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N° 380 - du 12 mars 2015 au 18 mars 2015


Alexander McQueen, It’s Only a Game, Spring/Summer 2005. Image: firstVIEW. Courtesy V&A Museum, Londres.

L'AIR DU TEMPS

McQueen, le James Dean de la mode

LONDRES - Connaître les règles pour mieux les enfreindre, les briser pour mieux défendre la tradition étaient quelques-uns des leitmotive provocateurs d’Alexander McQueen (1969-2010), enfant terrible de la mode à la carrière météoritique. Fils d’un chauffeur de taxi, tailleur dès l’âge de 16 ans, provocateur et brasseur d’influences (le gothique, le Japon, l’Orient, l’histoire écossaise), il connaîtra dans les années 1990 et 2000 un succès mondial, avant que son suicide le statufie directement au panthéon de la mode. Après le succès phénoménal de l’exposition américaine (650 000 visiteurs au Metropolitan de New York en 2011), celle-ci ramène le créateur en Europe en présentant toutes les facettes de sa carrière, de 1992 (année de son diplôme à l’école Central Saint Martins) jusqu’à sa dernière collection en 2010.
Alexander McQueen, Savage Beauty au Victoria & Albert Museum, du 14 avril au 2 août 2015.

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EXPOSITIONS


Panneau malu, Ethnologisches Museum Berlin © Staatliche Museen zu Berlin – Preußischer Kulturbe-sitz, Ethnologisches Museum, Foto: Claudia Obrocki

Sepik, ancêtres papous

BERLIN - Imaginez un fleuve long comme la Loire dont les populations riveraines parleraient une centaine de langues différentes. C’est le cas du Sepik, qui traverse une partie de la Papouasie-Nouvelle Guinée et qui n’est venu à la connaissance du monde occidental qu’en 1886 lorsque les colons allemands le baptisèrent (ses bouches n’étant découvertes que plus tard, en 1914). Célébrant le centenaire d’une exploration ethnographique pionnière, le musée s’appuie sur les collections de Berlin et d’autres institutions étrangères pour dresser un panorama de cet art « primitif » qui frappa tant les avant-gardes européennes. Masques, embarcations sculptées, coiffes, poteaux des « grandes maisons » : tout évoque la puissance des ancêtres, qui assurent la bonne marche du monde et que l’on ne convoque qu’avec un rituel précis et prudent.
Dance of the Ancestors, Art from the Sepik of Papua New Guinea au Martin-Gropius-Bau, du 18 mars au 14 juin 2015.

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Richard Diebenkorn, Ocean Park #27, 1970, huile sur toile, 254 x 203.2 cm. Brooklyn Museum. Gift of The Roebling Society and Mr. and Mrs. Charles H. Blatt and Mr. and Mrs. William K. Jacobs, Jr., 72.4

Diebenkorn, l’Américain oublié

LONDRES – Il est, en Europe, l’un des moins connus des grands Américains de l’après-guerre. Richard Diebenkorn (1922-1993) a fait d’originaux aller et retour entre l’abstrait et le figuratif. Membre reconnu de l’expressionnisme abstrait, il utilise ensuite sa palette colorée, pleine des ocres du Nouveau-Mexique et du bleu de l’océan, pour une figuration qui en fait un des leaders de l’école californienne de la Bay Area… avant de finir sa carrière avec les puzzles chromatiques des Ocean Parks. L’exposition, la première de cette ampleur en Europe depuis 25 ans, présente une cinquantaine de ses principales toiles.
Richard Diebenkorn à la Royal Academy of Arts, du 14 mars au 7 juin 2015.

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Ces expositions ouvrent aussi cette semaine…


Claude Monet, Le Déjeuner, 1868, huile sur toile, 231,5 x 151 cm, Städel Museum, Frankfurt am Main. Photo: Städel Museum – ARTOTHEK © Städel Museum, Frankfurt am Main.

Monet chez les Germains

FRANCFORT – Monet est aujourd’hui célébré partout mais il fallait être plutôt audacieux pour l’acheter il y a cent ans… Le Städel Museum célèbre son propre bicentenaire avec un succès prévisible – cette rétrospective qui suit la carrière de Monet – mais ce n’est pas un « show » de circonstance : le musée fut très tôt un acheteur de l’œuvre du peintre impressionniste et compte notamment dans ses collections le Déjeuner. Cette toile fit scandale par sa représentation d’un intérieur avec un couple illégitime et fut refusée au Salon de 1869. Outre les inévitables prêts français et américain, l’exposition montre la richesse méconnue des musées allemands, de Berlin à Dresde et Hanovre.
Monet and the Birth of Impressionism au Städel Museum, du 11 mars au 21 juin 2015.

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Un autre Reynolds

LONDRES – Présenter Joshua Reynolds (1723-1792), le portraitiste classique par excellence, le fondateur de la Royal Academy, couvert d’honneurs, en audacieux expérimentateur n’était pas a priori une tâche aisée. C’est pourtant ce qu’essaie de démontrer cette exposition qui puise dans les riches collections du musée et s’appuie sur plusieurs années d’analyse. Elle prouve que le peintre a innové aussi bien dans l’usage des pigments que dans le format narratif.
Joshua Reynolds, Experiments in Paint à la Wallace Collection, du 12 mars au 17 juin 2015.

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Piero Fornasetti, assiette de la série Tema e Variazioni, porcelaine. Diamètre 26 cm © Courtesy Fornasetti

L’usine Fornasetti

PARIS – Personnage hors norme, renvoyé des Beaux Arts de Milan mais créateur infatigable dans de nombreux domaines (architecture d’intérieur, design textile et mobilier, typographie, peinture, etc.), le Milanais Piero Fornasetti (1913-1988) résiste aux tentatives de classification. Avec pas moins d’un millier de pièces issues de ses archives, cette rétrospective donne un bon aperçu de ses talents polymorphes.
Fornasetti, la folie pratique aux Arts décoratifs, du 11 mars au 14 juin 2015.

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VENTES


Lot n° 64 : Général Alexandre Berthier, Relation de la bataille de Marengo, estimation : 12 000 à 15 000 €. Courtesy Thierry de Maigret SVV.

Ode à Napoléon

PARIS - Ce n’est pas première fois qu’une bibliothèque napoléonienne passe à l’encan mais celle-ci est particulièrement riche, avec ses 12 000 titres. En 862 lots (comprenant parfois une dizaine d’ouvrages), elle satisfera aussi bien les fous d’Austerlitz que les spécialistes de tel lieutenant-colonel, proposant à profusion des bulletins de la Grande Armée, des notices sur la vie militaire, des catalogues de médailles et des biographies militaires. Mais aussi des souvenirs, carnets de voyageur, récits de campagne et autres mémoires posthumes (parfois manuscrits), signés par des commandants et généraux oubliés - Bacler d’Albe, Berthezène ou Boulay de la Meurthe – mais aussi par des « stars » comme Jourdan et Murat. La Relation de la bataille de Marengo (laquelle vit la mort du génial Desaix) par Berthier est une petite merveille de typographie et de reliure, dans un grand in-folio, qui ne devrait pas faire moins de 12 000 €.
Bilbiothèque napoléonienne, les 12 et 13 mars 2015 à l’hôtel Drouot (SVV Thierry de Maigret).

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L'ARTISTE DE LA SEMAINE


Karl Beaudelère, Entity 16, 2013, stylo bille, 46x55 cm.

Dans les yeux de Beaudelère

Il se présente à l’exposition avec un masque de Batman. On ne verra donc pas son visage, qui est pourtant le thème obsessionnel de son œuvre. Karl Beaudelère, qui, par dévotion au fameux poète, a pris un nom transparent, préfère avancer caché, comme les lutteurs mexicains. Sa vie – ou ce qu’il en dévoile - pourrait sans doute faire la matière d’un bon roman : alignant les petits métiers – doreur sur bois, agent de sécurité, brocanteur -, il dépose un brevet de vitrail en relief, qui le ruine. Il ne lui reste que de quoi survivre et d’acheter des Bic au supermarché. Avec lesquels il commence, il y a une dizaine d’années, son corpus d’autoportraits… Les innombrables lignes serpentines qui dessinent son visage font penser à celles de Giacometti dessinant James Lord ou, chez un de ses contemporains, à celles des dessins automatiques dans le métro de Julien Salaud. Une folie du trait qui lui prend à chaque feuille près d’un mois et a pour objet de trouver la « véritable tête », la « sincère face », que cherchait aussi l’autre Baudelaire.
Karl Beaudelère, face à face à la galerie Routes (53, rue de Seine, 75006 Paris), du 5 au 14 mars 2015.

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LIVRES

Dernières nouvelles du paysage

Quelle est la part de l’homme dans le paysage ? Existe-t-il un paysage urbain ? Un paysage peut-il être «national» ? Cet ouvrage qui reprend plusieurs tables rondes organisées au centre d’art contemporain la Maréchalerie, aborde ces questions en croisant le travail d’artistes et de théoriciens. A côté d’anecdotes éclairantes – une société californienne gagne des millions en peignant en vert les pelouse jaunies de l’été, les pays du Golfe doivent importer du sable pour faire leur béton – il montre que le concept de paysage n’est pas figé, qu’il s’enrichit sans cesse (récemment avec l’idée d’un « paysage sonore »), et qu’il est mondialisé depuis longtemps. L’artiste Karine Bonneval organise dans une vidéo l’absurde reconduction à la frontière d’une plante « allogène » comme la vergerette du Canada, tandis que Gilles Clément développe sa notion de « tiers paysage ». Un réservoir inépuisable mais méprisé – bas-côtés des routes, terrains en pente, friches – qui s’incarne dans son étonnant projet : un jardin sur la dalle de béton de la base sous-marine de Sainte-Nazaire.
Paysages variations, sous la direction de Manola Antonioli, Vincent Jacques et Alain Milon, éditions Loco, 2014, 176 p., 28 €.

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE


JOAN AYRTON FAST COLOUR

14 mars 2015 - PARIS - Florence Loewy

Une artiste à la recherche de l'idée de couleur

Notre sélection de nouvelles expositions

EN BREF

DUBAI - La foire d'art moderne et contemporain Art Dubai se tient du 18 au 21 mars 2015.

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HONG KONG – La foire d’art contemporain Art Basel Hong Kong se tient du 15 au 7 mars 2015.

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MAASTRICHT – La foire d’art ancien et moderne TEFAF se tient du au 13 au 22 mars 2015.

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