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N° 342 - du 10 avril 2014 au 16 avril 2014


Joseph Félix Bouchor, La Cathédrale de Reims, 1917, huile sur toile, 26,8 x35 cm. Musée national de la coopération franco-américaine, Blérancourt, France © RMN-Grand Palais (Château de Blérancourt) / Gérard Blot (exposition à Rouen).

L'AIR DU TEMPS

Retour vers les cathédrales

ROUEN - En 1831, Victor Hugo publie Notre-Dame de Paris. Esméralda et Quasimodo deviennent des icônes, se perpétuant jusqu’à nos jours sous les traits de Gina Lollobrigida et d’Anthony Quinn. Le roman marque surtout le grand retour de la cathédrale dans le panthéon collectif. Vilipendée à la Révolution (Notre-Dame perd ses sculptures et sa flèche, les cathédrales de Sens, Auxerre et d’autres sont endommagées), elle renaît sous l’impulsion des écrivains et des artistes romantiques. Cette grande exposition dévide le fil de cette réhabilitation. Elle voit intervenir, avant Hugo, d’autres grands esprits dont Goethe, qui célèbre dès 1772 Erwin von Steinbach, le maître d’œuvre de la cathédrale de Strasbourg, dans son Architecture allemande. Puis viendront les architectes comme Viollet-le-Duc, les peintres d’histoire ave Paul Delaroche, les impressionnistes avec Monet, les photographes (Nègre, Marville, Atget), jusqu’aux manufactures d’art décoratif qui répètent le motif à l’infini dans leur production. En 1914, la guerre et le bombardement de la cathédrale de Reims marquent symboliquement la fin de ce second âge d’or.
Cathédrales, un mythe moderne 1789-1914 au musée des Beaux-Arts de Rouen, du 12 avril au 31 août 2014.

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EXPOSITIONS


François-Marius Granet, L'Alchimiste, huile sur toile, 61 x 48,3 cm. © Gift of Roy Eddleman, Chemical Heritage Foundation, Philadelphia / Photo: Will Brown.

L’alchimie n’est plus ce qu’elle était

DUSSELDORF – Cela fait longtemps que les gens intelligents ne cherchent plus à transmuer le plomb en or. Mais cette activité, ou des formes similaires de transformation de la matière, ont occupé pendant des siècles les esprits supérieurs, y compris Newton et Goethe. Dans nos sociétés prétendument rationnelles, la fascination pour l’inconnu et l’inexplicable resurgit à intervalles réguliers. Voici venir le temps de l’alchimie ! La vogue des cabinets de curiosités nous y avait préparés et l’on en voit d’ailleurs une reconstitution, de belle facture, dans l’exposition. Le reste, en quelque 250 œuvres, montre la persistance du thème en peinture, de l’Antiquité au XIXe siècle, avec des interprètes aussi variés que Cranach, Rubens, Rembrandt ou Granet. Après un net déclin, parallèle à l’essor de la Révolution industrielle et du positivisme, il réapparaît dans les bagages des surréalistes (Max Ernst) et survit de manière anecdotique dans l’après-guerre (Beuys, Yves Klein, Kapoor). L’exposition, véritable festival transdiciplinaire, est le fruit d’une collaboration originale avec l’Institut Max Planck pour l’histoire des sciences.
Art and Alchemy au Kunstpalast, du 5 avril au 10 août 2014.

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Il faut sauver le soldat Bandinelli

FLORENCE – Il fut longtemps considéré comme l’un des sculpteurs majeurs de la Renaissance, l’égal de Michel-Ange, avant de tomber dans un ostracisme prolongé, sous les coups de boutoir des historiens de l’art des XIXe et XXe siècles. Baccio Bandinelli (1493-1560) peut-il être réhabilité ? C’est le propos de cette exposition agréablement polémique.
Baccio Bandinelli au Museo Nazionale del Bargello, du 9 avril au 13 juillet 2014.

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Grinçant Juan Gris

PARIS – On le connaît comme l’alter ego de Braque et Picasso dans l’invention du cubisme. A côté de ses célèbres toiles de guitares, bouteilles et verres, Juan Gris, tôt disparu (1887-1927), a produit une œuvre moins connue de dessinateur satirique pour la presse (Le Rire, L’Assiette au beurre) dont l’exposition propose un florilège.
Juan Gris, dibujos satíricos, à l’Institut Cervantes, du 10 avril au 6 juin 2014.

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Eternelle Cléopâtre

PARIS – La reine d’Egypte a deux mille ans mais n’a jamais semblé aussi jeune. Elle qui mit dans son lit César et Marc-Antoine continue de personnifier la beauté et la séduction. Derrière les anathèmes de Suétone et le masque de Liz Taylor, où se situe la vérité à propos de cette grande diplomate qui rêvait de ressusciter la grandeur d’Alexandre ? Tentative de réponse entre pièces archéologiques et mirages romantiques du XXe siècle.
Le mythe Cléopâtre à la Pinacothèque, du 10 avril au 7 septembre 2014.

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VENTES


Félix Thiollier, Rails de chemin de fer traversant la campagne. Tirage au charbon monté sur carton, image : 16,5x22,6cm ; montage : 24,2x32 cm. Estimation : 800-1000 €.

Thiollier, pionnier méconnu

SAINT-ETIENNE - Il est né et mort à Saint-Etienne (1842-1914) et connaissait chaque chemin creux de sa province, qu’il a consignée dans une somme impressionnante, , paru en 1889, riche de près de 1000 reproductions. A priori, un aimable régionaliste… En réalité, être Forézien au XIXe siècle, c’était être au cœur de l’innovation. Les mines et les hauts-fourneaux, berceau de la Révolution industrielle, étaient à deux pas, tout comme la célèbre manufacture d’armes et de cycles. Deux grandes inventions étaient du cru, la photo, née à Châlon-sur-Saône avec les héliographies de Niépce en 1826, et le cinéma, des Lyonnais Lumière. Autant dire que lorsqu’il abandonne son activité de rubanier pour se consacrer à la photographie, Félix Thiollier suit de près les courants modernes et les dernières innovations techniques. Il sera notamment un pionnier des autochromes. Célébré il y a quelques années dans une exposition au musée d’Orsay, Thiollier réapparaît pour une dispersion de son fonds d’atelier : sous-bois, étangs, chasseurs et carrioles dans la neige, mais également paysages industriels ou sites de la Rome antique…
Félix Thiollier 1842-1914, à l’hôtel des ventes du Marais (Saint-Etienne) le 17 avril 2014.

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L'ARTISTE DE LA SEMAINE


Jean-Claude Meynard, Pharaon X1 (Série des 99)

Meynard, le fractal sinon rien

Picasso avait ses périodes, Meynard divise son œuvre en « géométries ». Après l’hyperréalisme de ses débuts (marqué par ses flippers, ses basketteurs et son gigantesque de 7 mètres de long en 1974-75), il est passé par les Enigmes, les Corps et, depuis une vingtaine d’années, s’est plongé dans la dimension fractale de l’homme. Cette œuvre en forme de rébus, de miroir, de multiplication, inspirée en partie des travaux du mathématicien René Thom, se déploie en deux dimensions, utilisant toutes les ressources du numérique, mais aussi en volume, sous forme de sculptures en plexiglas ou en cercles d’acier. Ces ondes, ces réseaux, ces images kaléidoscopiques qui donnent le tournis et rompent avec la rassurante géométrie euclidienne, s’éloignent de l’homme et invoquent plutôt des concepts insaisissables : le temps, l’espace, l’infini.
• Jean-Claude Meynard est exposé à la galerie Lélia Mordoch, du 11 avril au 17 mai 2014.

Le site de la galerie

LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE

LIVRES

Italie, une invitation au Grand Tour

Nous qui prenons des milliers de photos, qui encombrent nos disques durs et ralentissent nos ordinateurs, nous savons voir. Mais savons-nous simplement regarder ? La véritable appréciation d’un monument, d’un site, n’est-elle pas indissociable du temps, de la patience ? C’est la question insidieuse que posent ces images de voyageurs et photographes du XIXe siècle dans le Bel Paese. De Venise à Paestum, de Florence à Rome, les praticiens de l’époque devaient économiser des matériaux onéreux (plaques de verre, papier albuminé) et se mesurer à des temps de pose incompressibles. Autant bien choisir son image (quitte à la mettre en scène) avant de l’immortaliser… Cela explique-t-il que ces clichés aient traversé le temps ? Jetée de San Remo, arcades de Bologne, excursion au Vésuve, figuiers de Barbarie et momies des capucins de Palerme, autant de classiques indémodables. Presque trop classiques : on regrette que le voyage ne nous mène pas aussi vers les Pouilles, la Calabre, les Abruzzes, les Marches. Heureusement, il y a Instagram…
Italie, le Grand Tour, dans le miroir de la photographie au XIXe siècle, par Giovanni Fanelli et Barbara Mazza, éditions Nicolas Chaudun, 2013, 352 p., 50 €.

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