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N° 377 - du 19 février 2015 au 25 février 2015


Katsushika Hokusai, Vent du sud, ciel clair (Gaifū kaisei), 1830-1831. De la série «36 vues du mont Fuji» (Fuji sanjūrokkei)». Gravure sur bois polychrome, 37 x 25,5 cm. Bibliothèque nationale de France, planche ayant fait partie de la collection Henri Rivière.

L'AIR DU TEMPS

Fièvre japonaise

ZURICH – Avec l’arrivée de l’escadre américaine du commodore Perry en 1853 puis le début de l’ère Meiji en 1868, le Japon s’ouvre, en partie sous la contrainte, au monde extérieur. Comme un flot trop longtemps contenu, son goût, sa sensibilité, son art déferlent de façon inattendue en Occident. Plus que les commerçants, les vecteurs en sont des artistes comme Van Gogh, Monet ou encore Tissot qui sont fascinés par le jeu des couleurs et la capacité de synthèse (grands aplats, couleurs franches, effets de plongée et contre-plongée, jeu des diagonales). L’influence s’étendra aux arts décoratifs par l’intermédiaire de Gallé, de Carriès, le virtuose du grès, ou de Samuel Bing, le marchand de l’Art nouveau. Basé en grande partie sur le fonds pionnier du musée Folkwang d’Essen, mais complétée d’apports de Cincinnati, Genève, Berlin ou de collections particulières, l’exposition dresse un panorama complet de cette fièvre qui saisit l’Europe à la fin du XIXe siècle.
Monet, Gauguin, Van Gogh… inspiration japonaise au Kunsthaus, du 20 février au 10 mai 2015.

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EXPOSITIONS


Marcelo Pogolotti, Le Capitalisme, 1934-35, huile sur toile, Museo Nacional de Bellas Artes, La Habana.

L’axe Paris-La Havane

AJACCIO – Qui sait que les musées de Cuba conservent des chefs-d’œuvre de la peinture française, dont raffolaient les riches planteurs et négociants du XIXe siècle ? Voici un Tigre de Delacroix, une Vague de Courbet, un académique Gérard (L’Amour vaincu par la Chasteté) ou une impeccable Sarah Bernhardt (qui obtint un triomphe en 1887 dans la Dame aux camélias), croquée par Clairin. Ces œuvres, qui sortent rarement des Caraïbes, arrivent dans une autre île de Beauté, accompagnées de classiques cubains (paysages de Domingo Ramos, toiles modernistes de Pogolotti, réalisme magique de Wilfredo Lam et Mendive, photos révolutionnaires de Korda et Corrales).
Hasta siempre au musée Fesch, du 20 février au 18 mai 2015.

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Pieter Boddingh van Laer, Autoportrait avec scène de magie, vers 1638-1639, huile sur toile, 78,8 x 112,8 cm En dépôt à New York, Metropolitan Museum of Art © Courtesy The Leiden Collection, New York.

Petites frappes du XVIIe

PARIS – C’est bien sûr Caravage qui le résume désormais à nos yeux mais bien d’autres artistes ont dépeint l’envers du décor romain - la crasse, la souillure et la pauvreté derrière les pompes papales… Le Petit Palais accueille un rassemblement de miséreux et de mauvais garçons, dans un écrin baroque conçu par le génial et capricieux Pier Luigi Pizzi, déjà montré à la Villa Médicis. Ces buveurs et ces castagneurs, ces joueurs et ces jouisseurs, dépeints (et parfois incarnés) par Tournier, Rombouts ou Manfredi marquent l’émergence de commanditaires privés, profanes, à mille lieues des tableaux d’autel. Ils sont une parfaite introduction à la grande saison XVIIe qui se prépare à Paris avec, à suivre, Vélasquez au Grand Palais, Poussin au Louvre et la collection Roberto Longhi à Jacquemart-André… Vive le Seicento !
Les bas-fonds du baroque, la Rome du vice et de la misère au Petit Palais, du 24 février au 24 mai 2015.

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Florence Henri, femme du monde

PARIS – Le Jeu de paume continue son exploration des femmes photographes qui ont marqué le XXe siècle. Après Claude Cahun et Gerda Taro, avant Germaine Krull, voici Florence Henri. C’est peut-être la plus cosmopolite de toutes. Née à New York (en 1893), élevée en Silésie par sa mère allemande, installée à Londres puis à Rome, étudiante à Berlin, Weimar et Munich, où elle rencontre les pionniers du Bauhaus, elle s’établit enfin à Paris en 1924, où, forte de ses multiples expériences, elle ouvre un studio photo qui sera l’un des plus courus de la ville. Fortement marquée par l’approche surréaliste, adepte du photomontage, elle réalise des nus, des natures mortes énigmatiques, des compositions au miroir mais aussi des portraits de ses contemporains (Léger, les Delaunay). La rétrospective choisit de s’arrêter en 1940 : la guerre marquera un coup d’arrêt et l’éloignera des avant-gardes… Dans ses dernières années (elle meurt à Compiègne en 1982), elle préfèrera d’ailleurs retourner à ses premières amours, la peinture.
Florence Henri, miroir des avant-gardes, au Jeu de paume, du 24 février au 17 mai 2015.

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L'ARTISTE DE LA SEMAINE

Sépànd Danesh, la poésie de l’angle

Les angles, les coins que peint en série Sépànd Danesh symbolisent-ils le cul-de-sac que vécurent ses parents iraniens avant d’émigrer à l’Ouest où lui-même arriva à l’âge de onze ans ? Toute interprétation psychanalytique est évidemment contestable mais la question mérite d’être posée. L’artiste, né en 1984, lauréat l’an dernier du prix de la fondation Colas et qui a été l’élève de Giuseppe Penone, aime l’exploration systématique de certains motifs. Pour s’assurer de les épuiser… Ses angles sont sans cesse recomposés avec les mêmes éléments - une étagère, du papier peint, une règle. Il a aussi produit plus de 100 000 dessins (souvent des variations à l’intérieur de petits carrés de 3 centimètres de côté) et est également engagé, en privé, dans une copie intégrale à la main de la Recherche du temps perdu de Proust. Cette approche obsessionnelle peut-elle se passer de mémoire ? Sans doute pas et l’on mesurera la perte qu’a constituée pour l’artiste, alors qu’ouvrait cette exposition à Paris, l’incendie de son atelier à Vincennes, et d’une grande partie de son œuvre, jeune mais déjà abondante.
• Sepand Danesh est exposé à la Vitrine am (24, rue de Richelieu, 75001 Paris), du 5 février au 20 mars 2015.

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LIVRES

Larguer les amarres…

L’exposition est presque finie (le 23 février 2015) mais qu’importe, le voyage pourra toujours continuer ! L’ouvrage accompagne en effet un accrochage original : le choix, partiel, partial et « hétéroclite » (d’où son intérêt) exercé par l’écrivain Philippe Djian dans la collection démesurée du Louvre, sur une thématique universelle : le voyage. Aujourd’hui que tout le monde poireaute à l’aéroport et se rend à l’autre bout du monde en 12 heurs, on a peine à imaginer les précautions, les angoisses et la durée qu’impliquait le moindre déplacement de nos ancêtres. Voici de quoi l’expérimenter par procuration : un rituel de protection pour voyager en char en Mésopotamie, une maquette de barque funéraire à neuf rangées de rameurs, à ne pas oublier de mettre dans son tombeau (Nouvel Empire, Egypte), ou encore un panorama d’Istanbul en 1818 pour bien distinguer le Bosphore de la Corne d’or. Le texte d’introduction est une errance de Philippe Djian qui affirme : « L’écrivain est comme un peintre, à ceci près qu’il doit fabriquer ses couleurs lui-même. »
Philippe Djian, Voyages, Gallimard/Musée du Louvre, 2014, 204 p., 29 €.

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE


Les Chasses nouvelles

24 février 2015 - PARIS - Musée de la Chasse et de la Nature

L'artiste contemporain Julien Salaud réinterprète les grandes tapisseries de Jean-Baptiste Oudry

Notre sélection de nouvelles expositions

EN BREF

MADRID - Le salon d'art moderne et contemporain ARCO se tient du 25 février au 1er mars 2015.

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MANCHESTER - La Withworh Art Gallery de l'université de Manchester a rouvert le 14 février 2015.

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PARIS - Le musée Maillol a fermé indéfiniment ses portes le 15 février 2015 après que la société qui le gère, Tecniarte, a été mise en liquidation.

L'article sur The Art Newspaper

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