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N° 379 - du 5 mars 2015 au 11 mars 2015


Henri Rousseau, La Guerre dit aussi La chevauchée de la Discorde, vers 1894, huile sur toile, 114 x 195 cm, Musée d'Orsay, Paris © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay)/Tony Querrec

L'AIR DU TEMPS

Le Douanier Rousseau, naïf ou pas ?

VENISE - Son apostrophe à Picasso est entrée dans l’histoire : «Nous sommes les deux plus grands peintres de l’histoire, toi dans le style égyptien, moi dans le style moderne». Et dire que l’on s’acharne à ne voir dans le Douanier Rousseau (1844-1910) que le prince des naïfs… Apollinaire était d’accord qui n’y voyait ni un «décorateur» ni un «imagier» mais bien un «peintre». Comment certaines des compositions issues de son imagination nous sont-elles devenus si familières ? Comment a-t-il pu créer un stéréotype de jungle qui nous convainc parfaitement, lui qui n’avait jamais mis les pieds plus loin qu’au Jardin des Plantes (si l’on fait abstraction de sa prétention d’avoir participé à l’expédition mexicaine de Maximilien) ? Comment peut-il être si actuel en étant si irréaliste ? C’est la question que pose la grande exposition (avec des prêts de plus de cinquante institutions) du Palais des Doges en le confrontant à d’autres personnalités inclassables du monde de l’art, comme le Maestro della Fruttiera Lombarda, Carlo Cenna ou Frida Kahlo. Choisir cet archaïsme étrangement moderne en ouverture d’une année riche (Expo 2015 à Milan, Biennale), voilà un intéressant symbole…
Henri Rousseau, il candore arcaico au palais des Doges, du 6 mars au 5 juillet 2015.

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EXPOSITIONS


Vittore Carpaccio, le Triptyque de Santa Fosca recomposé (saint Pierre Martyr, saint Sébastien, saint Roch).

Carpaccio Sr et Jr

CONEGLIANO – Dans la famille Carpaccio, tout le monde connaît le père Vittore (1460-1525), champion du monde des Saint Georges et le dragon, dont il réalisa plusieurs versions à Venise. Egalement utilisé depuis cinquante ans pour qualifier des tranches de bœuf cru, son nom a fait le tour du monde. Son fils Benedetto, en revanche, est un parfait inconnu, qui s’est borné à reproduire les modèles de son géniteur, notamment dans le champ religieux. L’heure est venue de les rassembler et de vérifier que ce présupposé correspond à la réalité. Pour l’occasion, les historiens de l’art présentent leurs dernières découvertes (comme un dessus d’autel provenant du village de Sirtori) et reconstituent des polyptyques fragmentés depuis longtemps comme celui de Santa Fosca dont les différents éléments ont essaimé au-delà de sa Vénétie d’origine.
Carpaccio, Vittore e Benedetto da Venezia all’Istria au Palazzo Sarcinelli, du 7 mars au 28 juin 2015.

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Edward Burra, The Watcher'. Courtesy of the Edward Burra Estate ℅ Lefevre Fine Art, London

Les Britanniques et la guerre d’Espagne

NEWCASTLE – George Orwell, qui y fut blessé à la gorge, a laissé certaines des pages les plus mémorables sur la Guerre civile espagnole, que chroniquèrent également les écrivains Stephen Spender et W.H. Auden. Et l’on sait que Guernica, à peine peinte, partit faire une tournée mémorable en Angleterre, en 1938. Le tableau le plus emblématique des violences du XXe siècle fut exposé à la Whitechapel de Londres et dans un… garage Ford de Manchester. Dans ce lien fort des Britanniques avec le conflit espagnol, on a moins exploré le côté visuel. Qui furent les artistes qui nourrirent leur œuvre de ces combats, de ces morts, de ce symbole politique ? L’exposition, à côté de la Femme qui pleure de Picasso, prêtée par la Tate, montre des noms bien moins connus, qui constituent une (re)découverte : Edward Burra, F.E. McWilliam, John Armstrong et maisons de village détruites, aux papiers peints décollés, ou Walter Nessler dont la Premonition bien nommée résonne effectivement comme un avant-goût du Blitz…
Conscience and Conflict : British Artists and the Spanish Civil War à la Laing Gallery, du 7 mars au 7 juin 2015.

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Ces expositions ouvrent aussi cette semaine…

Les rêves cosmopolites de Leonora Carrington

LIVERPOOL – Amie de Max Ernst et de Dali, sa grande longévité a permis à Leonora Carrington (1917-2011) de côtoyer les apôtres du surréalisme aussi bien que les artistes latino-américains du XXIe siècle (elle est décédée à Mexico), faisant de sa peinture onirique un étonnant patchwork.
Leonora Carrington à la Tate Liverpool, du 6 mars au 31 mai 2015.

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Jeanne Lanvin, un héritage

PARIS – Icône de la mode, fondatrice de la plus ancienne maison de haute couture encore en activité, Jeanne Lanvin (1867-1946) a organisé sa création autour de son idole, sa propre fille… Ame de l’Art déco, pionnière du droit à l’image, elle représente un pan du patrimoine du XXe siècle, avec la robe de style, le « bleu Lanvin » ou le parfum Arpège, en bonne place dans ce panorama de sa création.
Jeanne Lanvin au Palais Galliera, du 8 mars au 23 août 2015.

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Quand Matisse regarde à l’Est

ROME – La fascination de l’Orient, Matisse l’a tôt ressentie. Les couleurs de l’Afrique du Nord, les arabesques de la Perse, et des motifs exotiques venus d’aussi loin que Tahiti (où il voyage en 1930) se sont installées de façon récurrente dans ses toiles. La réunion d’une centaine d’œuvres, venues de Russie, des Etats-Unis ou de Jérusalem, explore ces influences.
Matisse. Arabesque aux Scuderie del Quirinale, du 5 mars au 21 juin 2015.

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VENTES


Lot 96, 815 chromos, estimation 400 €

Le charme rétro du chromo

PARIS – « Chromo » : le Grand Larousse du XIXe siècle, paru en 1869, ne mentionne pas le terme. Mais, reflet de l’évolution des techniques de reproduction, il est d’usage avéré dès 1872, désignant une image criarde (plus tard, on dira « kitsch »), propre à flatter le goût du vulgaire. Ce qui a été longtemps dévalué est appelé à reprendre de la valeur : les chromos sont aujourd’hui recherchés, et encore très accessibles. Témoignage d’une esthétique populaire, ils sont aussi des documents historiques, rappelant l’existence du quinquina Cusenier, de la chicorée indigène Arlatte & Cie, de l’extrait de viande Delacre, de l’alcool de menthe Américaine. A côté des grands magasins et des savonneries, les chocolatiers furent des maîtres en la matière, diffusant abondamment leur image. On se souvient de Menier et Meunier, de Poulain mais ils furent bien plus nombreux, de Guéron-Boutron à Devinck, de Masson à Sadla à se mettre en scène dans des compositions colorées et souvent exotiques.
Cartes postales anciennes et chromos à l’hôtel Drouot (Morand SVV) le 5 mars 2015.

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LIVRES

Les abîmes de Goya

La BD est un média en vogue. Avec près de 5000 titres publiés chaque année en France, il y a de quoi aborder un large panel de sujets. La vie des grands artistes ou de leurs modèles semble être devenu un filon rentable. On a vu Picasso croqué par Birmant et Oubrerie, Pascin par Johan Sfar, et Kiki de Montparnasse, la muse de Man Ray, par Catel et Bocquet. Glénat aborde le secteur avec de grandes ambitions, prévoyant une série de trente albums pour dessiner une autre histoire de l’art. Les résultats sont forcément inégaux mais l’un des premiers tomes, consacré à Goya, fait efficacement entrer, grâce au trait allusif, mal léché, de Benjamin Bozonnet, dans les affres de la création d’un vieillard acariâtre. Goya a alors 73 ans et s’isole dans une ferme près de Madrid pour y générer ses diaboliques Pinturas negras devant lesquelles se signent les paysans. Réalisées sur les murs en 1819, elles auraient pu disparaître, n’étant déposées qu’en 1874 lorsque le baron d’Erlanger acquiert la Quinta del Sordo et les fait maroufler sur toile pour les vendre à l’Exposition universelle de Paris. Sans succès : il les cèdera finalement au Prado, concluant un étrange épisode de l’art espagnol.
Goya, par Olivier Bleys (scénario) et Benjamin Bozonnet (dessin), Glénat, 2015, 56 p., 14,50 €.

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE

5 mars 2015 - PARIS - Galerie Guigon

Des portraits dérangeants de jeunes filles qui nous regardent - mais nous voient-elles ?

Notre sélection de nouvelles expositions

EN BREF

FONTAINEBLEAU - Une quinzaine d'œuvres d'art de grande voleur ont été volées au Musée chinois du château de Fontainebleau le 1er mars 2015.

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LAVAU (Aube) - Une importante tombe princière celte du Ve siècle av. J.-C. a été découverte par les chercheurs de l'INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives).

L'article dans Le Monde

NEW YORK - L'Armory Show, foire d'art moderne et contemporain, se tient du 5 au 8 mars 2015.

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PARIS - Serge Lasvignes, secrétaire général du gouvernement depuis 2006, a été nommé le 4 mars 2015 président du Centre Pompidou en remplacement d'Alain Seban.

PARIS - La Coiffeuse, un tableau de Picasso datant de 1911, volé en 2001 au Centre Pompidou, a été retrouvé par les douanes des Etats-Unis et va être prochainement restitué.

SHARJAH (Émirats arabes unis) - La 12e Biennale d'art contemporain de Sharjah se tient du 5 mai au 5 juin 2015.

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