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N° 400 - du 24 septembre 2015 au 30 septembre 2015


Lola Alvarez-Bravo, Frida Kahlo, s.d. Collection Fondation Televisa, Mexico © Center for Creative Photography (CCP), University of Arizona, Tucson.

L'AIR DU TEMPS

Quand Lola exposait Frida

PARIS - Son patronyme est célèbre, son prénom beaucoup moins : Lola Alvarez-Bravo (1903-1993) fut photographe comme son mari Manuel, autrement plus connu. Bien qu’ils se soient séparés tôt (dans les années trente, après la naissance de leur fils), ayant commencé sa carrière sous cette identité, elle préféra la garder. Après avoir hérité d’un appareil photo d’illustre provenance (celui de Tina Modotti, contrainte de quitter le Mexique), elle l’employa pour dessiner une fresque sociale de son pays – vendeurs ambulants, femmes du peuple, pêcheurs, ouvriers des filatures, prostituées, mais sans verser dans l’onirisme ou le surréalisme (si ce n’est pas l’intermédiaire de collages). Amie de Cartier-Bresson, de Rivera, de María Izquierdo (l’amante d’Antonin Artaud) ou du poète Xavier Villaurutia, elle multiplia les portraits. Dont évidemment celui de sa meilleure amie, Frida Kahlo… Un extrait d’une interview à Televisa prouve que Lola avait d’autres talents : c’est elle qui organisa en 1953, dans sa propre galerie à Mexico, la première rétrospective de Frida. Epuisée par ses souffrances et par une récente greffe osseuse, celle qui allait devenir une icône mondiale fit tout de même le déplacement. « C’était peut-être la première fois qu’un artiste venait à son vernissage sur une civière. » Cette sensibilité, cette empathie avec ses sujets font de Lola Alvarez-Bravo une photographe touchante, parfaite représentante de l’école humaniste.
Lola Alvarez-Bravo à la Maison de l’Amérique latine, du 23 septembre au 12 décembre 2015.

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EXPOSITIONS


André Kertész, Tristan Tzara. Tirage de 1977, Paris, Centre Pompidou, MNAM-­‐CCI © RMN-­‐Grand Palais. Gestion droit d'auteur Photo © Centre Pompidou, MNAM-­‐CCI, Dist. RMN-­‐Grand Palais/Philippe Migeat. Service presse/Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg.

Tzara, au-delà de dada

STRASBOURG - Dans le dictionnaire, son nom a un synonyme : dada. Ce qui a certainement favorisé sa notoriété mais l’a en même temps circonscrite. On ne sait guère que Tristan Tzara (1895-1963) a eu une vie après 1915 et le Cabaret Voltaire, étant ami de Soupault, de Hans Arp, de Picabia (chez qui il s’installe à Paris en 1919), participant à l’aventure surréaliste, écrivant poèmes et pièces (dont La Fuite et l’Homme approximatif, qui donne son nom à la rétrospective) et s’engageant activement en politique : soutenant les républicains espagnols, il prend sa carte du PCF puis s’oppose à l’intervention soviétique à Budapest et à la guerre d’Algérie. Tzara fréquenta toute la culture de son temps (c’est l’architecte Adolf Loos qui dessina sa maison de l’avenue Junot) et fut grand collectionneur : l’exposition insiste sur sa clairvoyance, montrant qu’il s’est aussi bien intéressé aux arts premiers (certains de ses objets sont aujourd’hui au musée du quai Branly) et aux jeunes peintres (Camille Bryen, Francis Gruber) qu’à ses camarades Miró, Delaunay et Masson.
Tristan Tzara, l’homme approximatif au musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg, du 24 septembre 2015 au 17 janvier 2016.

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La beauté du sacré

FLORENCE – Lorsqu’il se déplaça aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle, l’Angélus de Millet fut suivi comme un prophète, par des centaines de milliers d’adorateurs. Sa sortie de France est exceptionnelle mais elle devrait causer moins de tumulte. Le tableau est au cœur de Bellezza Divina, qui examine au Palazzo Strozzi les rapports entre la peinture et l’art sacré, de Van Gogh à Matisse et Fausto Melotti (ill. Déposition de croix, 1933, bronze, 86x60x26 cm, coll. part. Photo Elit Cantù). Du 24 octobre 2015 au 26 janvier 2016.

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Carpe diem

LILLE – On en a bien besoin tant l’actualité – de la Syrie à la Hongrie - semble déprimante : le palais des Beaux Arts propose une antidote avec Joie de vivre, une exposition qui réunit des artistes de toutes époques qui ont trouvé dans les plaisirs terrestres un moteur essentiel de la vie : Bruegel et Renoir, bien sûr, mais aussi Chardin, Rodin et Roy Lichtenstein. Du 26 septembre au 17 janvier 2016.

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Objectif 2050

PARIS – Parallèlement aux musées royaux des beaux-arts de Bruxelles, le Louvre fait de la prospective. Dans une Brève histoire de l’avenir, il s’interroge avec une escouade d’artistes sur ce que pourrait être notre univers en 2050. Du 24 septembre 2015 au 4 janvier 2016.

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CINÉMA

Patrick Neu, épris d’éphémère

Ceux qui ont vu la récente rétrospective Patrick Neu au Palais de Tokyo ont sans doute été fascinés par une série de verres à pied. L’artiste y avait reproduit au pinceau fin, sur un fond de noir de fumée, de grands tableaux occidentaux, de Rubens au Douanier Rousseau. On aurait aimé que le film soit plus disert sur cet extraordinaire tour de force, qui rappelle les chefs-d’œuvre des compagnons ou les objets insensés des cabinets de curiosités. Il est en revanche plus prolixe sur le making off de l’exposition, avec des longueurs et des dialogues un peu artificiels. Mais il restitue bien la figure atypique de cet artiste, ennemi des mondanités, qui crée, dans un isolement voulu au cœur des Vosges, des œuvres étonnantes en verre, cire, fumée et ailes d’abeille.
Le Complexe de la salamandre, par Stéphane Manchematin et Serge Steyer, production Mille et Une Films et Bix Films. Prix public du DVD : 15 €.

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LIVRES

Fragonard au miroir de Sollers

«Il est temps de faire de Fragonard un peintre profond», écrivait Philippe Sollers en 1987 dans un essai qui accompagnait la rétrospective consacrée au peintre au Grand Palais. A intervalle de presque trente ans, maintenant que le peintre revient au même endroit, avec des toiles encore plus galantes, sa réédition n’est pas une mauvaise idée. Sollers y jongle en virtuose, convoquant Diderot, Sade, l’abbé de Saint-Non, les actrices légères comme la Vestris ou la Guimard (qui furent les principales admiratrices du peintre), les frères Grimm ou David, saupoudrant son phrasé de mots piquants (« Je peindrais avec mon cul » est l’une des seules citations unanimement attribuées à Fragonard). Se dessine un artiste rapide, peu en cour (la Pompadour et Marie-Antoinette l’ignorent), amoureux de l’Italie, et qui, de façon inattendue, est rapproché de Manet et de Picasso plutôt que de Watteau. Un être libre, qui mourra comme on fait un pied-de-nez : à 74 ans, en plein mois d’août, d’avoir mangé une glace trop froide…
Les surprises de Fragonard, par Philippe Sollers, Gallimard, 144 p., 25 €.

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE


THE AVERTY SHOW

25 septembre 2015 - POITIERS - Le Confort moderne

Hommage à Jean-Christophe Averty, talent multiforme et indiscipliné (Photo Hamilton/Byrne)

Notre sélection de nouvelles expositions

BRÈVES

LONDRES – La Tate Modern a annoncé que l’ouverture de son nouveau bâtiment de dix étages, dessiné par Herzog & de Meuron aurait lieu le 17 juin 2016.

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LOS ANGELES – Le Broad Museum, financé par le milliardaire Eli Broad, a été inauguré le 20 septembre 2015.

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PARIS – La Semaine des cultures étrangères se tient dans les centres culturels étrangers, de l’Algérie au Vietnam, du 25 septembre au 4 octobre 2015.

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