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N° 347 - du 15 mai 2014 au 21 mai 2014

L'AIR DU TEMPS

Richter, un maître pour le XXIe siècle

BÂLE – Naître dans la ville qui a subi les bombardements les plus terribles de la Seconde Guerre mondiale ne peut pas laisser indifférent… Originaire de Dresde, Gerhard Richter (1932) s’est intéressé à l’histoire de son temps, notamment à l’épisode de la Fraction Armée Rouge, qui a mis à nu dans les années 1970 les tensions de la société allemande (son cycle du 18 Octobre 1977 provenant du MoMA). Son mode opératoire – partir d’une photo pour reconstituer une autre réalité – montre son souci de « régler ses comptes » à ce medium – la photographie - qui nous a impitoyablement rendus témoins de toutes les horreurs du XXe siècle. Mais il l'a également plié à ses recherches dans le domaine du portrait, du paysage et de la nature morte. La centaine d’œuvres présentées, dont des créations très récentes, peu de temps après la grande rétrospective du Centre Pompidou, confirme la position centrale de Richter dans l’art contemporain.
Gerhard Richter, Tableaux/Séries à la Fondation Beyeler, du 18 mai au 7 septembre 2014.

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EXPOSITIONS


Parviz Kimiavi (né en 1939), Jardin de pierre, 1976, vidéo

Dernières nouvelles d’Iran

PARIS – De la culture iranienne, les événements politiques n’ont guère laissé surnager dans les mémoires occidentales que le lointain passé persan. Plus près de nous, le cinéma jouit désormais d’une réputation flatteuse, un temps partagée par la photo (on se souvient d’une saison iranienne montée en 2001 par la Ville de Paris). Les arts plastiques restent le grand absent. Notre méconnaissance du domaine est à peu près totale. La rétrospective du dernier demi-siècle montre que la production ne se limite pas à un islamisme politiquement correct : les artistes ont exploré les voies de la peinture mais aussi du conceptuel, de l’installation, de l’affiche contestataire. Quelque deux cents œuvres d’une vingtaine d’artistes, de Bahman Mohassess à Barbad Golshiri, aident à visualiser une scène que l’on n’aurait pas imaginée aussi variée et réceptive aux grands courants occidentaux.
Unedited History Iran 1960-2014 au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, du 16 mai au 24 août 2014.

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De Staël à nu

ANTIBES – Nicolas de Staël, qui se suicida en 1955 depuis les falaises d’Antibes, ville où il s’était installé quelques années auparavant, figure dans le panthéon des artistes torturés du XXe siècle. A l’occasion de son centenaire, l’exposition étudie son rapport au nu.
Staël, la figure à nu, 1951-1955 au musée Picasso, du 17 mai au 7 septembre 2014.

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Les années Clark

LONDRES – A peine trentenaire, il fut un brillant directeur de la National Gallery, symbolisant l’esprit de résistance durant le Blitz. Mais Kenneth Clark (1903-1983) fut aussi un critique d’art avisé, un grand collectionneur et un des premiers vulgarisateurs culturels à la télévision. Cette exposition-hommage explore les différentes facettes du personnage.
Kenneth Clark : Looking for Civilization à la Tate Britain, du 20 mai au 10 août 2014.

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Sur la piste d’Antonioni

VIENNE – Dans Blow Up, Antonioni mêle intimement cinéma et photographie, image fixe et image animée. L’exposition explore la mythologie créée par ce film, en réunissant des clichés de Tazio Secchiaroli, le prince des paparazzi, Terence Donovan ou David Bailey.
Blow Up à l’Albertina, du 30 avril au 24 août 2014.

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LES ARTISTES DE LA SEMAINE

Ilya et Emilia Kabakov (ré)inventent l’utopie

Ilya Kabakov (né en 1933) s’est fait connaître par ses installations sur la vie quotidienne pendant l’ère soviétique, dont la cuisine communautaire du musée Maillol est un exemple abouti. Travaillant depuis quelques décennies en duo avec son épouse Emilia (née en 1945), il a eu l’honneur de Monumenta, qui invite tous les ans un artiste contemporain à prendre possession des 13500 mètres carrés du Grand Palais. Le défi n’est pas facile à relever et l’Etrange Cité des Kabakov peine à occuper ces espaces démesurés. Elle apparaît pourtant comme un raccourci de leur carrière et de leurs interrogations : des chambres à thème, pleines d’installations ou totalement vides, abordant l’utopie constructiviste, le rapport au sacré, ou le panthéisme philosophique. Celui-ci s’incarne dans la « noosphère », une couche de l’atmosphère terrestre qui conserverait indéfiniment toutes les grandes idées de l’humanité. Puisse-t-elle exister…
Monumenta, Ilya et Emilia Kabakov au Grand Palais, du 10 mai au 22 juin 2014.

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE

VENTES


Lot n°188, Trombinoscope criminel. [New York, vers 1880-1900]. Cabinet en bois (75,2 x 58,2 x 26 cm). Estimation : 30 000 - 40 000 €.

Meurtres et meurtriers

PARIS - On se souvient de Voltaire remettant sur le tapis l’affaire Calas ou de Zola allumant le brasier Dreyfus : la littérature aime à redresser périodiquement les erreurs judiciaires ou à intervenir pour adoucir le sort des condamnés. Il y a du pain sur la planche, comme le prouve cette originale collection, entièrement composée sur le thème de la justice pénale et du châtiment. Du surveillant du bagne de Cayenne qui détaille le menu de ses ouailles à un compte-rendu de 1572 de l’affaire Martin Guerre, jusqu’à ce surprenant trombinoscope des criminels new-yorkais (le lot le plus cher de la vente, estimé 30 000 €), on explore époques et latitudes diverses. Les excès tels que ce « Supplice des cent morceaux » encore pratiqué en Chine au début du XXe siècle, ou ces pendaisons en France pour des motifs futiles, semblent révolus… si la société dite « civile » le reste…
Collection Philippe Zoumeroff le 16 mai 2014 à l’hôtel Drouot (SVV Pierre Bergé & Associés). http://www.pba-auctions.com

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LIVRES

Un peintre à la guerre

Le 2 août 1914, jour fatidique pour le continent européen, le peintre breton Mathurin Méheut (1882-1958) coule un séjour délicieux au Japon grâce à une bourse de la fondation Albert Kahn. N’imaginant pas déserter, il reprend le chemin de la France pour être mobilisé dans son régiment, à Saint-Lô. Versé au service de la cartographie, il vivra quatre ans au plus près du massacre, sur certains des champs de bataille les plus meurtriers de la guerre, d’Artois en Argonne, de la Somme en Flandre. Le 8 décembre 1914, véritable cadeau de Noël, il reçoit sa boîte d’aquarelles : elle l’aidera à croquer l’innommable, les cadavres, les villes en ruine (Arras), les tranchées et les essais de masques à gaz, les baraquements sous la neige et les avions abattus. Mais aussi la floraison qui se moque des bombes, les libellules et les mouches, les animaux qui fuient les fermes abandonnées… Le travail de Méheut, qui rappelle, en moins insoutenable, celui d’Otto Dix, est rapproché au fil des pages des comptes-rendus d’Ernst Jünger et Maurice Genevoix, autres témoins du grand embrasement dont on célèbre le centenaire…
Mathurin Méheut, 1914-1918, par Patrick et Elisabeth Jude, Ouest France, 144 p., 25 €.

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