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N° 384 - du 9 avril 2015 au 15 avril 2015


Alain Delon et Monica Vitti, L’Eclipse (L’Eclisse) de Michelangelo Antonioni, 1962 © Sergio Strizzi

L'AIR DU TEMPS

Antonioni, absolument moderne

PARIS - Il est né dans une ville qui défie les clichés italiens, celle de l’Arioste et de Frescobaldi, du jardin des Finzi-Contini et du premier film de Visconti (Ossessione), mêlant brouillards du Pô, mémoires juives et splendeurs Renaissance. L’originalité de Ferrare a-t-elle déteint sur Antonioni ? Le réalisateur (1912-2007) a tracé un chemin très personnel dans le cinéma italien de l’après-guerre, loin du néoréalisme et de la comédie à l’italienne. Incarnant une forme d’existentialisme où l’absurde, l’aliénation et l’incommunicabilité coexistent, il a laissé quelques œuvres majeures, de L’Avventura à Profession : reporter en passant par Blow-Up. Suivant celles consacrées à Truffaut ou Pasolini, cette rétrospective profite de l’ouverture récente de ses archives et expose ses scénarios, sa correspondance, ses aquarelles (notamment ses montagnes). Elle montre combien Antonioni, tournant aussi bien à Londres qu’à Rome ou dans la Vallée de la Mort, a incarné une Europe ouverte et exigeante, capable de synthétiser son colossal patrimoine d’images subliminales en une création nouvelle, aussi rigoureuse qu’inclassable, mais d'une modernité étonnante : Antonioni n'a jamais été démodé.
Antonioni, aux origines du pop à la Cinémathèque française, du 9 avril au 19 juillet 2015. Catalogue Flammarion sous la direction de Dominique Païni, 168 p., 39 €.

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EXPOSITIONS


Léonard de Vinci, Saint Jérôme, vers 1482, huile sur panneau, 103 x 74 cm. Pinacothèque Vaticane.

Léonard de Milan

MILAN – Il est bien sûr de Vinci, un bourg toscan, mais aussi de Florence, où son étoile a brillé, et encore d’Amboise où il est mort, selon la légende, dans les bras de François Ier. Mais Léonard de Vinci a également connu une importante saison milanaise, ce qui tombe à merveille pour Expo 2015 et qui justifie cette grande rétrospective, la plus importante jamais organisée en Italie. La fameuse Cène justifie à elle seule un déplacement en Lombardie mais Léonard, en deux séjours et plus de vingt ans, a fait bien plus. Si le monument équestre à Francesco Sforza n’a jamais vu le jour, il a dessiné des armes et des machines de siège pour Ludovic le More, a conçu des canaux, a décoré une partie du château des Sforza, a réalisé certaines de ses œuvres les plus célèbres comme la Dame à l’hermine ou les deux versions de la Vierge aux rochers. Des parcours dans Milan sont au programme mais l’exposition elle-même se veut encyclopédique, rassemblant des tableaux et surtout des dessins (plus de cent) ainsi que des machines reconstituées, le tout en douze « sections », de l’anatomie aux mouvements de l'âme : impossible de s’en tirer à meilleur compte pour faire le tour de Léonard !
Leonardo 1452-1519 au Palazzo Reale, du 16 avril au 19 juillet 2015.

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Don Eddy, Sans titre (détail), 1971, acrylique sur toile, 121,9 x 167,6 cm. Photo © Museum Moderner Kunst Stiftung Ludwig Wien, Prêt de l'Österreichischen Ludwig Stiftung

Hyperréalisme pas mort

GRAZ – L’Amérique des voitures chromées, des néons de Times Square, des motels sur la Route 66, n’est-ce pas celle qui a bercé les rêves des années 60 ? Le mariage de l’évasion (la route infinie, les grands espaces), avec la société de consommation (le grille-pain, la canette de bière et la bouteille de Coca-Cola)… Depuis un demi-siècle, des artistes l’ont portraiturée de la manière la plus fidèle possible, en peinture ou en photo, de John Baeder à Stephen Shore, de Don Eddy à Richard Estes. Une nouvelle forme de rêve américain (ou plutôt, comme le pensait Henry Miller, un «cauchemar climatisé» ?) qui s’incarne dans un paysage où les signes de l’homme sont devenus omniprésents.
Hyper America. Landscape-Image-Reality au Kunsthaus Graz, du 9 avril au 30 août 2015.

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Qu’est-ce qu’une icône US ?

PARIS – C’est ce à quoi entend répondre cette exposition en présentant de grands classiques de l’après-guerre provenant du San Francisco Museum of Modern Art : des Warhol bien sûr, des Dan Flavin, un beau mobile de Calder mais aussi de monumentaux portraits en trompe-l’œil de Chick Close et des serpentins de Brice Marden, le benjamin du groupe (né en 1938).
Icônes américaines, chefs-d’œuvre du San Francisco Museum of Modern Art et de la collection Fisher au Grand Palais, du 8 avril au 22 juin 2015, puis au musée Granet à Aix-en-Provence, du 11 juillet au 18 octobre 2015. Catalogue RMN Grand Palais, 184 p., 35 €.

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VENTES


Lot 262, 6 affiches, 1848. Estimation : 400-500 €.

1848 comme si vous y étiez

PARIS - « Plus de 5000 gravures par an. Un numéro, deux sous. Trois mois 7 francs. Demandez-le à tous les crieurs » : les argumentaires de la presse ont bien évolué depuis un siècle et demi… Celui-ci correspondait au Pamphlet, qui, pour le reste, traitait de thèmes qui sont restés actuels : « Bouffonneries de la vie politique – Nouvelles du monde – Indiscrétions de salon ». Cette affiche publicitaire (estimée 200 €) est l’un des lots qui font revivre l’atmosphère enfiévrée de la Révolution de 1848. Il est accompagné d’affiches de candidatures aux élections (dont celle de Lamartine), de listes de candidats, d’une ordonnance de la préfecture sur l’affichage dans Paris, d’un placard public portant sur l‘«impôt extraordinaire des 45 centimes». Mais aussi de manuscrits, tel celui de la féministe Catherine Rémy qui invite à la grève des omnibus. A une époque où l’on a tendance à oublier notre histoire, voici un moyen de se la remémorer et de mesurer combien nos actuelles libertés publiques sont fragiles…
Manuscrits, autographes, affiches de la Révolution de 1848, le 9 avril 2015 à l’hôtel Drouot (F.L. Auction).

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L'ARTISTE DE LA SEMAINE


Vue de l'exposition. © Marc Domage.

Jérôme Zonder : noir dessin

On conçoit plutôt le dessin en termes restrictifs, comme une étape préparatoire, intermédiaire, mineure. Chez Jérôme Zonder (né en 1974), le dessin – seule discipline à laquelle il se dédie – est au contraire une expérience totale. La Maison rouge est investie du sol au plafond d’œuvres originales – celles posées par terre sont recouvertes d’un vernis pour résister aux pas des visiteurs – qui dessinent un labyrinthe entrecoupé de tunnels noirs. Ce virtuose du graphite (qui dessine même au doigt) s’est composé un univers pot-pourri, que dissimule la bucolique forêt initiale. Il est marqué par la violence de notre temps, qui vaut bien celle de Jacques Callot : enfants cruels et assassins, sur fond de meurtres de masse, de massacres, d’exécutions sommaires, d’images de chambres à gaz… Comme une encyclopédie moderne des formes du mal, un domaine où l’homme continue de montrer une infinie créativité.
Jérôme Zonder, Fatum à la Maison rouge, du 19 février au 10 mai 2015.

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LIVRES

Air de Sienne

Luca di Tommè, Cennino Cennini, Taddeo di Bartolo : autant de noms sonores, qui évoquent une Italie rêvée, celle des communes libres, des retables à fond or, des condottières, des premiers feux de la Renaissance. Il s’agit d’une Italie « siennoise ». Au XIVe siècle, la petite ville toscane tient la dragée haute à sa voisine Florence et invente une peinture minutieuse, pleine de détails concrets, avec des architectures, des tables dressées, des drapés. Peu importe que la perspective soit défaillante car la narration est solide : le Martyre de saint Laurent (Bartolo di Fredi) ou la Déploration de Gregorio di Cecco se lisent comme un livre ouvert – c’était la Biblia Pauperum, la Bible des pauvres de l’époque. Accompagnant une exposition au musée des Beaux-Arts de Rouen (jusqu'au 17 août 2015), ce catalogue évoque quelques-uns des grands noms que furent Duccio, Simone Martini et les frères Lorenzetti mais donne aussi toute leur place aux maîtres mineurs, aux retables parfois démembrés (comme celui de Dietisalvi di Speme à Montalcino) et aux appellations poétiques (Maître de la Maestà Gondi).
Peinture de Sienne, Bozar Books/Silvana Editoriale, 248 p., 39 €.

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE


Felice Varini

15 avril 2015 - PARIS - La Villette

Un maître du trompe-l'œil contemporain

Notre sélection de nouvelles expositions

EN BREF

LONDRES - Neil MacGregor, directeur du British Museum, a annoncé qu'il allait quitter son poste en décembre prochain après 13 années à la tête de l'institution.

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PARIS - La 1e édition du festival transdisciplinaire Do Disturb se tient au Palais de Tokyo du 10 au 12 avril 2015.

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SAO PAULO - La foire d'art moderne et contemporain sp-arte se tient du 9 au 12 avril 2015.

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