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N° 395 - du 25 juin 2015 au 1 juillet 2015


Figurine masculine nue debout, en argent avec coiffure incrustée de pâtes de couleur Hauteur : 19,5 cm. © Musée du quai Branly. Photo Anaïs Pic.

L'AIR DU TEMPS

Du sexe des Incas

PARIS - Le musée du quai Branly présente une intéressante exposition sur la chute du monde inca. Elle montre comment une escouade d’Espagnols implacables et pleins d’audace, avec l’aide de quelques armes à feu, de chevaux (et, il faut le rappeler, le soutien de quelques communautés opprimées), réussit à s’emparer dans la décennie 1530 d’un empire de plus de 10 millions d’habitants, s’étendant sur près de 5000 kilomètres de long. La confrontation entre Atahualpa et Pizarre est dramatique à souhait. C’est un combat souvent sanguinaire, où les trahisons et les règlements de compte expéditifs ne manquent pas, des deux côtés - entre Pizarre et son ancien allié Almagro, mais aussi entre Atahualpa et son demi-frère Huáscar. Une ambiance pleine d’escarmouches, de marches dans la jungle, de coups de feu et de roulements de tambour (dont certains furent taillés dans la peau des vaincus). Dans ce face-à-face viril, plein de testostérone, qui culmine avec le blitz de Cajamarca, fallait-il castrer l’Inca ? Sur certaines affiches, dans les transports en commun, devant les gares, une magnifique statuette a perdu, par une délicate retouche informatique, ce qui rendait trop évidente sa nature masculine. Dans un pays où montrer ses oreilles est impudique, on aurait aussi bien pu lui raboter les lobes qu’il a démesurés ! Protégeons nos chères têtes blondes, mais pas au prix d’escamoter la réalité. A coup sûr, le club des retoqués - Malraux (mégot gommé) et Tati (pipe confisquée) - est dans notre camp…
L’Inca et le Conquistador au musée du quai Branly, du 23 juin au 20 septembre 2015.

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EXPOSITIONS


Meschac Gaba, Citoyen du monde, 2015, jet d'encre sur tissu synthétique. Courtesy l'artiste et Stevenson Gallery, Le Cap et Johannesburg

Mundial batave

LEYDE – Une ancienne usine de la ville préférée de Descartes (où il écrivit le Discours de la méthode) va être transformée en hôtel. Avant ce changement de vocation, cette meunerie industrielle fait plancher les artistes contemporains sur un thème à la mode : qu’est-ce que la mondialisation ? Les réponses du Béninois Meshac Gaba, de l’Argentin Jorge Orta, de l’Américain Mark Dion et de créateurs locaux comme Andrea Stultiens.
Global Imaginations à la Meelfabrik, du 27 juin au 4 octobre 2015.

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Vue de l'exposition Barbara Hepworth. Reconstitution du pavillonde Rietveld au musée Krolle-Müller d'Otterlo.

Hepworth, le plein et le vide

LONDRES - Elle fait partie de la génération des Ben Nicholson (qui fut son mari), des Naum Gabo, des Epstein, des Henry Moore. Barbara Hepworth (1903-1975) fait partie de ces sculpteurs de la première moitié du XXe siècle, qui, partis du figuratif, ont peu à peu recherché une stylisation essentielle des formes. Devenue Dame Hepworth par ses mérites artistiques, elle est arrivée à une abstraction très « organique », faite de courbes et de vides. Adepte de la taille directe (alors que les artistes, à l’époque, préféraient donner un modèle en terre à un artisan qui se chargeait de le sculpter), elle a aussi bien travaillé la pierre que le bois. L’exposition présente notamment quelques-unes des pièces issues d’un mythique chargement de 17 tonnes de guarea du Nigéria. Y est également reconstituée l’installation de ses bronzes au pavillon de Rietveld du musée Kroller-Müller d’Otterlo. Accompagnée de fac-similés des revues Abstraction Création ou Axis, elle est la première depuis cinquante ans à retracer son parcours. Pour lui redonner la place qui lui revient à côté de l’ogre Moore, qui a monopolisé l’adoration du public…
Barbara Hepworth, Sculpture for a Modern World à la Tate Britain, du 24 juin au 25 octobre 2015.

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Jacques Henri Lartigue, Florette. Vence, mai 1954 © Ministère de la Culture - France / AAJHL

Lartigue prend des couleurs

PARIS – Les chiffres donnent le tournis : Jacques-Henri Lartigue (1894-1986) a laissé 135 tomes de journaux photographiques couvrant 84 années d’activité (de 1902 à 1986), soit 14 423 pages. Sur ses quelque 200 000 images recensées, la couleur représente 40 %. Elle a pourtant été laissée à la marge : pour le grand public, Lartigue c’est du noir et blanc. Cette exposition répare donc l’erreur, après un travail de fourmi : tous les tirages présentés sont actuels, provenant de négatifs patiemment restaurés. Empoignant sa première machine en 1902, Lartigue réalise d’élégants autochromes de 1912 jusqu’aux Années folles, puis ne revient à la couleur que lorsqu’il a passé la cinquantaine. Voici alors des scènes bucoliques avec de grands mondains comme les Empain ou les Kennedy (Lartigue est alors totalement inconnu, il ne sera révélé que par la grande exposition du MoMA à New York en 1963), des images de voyage à Cuba ou à Piozzo. En 1977, ultra-octogénaire, il réalise de vraies images de mode au chromatisme saturé à la Guy Bourdin (Marie Bailey dans sa piscine à l’Eden Roc). L’annonce n’est pas trompeuse : il s’agit effectivement d’une découverte…
Lartigue, la vie en couleurs à la Maison européenne de la photographie, du 24 juin au 23 août 2015.

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Giuseppe Recco, Nature morte avec verre, vases et un jeune serviteur tenant un plateau, 1679, huile sur toile, 176 x 255 cm, Séville, Casa de Pilatos, Fondation Casa Ducal de Medinaceli, Photo © Martin García (détail).

Naples en Seicento

MONTPELLIER – Caravage, qui y fit deux cours séjours, et Ribera symbolisent la grandeur de la peinture napolitaine au XVIIe siècle. Derrière ces géants, se cachent des peintres tout aussi puissants et truculents, moins bien connus loin du Pausilippe… Ainsi Caracciolo et le Flamand Louis Finson, caravagesque pur crin, Giordano ou Recco, spécialiste des poissons et crustacés qu’il allait croquer quotidiennement au marché et sur le port.
L’âge d’or de la peinture à Naples au musée Fabre, du 20 juin au 11 octobre 2015.

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L’ARTISTE DE LA SEMAINE


Mona Hatoum, Hot Spot, 2014.

Mona Hatoum : un monde sans pitié

Le début de sa carrière coïncide avec un voyage à Londres en 1975, dont le provisoire devait s’éterniser. C’est en effet pendant ce séjour que, la guerre s’étant déclarée dans son pays, le Liban, Mona Hatoum (née en 1952) décida d’étudier l’art à Londres. L’éloignement mais aussi la violence mâtinée d’absurde devaient lui fournir la thématique de ses premières performances, comme celle où, sept heures durant, elle s’évertue à se tenir debout dans une boîte couverte de glaise (Under Siege). Ou lorsque, empaquetée comme une momie, sur un lit d’hôpital, elle est soumise au bombardement des news du monde entier qui détaillent le calvaire libanais. La rétrospective du Centre Pompidou donne assurément l’image d’un monde fragile (symbolisé par l’immense carte géographique en billes de verre couvrant le plancher), couvert de « points chauds » (matérialisés par une planète en néon rouge clignotant dans Hot Spot). Guerre, enfermement, surveillance : Mona Hatoum décrypte des hantises qui ne sont pas près d’être caduques...
• Mona Hatoum fait l’objet d’une rétrospective au Centre Pompidou, du 24 juin au 28 septembre 2015.

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE


Tania Mouraud

26 juin 2015 - METZ - Arsenal

La production photographique d'une figure importante (née en 1942) de la scène française

Notre sélection de nouvelles expositions

LIVRES

Brut de brut

Depuis qu’il a été forgé par Dubuffet en 1945, le terme d’art brut a connu un succès remarquable. Mais que recouvre-t-il exactement et comment se distingue-t-il de concepts postérieurs tels que l’art singulier (né en 1978 avec l’exposition les Singuliers de l’art) ? Quelle place y occupe «l’art des fous», étudié par des aliénistes pionniers comme Hans Prinzhorn ? Dans le cadre d’une exposition de Mons 2015, ce volume bilingue aborde, par des essais courts et abordables, ces questions de définition, souligne le rôle de quelques collections majeures et évoque quelques grandes figures, pas toutes d’un temps révolu : à côté d’Aloïse, Chaissac ou Augustin Lesage, voici en effet Robillard et ses fusils en bois, Michel Nedjar et ses poupées, Jacques Trovic et ses broderies. Chaque ouvrage sur la thématique est l’occasion de redécouvertes, comme celle de Marco Decorpeliada, l’inventeur du «schizomètre». Pour calibrer cet original instrument de mesure du dérangement mental, l’auteur s’aperçut que les codes à trois chiffres de l’American Psychiatric Association décrivant les pathologies avaient un équivalent systématique chez… les surgelés Picard.
L’art brut en question, sous la direction de Carine Fol, CFC éditions, 2015, 224 p., 39 €.

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EN BREF

DUBLIN – Le festival PhotoIreland se tient du 1er au 31 juillet 2015.

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LONDRES – La foire d’art ancien Masterpiece se tient du 25 juin au 1er juillet 2015.

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PARIS – Le prix Canson de dessin 2015 a été attribué le 22 juin 2015 à l’artiste argentin Adrián Villar Rojas.

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VENDÔME - Les Promenades photographiques se tiennent du 20 juin au 20 septembre 2015.

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VILNIUS – La foire d’art moderne et contemporain Art Vilnius se tient du 25 au 28 juin 2015, avec l’Ukraine comme pays invité.

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