l’industrie, a été révoquée par la région mais cette annulation vient elle-même d’être cassée par le tribunal administratif pour vice de forme. Des manifestations populaires sont actuellement organisées à Noto et dans les environs. Le classement par les surintendants à l’archéologie de zones étendues, au titre de paysages protégés, pourrait être unr solution. Mais le temps presse…

    Lire l’article de Repubblica (en italien) sur le site patrimoniosos.it

    L’ARTISTE DE LA SEMAINE

    Jorg Immendorf : expressionnisme bis

    Personnage haut en couleur que cet Immendorf, né en 1945. Elève de Joseph Beuys à l’école d’art de Dusseldorf, il s’en fait expulser. Il y reviendra plus tard par la grande porte, en tant que professeur. Au début des années 2000, il est impliqué dans un scandale de soirées avec prostituées et cocaïne mais reste une valeur sûre : il était, dit-on, le peintre préféré du chancelier Schroeder et le portrait qu’il a fait de l’homme d’Etat vient d’être rendu public au début 2007. Ses toiles, souvent de très grandes dimensions (2 ou 3 mètres de côté), aux couleurs fortes (rouge, jaune, noir) l’apparentent bien sûr aux nouveaux expressionnistes allemands, d’autant que son message est souvent à teneur politique (réunification des deux Allemagne, globalisation, art de plus en plus réduit à son aspect commercial). La Galerie de France présente une quinzaine de nouvelles toiles, grâce au partenariat qu’elle a noué pour cette année avec le galeriste allemand Michael Werner. Nouvelles toiles ? Oui même si elles ne sont plus de sa main. Depuis quelques années, Immendorf est très diminué par une maladie neuro-dégénérative et ses compositions sont aujourd’hui réalisées par des assistants sous sa direction.

  • Jorg Immendorf à la galerie de France, 54, rue de la Verrerie, 75004 Paris, du 28 avril au 26 mai 2007

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  • LIVRES

    Les clés de l’art océanien

    Maintenant que le musée du Quai Branly apporte un éclairage nouveau sur les « arts premiers », le temps est venu d’en explorer plus profondément chaque facette. C’est ici le cas, en conjonction avec l’exposition qui s’y tient actuellement sur la Nouvelle-Irlande. Le principe de la collection est d’apporter une initiation, plutôt que par des discours théoriques, au moyen de la présentation d’objets choisis, servant à illustrer chacun une facette de la vie sociale des îles. De la monnaie kanak à l’ornement de flûte, de l’effigie funéraire au casque en plume, ces « signes » sont mis en perspective et complétés, autant que possible, par des images d’aujourd’hui (fêtes, rites d’initiation). En conclusion, on bénéficie d’une explication détaillée des motifs traditionnels utilisés par le peintre aborigène John Mawurndjul, auteur d’une fresque au plafond de la librairie du Quai Branly.

  • L’art océanien par Gabrielle Baglione et Magali Melandri, Scala, 2007, ISBN : 978-2-86656-390-5, 128 p., 15 €

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  • BRÈVES

    CHICAGO – Art Chicago se tient du 26 au 30 avril au Merchandise Mart. Autour de la foire d’art contemporain, sous l’appellation Artropolis, se greffent 4 autres manifestations dédiées à l’art ancien, aux artistes émergents ou à l’outsider art.

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    MEXICO – La foire d’art contemporain MACO Mexico, qui accueille près de 80 galeries, se tient du 25 au 29 avril dans la capitale mexicaine. Outre de nombreux locaux, des noms affirmés ont fait le déplacement comme David Zwirner, Ernst Hilger ou Yvon Lambert.

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    PARIS - Le couturier John Galliano, tête pensante de Dior, vient d'être condamné pour contrefaçon. Il avait imité dans plusieurs publicités le concept de la "planche-contact peinte", mis au point par le photographe William Klein.

    VIENNE – La foire Viennafair accueille une centaine de galeries d’art contemporain, provenant d’une vingtaine de pays, du 26 au 29 avril. Elle est contemporaine de l’ouverture d’un supermarché de l’art, le M-ars.

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    Cette semaine, ne manquez pas

    Salon international du livre ancien

    PARIS – Le Salon international du livre ancien, créé en 1984 à la Conciergerie, rejoint le Grand Palais pour son édition 2007, qui se tient du 26 au 29 avril 2007. De l’incunable au billet de Marcel Proust, ce sont près de 50 000 documents de toutes époques et de tous types (livres, cartes géographiques, tracts surréalistes, etc) que présentent 154 libraires et 35 galeries d’estampes, originaires du monde entier.

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    Mines et mineurs entre réalité et imaginaire

    ROUBAIX – Les Archives nationales du monde du travail dévoilent une partie de leurs très riches collections : des archives datant de 1773 à 1998 racontant deux siècles d’exploitation minière en France – les avancées sociales et les progrès techniques mais aussi les catastrophes ou les grèves. En 400 documents, on pénètre dans un monde qui a eu longtemps un poids essentiel dans le discours politique – de Jaurès à Thorez – jusqu’aux fermetures inéluctables de bassins houillers à la fin du XXe siècle.

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