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N° 386 - du 23 avril 2015 au 29 avril 2015

L'AIR DU TEMPS

Le Corbusier, toujours polémique

PARIS – Autour de Corbu, les polémiques ne cesseront jamais… Et, du fond de sa tombe, il doit bien aimer cela, lui qui prit un malin plaisir à proposer la destruction de la moitié de Paris (dans son fameux plan Voisin en 1925) ! Plus que sur son rôle réel dans l’architecture du XXe siècle, c’est sur son engagement politique que porte la discussion actuelle. On savait depuis longtemps qu’il avait frayé avec le régime de Pétain. Mais de nouvelles publications enfoncent le clou, le qualifiant purement et simplement de fasciste… L’actualité remet le grand prêtre de l’architecture moderne sur la scène : c’est le 50e anniversaire de sa mort et la rétrospective du Centre Pompidou déploie quelque 300 œuvres pour démontrer comment la mesure humaine, symbolisée par son fameux Modulor de 1,83 m, aurait nourri toute sa création. Dessins et maquettes de bâtiments, perspectives urbaines, croquis de voyage, motifs décoratifs, meubles, peintures et sculptures… Avec ses encombrantes zones d’ombre, le portrait-robot d’un talent universel, toujours en mouvement.
Le Corbusier, mesures de l’homme au Centre Pompidou, du 29 avril au 3 août 2015.

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EXPOSITIONS


Hermen Anglada Camarasa, Le paon blanc, 1904, huile sur toile, 78,5 x 99,5 cm, Colección Carmen Thyssen-Bornemisza.

Barcelone fin de siècle

FERRARE – Du Gaudi et du Picasso, certainement. Mais pas seulement. La Barcelone 1900 (qui commence en réalité avec l’Exposition universelle de 1888 et se clôt avec la Semaine tragique de 1908) fut un extraordinaire creuse créatif dont la grande histoire n’a retenu qu’une poignée de noms. L’exposition rend hommage aux autres – à tous ces farfelus qui fréquentaient le cabaret des Quatre Chats, y punaisant leurs dessins au mur et s’enivrant d’anis del Mono. A la vérité, Ramon Casas ou Santiago Rusiñol, les pittoresques camarades de Picasso au talent très figuratif, ont eux aussi acquis une certaine notoriété. Mais le sculpteur Miquel Blay ? L’orfèvre Luis Masriera ? Le photographe Adolf Mas ? Et les peintres Oleguer Junyent et Joaquim Mir ? La postérité est cruelle, inondant de lumière quelques happy few, et laissant les autres à la merci d’observateurs perspicaces. Pour une fois, les seconds couteaux sont à l’honneur…
La rosa di fuoco, la Barcellona di Picasso e Gaudí au Palazzo dei Diamanti, du 19 avril au 19 juillet 2015.

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Charles Pollock, Wagons de chemin de fer, 1934, © Charles Pollock Archives.

Charles, l'autre Pollock

VENISE - Son frère cadet Jackson lui a fait beaucoup d'ombre. Mais l'heure de Charles Pollock (1902-1988) est peut-être arrivée. Figuratif à ses débuts, l'artiste installé en 1972 à Paris (rue du Cherche-Midi) a connu une longue carrière dans l'abstraction, marqué par des cycles inspirées par ses séjours au Mexique ou à Rome. Cette rétrospective est la plus importante jamais accordée à son œuvre.
Charles Pollock à la Peggy Guggenheim Collection, du 23 avril au 14 septembre 2015.

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FESTIVAL

Une année Le Corbusier

POISSY – La villa Savoye, l’un des chefs-d’œuvre de Le Corbusier (1931), est le cadre idéal du festival Corb’, qui propose aux créateurs actuels d’intervenir dans les espaces clairs, initialement construits pour un célèbre assureur. En juin, les installations de Susanna Fritscher interrogeront les « cinq points de l’architecture moderne ». Tout l’été, danseurs et musiciens (Tristan Macé, Ensemble Intercontemporain, Benoît Delbecq, etc.) s’y produiront. En octobre, une exposition sera consacrée à la voiture, une invention moderne qui fascina l’architecte qui posséda d’ailleurs plusieurs modèles de Voisin. C’est au même moment que rouvrira enfin, après restauration, la Maison du jardinier, l’unique exemplaire de ce qui aurait pu être une maison familiale à bon marché, présentée pour la première fois au Congrès international d’architecture moderne de 1929.
• Le festival Corb' se tient toute l'année à la Villa Savoye.

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LIVRES

Le Corbusier, la tentation fasciste

Pendant dix huit mois, en 1941-42, Le Corbusier fait le siège des administrations de l’Etat français, dans les hôtels de Vichy, pour obtenir honneurs et commandes, notamment pour ses maisons préfabriquées, les murondins. Sans véritable succès. Est-ce là sa seule marque d’allégeance à un fascisme français ? Certainement pas, selon l’auteur qui lui trouve dans l’entre-deux-guerres des dérapages antisémites, une forme d’admiration pour Hitler (qui pourrait «couronner sa vie par une œuvre grandiose : l’aménagement de l’Europe») et des fréquentations peu recommandables. Ainsi, ce Pierre Winter, médecin, l’un des idéologues du Parti fasciste révolutionnaire et directeur du magazine La Révolution fasciste. Lorsque Le Corbusier construit en 1934 l’immeuble de la rue Nungesser et Coli, où il se réserve le septième étage, Winter emménage au quatrième - leurs relations seront solides et durables. En 1943, Le Corbusier est nommé conseiller de la fondation Carrel – le fameux apôtre de l’eugénisme, frappé d’indignité à la Libération. Dans l’après-guerre, Le Corbusier saura occuper la position du Commandeur et faire oublier ces liaisons dangereuses…
Le Corbusier, un fascisme français, par Xavier de Jarcy, Albin Michel, 288 p., 19 €.

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CINÉMA

Sayat Nova, film ou tableau ?

Créateur génial et persécuté (il fut emprisonné en Union soviétique de 1974 à 1979 pour « déviance » politique et homosexualité), Paradjanov (1924-1990) n’a laissé que quelques films. Tous sont d’extraordinaires symphonies d’images – et Sayat Nova (1969), qui ressort cette semaine, peut-être davantage que les autres. Le rythme en est lent, l’histoire malaisée à suivre (la vie et les souffrances, face à la misère du monde, d’un poète arménien du XVIIIe siècle) mais le choc visuel extrême. Qu’il s’agisse de faucheurs torse nu désherbant le toit de la cathédrale, de vieilles bibles séchant sur le parvis, aux pages de vélin tournées par le vent, de teinturiers balançant leurs écheveaux de couleur, on a plutôt l’impression de déambuler dans un succession de tableaux, faisant le grand écart entre l’enluminure et le surréalisme. Jamais cinéma et peinture n’ont semblé aussi proches…
Sayat Nova, la couleur de la grenade de Paradjanov (la version arménienne restaurée, et jamais montrée) sort en salles à Paris le 22 avril.

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE


LUC VAN MALDEREN

26 avril 2015 - BRUXELLES - La Fonderie

Une œuvre graphique inspirée par le patrimoine industriel de la Belgique et de l'Europe

Notre sélection de nouvelles expositions

BRÈVES

BRUXELLES - La Patinoire royale, ancien Royal Skating de 1877, est inaugurée le 23 avril 2015, après restauration, avec une exposition-vente sur le thème de la Résistance des images dont le commissaire est Jean-Jacques Aillagon.

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HYÈRES – Le 30e Festival international de la photographie de mode se tient du 23 au 27 avril 2015 à la Villa Noailles.

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LIÈGE - Le musée du Louvre et Boverie, le nouvel équipement culturel de Liège (ancien CIAC) ont annoncé une collaboration sur une durée de 4 ans avec trois expositions d'envergure internationale organisées de 2016 à 2018.

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PARIS – Le XXVIIe Salon International du Livre Rare et de l'Autographe, de l'Estampe et du Dessin se tient du 24 au 26 avril 2015 au Grand Palais.

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PHILADELPHIE – Deux dessins inédits de Cézanne, récemment découverts au dos de deux aquarelles, sont présentés jusqu’au 10 mai 2015 à la Fondation Barnes, qui en est propriétaire.

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PONT D'ARC - La caverne de Pont d'Arc, réplique de la Grotte Chauvet peinte il y a 36 000 ans, ouvre au public le 25 avril 2015.

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