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N° 318 - du 10 octobre 2013 au 16 octobre 2013


Michele di Ridolfo del Ghirlandaio, d’après Michel-Ange, Allégorie de la Nuit, vers 1553-1555. Huile sur bois, 135 x 196 cm. Rome, Galleria Colonna. © Galleria Colonna, Rome (exposition La Renaissance et le rêve au musée du Luxembourg, Paris).

L'AIR DU TEMPS

Aimez-vous rêver ?

Dans la recherche de thématiques « vendeuses », il arrive que des expositions se télescopent fortuitement. C’est le cas cette semaine, où deux grandes institutions – le musée Thyssen-Bornemisza à Madrid et le musée du Luxembourg à Paris – prennent le chemin des songes. Le premier le décortique dans un mouvement – le surréalisme – qui lui a toujours accordé une importance majeure. Le second prend un terrain d’étude moins évident : la Renaissance. Voici donc de possibles appariements par-delà les Pyrénées : les mécaniques compliquées de Bosch et Dalí, les odalisques endormies de Ghirlandaio et Delvaux, les mondes absurdes de Piero del Cosimo et Magritte. On tirera de cette simultanéité inattendue une conclusion facile : on n’aime jamais autant rêver qu’en période de crise…


El surrealismo y el sueño au musée Thyssen-Bornemisza, du 8 octobre 2013 au 12 janvier 2014.

EXPOSITIONS


Applique de porte de case. Yambé (Pouébo). Bois de houp. Fin du XIXe siècle. 189 x 109 x 75 cm. Museum der Kulturen, Bâle.

Kanak, l’art des antipodes

PARIS – Kanak ? Le mot ramène immanquablement à la mémoire la tragédie d’Ouvéa puis la célèbre poignée de main entre Jean-Marie Tjibaou, tête de file des indépendantistes, et son opposant Jacques Lafleur lors des accords de Matignon en 1988. Les remous politiques ont fait oublier la richesse de la culture kanak, dont les interprètes travaillent depuis des siècles le bois, les coquillages, les fibres végétales. Flèches faîtières de grandes cases, appliques sculptées, masques élaborés, sagaies, flèches et les étonnants bambous gravés : une réunion historique qui montre que la Nouvelle-Calédonie ne se réduit pas à son nickel et à son massif corallien…
Kanak, l’art est une parole au musée du quai Branly, du 15 octobre 2013 au 26 janvier 2014.

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La fièvre de Frida

PARIS - C’est un mythe incontournable : l’artiste faisant fi de ses atroces déboires physiques, affirmant sa féminité dans un pays machiste. Frida Kahlo, amante et épouse du (longtemps) plus célèbre muraliste Diego Rivera, est aujourd’hui, des deux, la véritable icône. Le musée de l’Orangerie la met en concurrence avec sa moitié Diego mais c’est elle la véritable star de cette exposition contenue (une cinquantaine d’huiles sur toile, masonite, aluminium, etc., outre des dessins et photographies), essentiellement tirée de la collection Dolores Olmedo, qui fut l’une des principales collectionneuses des deux artistes. Dans ses natures mortes (maïs, manioc, figues de Barbarie, arums…), dans ses végétations vénéneuses, dans ses portraits de femmes indiennes du Sud (les fameuses mères de l’isthme de Tehuantepec) éclatent tous les coloris du Mexique. Et une folle rage de vivre : une petite salle est consacrée aux « autoportraits de souffrance » de Frida, où elle se dessine grabataire et mutilée. On peut ne pas être sensible à son art mais son énergie fascine immanquablement…
Frida Kahlo-Diego Rivera, l’art en fusion au musée de l’Orangerie, du 9 octobre 2013 au 13 janvier 2014.

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Antonello da Messina, Portrait d'homme (Michele Vianello ?), Rome, Galleria Borghese.

Le bel Antonello

TRENTE – Son nom est resté attaché à un vol célèbre (l’Ecco Homo du musée Broletto de Novare, en 1974) mais Antonello da Messina (vers 1425-1479) est bien plus qu’un héros de faits divers. Portraitiste virtuose à l’huile, il est l’un des passeurs de la manière flamande de van Eyck et van der Weyden en Italie. Ses œuvres sont peu nombreuses et l’effort pour les réunir méritoire (on se souvient de la récente et très complète rétrospective aux Scuderie del Quirinale, à Rome, en 2006). Celle-ci est plus contenue et entend affirmer un postulat : l’influence persistante, sur toute la carrière d’Antonello, de Piero della Francesca. La National Gallery de Washington a accepté de prêter ses deux seules toiles du maître, dont la Madonna Benson. On verra, outre des prêts du Louvre et de la National Gallery de Londres, la Crucifixion de Sibiu en Roumanie et l’imposant retable de San Gregorio venant de sa ville natale, Messine. Antonello est en famille : son fils Jacobello l’accompagne…
Antonello da Messina au MART, du 5 octobre 2013 au 12 janvier 2014.

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VENTES


O. Dupré, Gamins du quai de Rive-Neuve, vers 1905. Tirage argentique d’époque monté sur carton, 17,3 x 23,3 cm. Estimation : 1000-1200 €.

Marseille à travers les âges

MARSEILLE – On le sait, la polémique a des vertus dynamisantes sur les ventes… Cette vacation correcte – une sélection de belles images de Marseille qui s’apprête à clore son apostolat européen – serait passée assez inaperçue si elle n’avait provoqué un véritable casus belli ! Elle contient en effet des images de photographes contemporains, comme Bernard Plossu, Gabriele Basilico et Massimo Vitali, qui auraient eu vocation à être conservées par le commanditaire (l’Agence pour le développement et la valorisation du patrimoine). Mais celui-ci, en raison d’un manque de fonds et d’un changement de statut, les met à l’encan. En dehors de ces lots, dont le destin peut basculer au dernier moment, voici des vues emblématiques de la Canebière et du Vieux-Port (Willy Ronis), de l’Exposition coloniale de 1922 (Fernand Detaille), du célèbre pont transbordeur dynamité en 1944 (Germaine Krull), ainsi que des clichés beaucoup plus rares : les vieux quartiers (Ribotta), des scènes de la Résistance (Julia Pirotte) ou encore les Grands Travaux de 1864 avec le percement dela Rue Impériale.
Marseille en vue, le 12 octobre 2013 chez Leclère. http://www.leclere-mdv.com

LIVRES

Une Russie révélée

La Russie des autochromes, on la connaissait déjà par les images étonnantes de Léonid Andréiev, l’écrivain du début du XXe siècle. Voici que nous apparaît une autre vision de l’empire des tsars, également au tournant de cette centurie si douloureuse. Sergueï Mikhaïlovitch Prokoudine-Gorsky (1863-1944) mit au point une technique révolutionnaire, qui fascina Nicolas II lors d’une grande projection sur velum. Autorisé à parcourir l’empire pour le « croquer », l’auteur, chimiste de son état, produisit 3500 plaques de verre. Il nous en est parvenu, un peu miraculeusement, 1902. Ces images, sauvées de l’oubli, numérisées, sont un incroyable témoignage sur un temps qui semble immobile, avec ses taïgas démesurées parcourues par des troïkas et des télègues, ses kremlins de province, ses moujiks travaillant la terre avec des outils quasiment néolithiques… Mais l’on voit ici et là un pont en acier, des rails de chemin de fer, un embryon d’usine : la Russie éternelle va être rattrapée par le progrès…
Voyage dans l’ancienne Russie, photographies de Sergueï Mikhaïlovitch Progoudine-Gorsky, présenté par Véronique Koehler, Albin Michel, 2013, 176 p., 29 €. A voir : l’exposition au musée Zadkine, du 9 octobre 2013 au 13 avril 2014.

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BRÈVES

PARIS – Le 6e prix Meurice pour l’art contemporain a été attribué à Neil Beloufa (galerie Balice Hertling).

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PARIS – Le musée du Montparnasse fermera ses portes fin 2013, le bail de son association n’ayant pas été renouvelé par la Mairie de Paris. Les locaux seront confiés au musée de la Poste pendant que celui-ci sera en travaux, avant une éventuelle nouvelle concession fin 2014.

La polémique sur Le Figaro

VIENNE – Le salon d’art contemporain Viennafair se tient du 10 au 13 octobre 2013.

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ZURICH – Art International, salon d’art contemporain se tient du 11 au 13 octobre 2013.

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE

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