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N° 403 - du 15 octobre 2015 au 21 octobre 2015


Yvonne Halsman, Marilyn Monroe et Philippe Halsman, 1959. Archives Philippe Halsman © 2015 Philippe Halsman Archive / Magnum Photos.

L'AIR DU TEMPS

L’homme qui fit sauter Marilyn Monroe

PARIS - Philippe Halsman (1906-1979), Letton passé par Paris avant d’être naturalisé américain, a aussi bien excellé dans la composition surréaliste (Dali Atomicus, Dali en cyclope ou son Cocteau multidisciplinaire à plusieurs mains), dans les manipulations et surimpressions que dans les portraits (Malraux, Warhol, mais Hitchcock à l’oiseau sur le cigare étant probablement le plus célèbre). Photographe au visage sage et aux tenues élégantes, il a même consacré une étonnante vraie-fausse interview à Fernandel. Mais cet artiste insaisissable, aux 101 couvertures de Life, est surtout connu pour sa trouvaille : photographier ses modèles pendant qu’ils bondissent. Laissant « tomber le masque », le duc et la duchesse de Windsor, Audrey Hepburn, Maurice Chevalier ou Richard Nixon s’y prêtent facilement. Marilyn Monroe, que le photographe suit depuis 1949, lui donne bien plus de fil à retordre. Après un premier refus en 1954, la diva se laisse finalement convaincre en 1959. Elle sautera 200 fois en une séance pour finir, évidemment, en couverture de Life…
Philippe Halsmann au Jeu de paume, du 20 octobre 2015 au 20 janvier 2016.

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EXPOSITIONS


Balthus La patience, 1943, huile sur toile, The Art Institute of Chicago, © Balthus.

Balthus, romain

ROME – Il est connu pour ses tableaux d’une grande tension statique, aux adolescentes impudiques, dans des formes inspirées de la Renaissance italienne. Mais Balthus (1908-2001), exemplaire affirmé du cosmopolitisme européen (père polonais, mère russe, enfance à Berlin, maturité parisienne, vieillesse en Suisse) a aussi passé de longues années à Rome. Il a été directeur de la Villa Médicis pendant dix-sept ans, de 1961 à 1977, y menant de pair sa carrière de peintre et la rénovation de l’institution. Deux expositions concomitantes célèbrent ces diverses facettes : ses chefs-d’œuvre (dont La Patience) sont présentés aux Scuderie del Quirinale, sa passion romaine (son travail dans l’atelier, la remise en état des jardins) est documentée, évidemment, à la Villa Médicis.
Balthus aux Scuderie del Quirinale et à la Villa Médicis, du 24 octobre 2015 au 31 janvier 2016.

L'exposition aux Scuderie del Quirinale

Chagall, musicien

PARIS – La Philharmonie, récemment inaugurée après un accouchement compliqué, entend prouver qu’elle a un spectre large, qui ne se réduit pas qu’aux concerts. Elle propose donc une exposition-fleuve - 270 œuvres entre tableaux, dessins, céramiques - qui propose d’analyser le lien de Chagall, artiste mélomane (dans le shtetl de Vitebsk, sa famille comptait plusieurs chantres et violoneux), et la musique, qui ne se réduit pas au plafond de l’Opéra de Paris, peint en 1964. Scandée par quelques moments forts (comme les projets pour Aleko à Mexico en 1942 ou L’Oiseau de feu à New York en 1945), elle présente les études pour les panneaux du Triomphe de la musique au Metropolitan Opera de New York, qui donnent leur nom à l’exposition. Les fameux panneaux du Théâtre juif de Moscou, réalisés dans l’ivresse créatrice des premières années vingt, sont également du voyage…
Marc Chagall, le triomphe de la musique à la Philharmonie de Paris, du 13 octobre 2015 au 31 janvier 2016.

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William Degouve de Nuncques, Jardin mystérieux (Mon jardin), huile sur toile, 1891. Collection particulière © Luc Schrobiltgen, Bruxelles.

Verhaeren, passeur

SAINT-CLOUD - Le titre de l'exposition consacrée à Emile Verhaeren (1855-1916) est bien trouvé : le poète belge fut en effet un passeur remarquable entre la littérature et la peinture, défendant assidûment le postimpressionnisme de Signac et Cross ou le symbolisme de Khnopff et Degouve de Nuncques. Tableaux, dessins et gravures, de van Rysselberghe à Maximilien Luce, documentent ces liens.
Emile Verhaeren, poète et passeur d'art au musée des Avelines, du 15 octobre 2015 au 6 mars 2016.

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VENTES


6 jeux d'épreuves pour Un coup de dés jamais n'abolira le hasard de l'édition définitive chez Vollard (imprimerie Firmin-Didot pour Vollard, juillet-novembre 1897). Estimation : 100 000 à 150 000 €.

Mallarmé, le hasard aux enchères

PARIS - Un coup de dés jamais n’abolira le hasard : le vers est connu et incarne à lui seul la poésie savante et symbolique de Mallarmé. En 1896, le jeune Vollard (à peine âgé de 30 ans) et Mallarmé décident d’en publier une édition illustrée par Odilon Redon, avec l’imprimeur Firmin-Didot. Très exigeant, Mallarmé impose plusieurs versions, dont chacune donne lieu à un jeu d’épreuves en plusieurs exemplaires, qu’il conservait ou confiait à des amis. Redon ne se met au travail qu’au printemps 1898. Coup de théâtre le 9 septembre : Mallarmé meurt. Vollard essaie de mener à son terme une aventure bien mal entamée mais Firmin-Didot ayant détruit les formes typographiques, l’ouvrage ne sortira jamais. Il n’en reste que 18 jeux d’épreuves dont cet ensemble (provenant par descendance de sa fille Geneviève) est le plus complet puisqu’il en comporte six. D’où son estimation : plus de 100 000 euros. Elle est plus sage qu’il n’y paraît : la Bibliothèque nationale de France, qui possède déjà cinq versions, et la vorace Houghton Library de Harvard quatre autres, ne devraient pas enchérir. Mais le manuscrit lui-même (24 pages sur papier quadrillé), dans la même vente, pourrait atteindre le million d’euros…
De la bibliothèque Stéphane Mallarmé chez Sotheby’s le 15 octobre 2015.

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LIVRES

Otto Dix, la grande misère de la guerre

Nombre d’artistes des avant-gardes ont connu l’horreur de la Première Guerre mondiale, de Braque (gazé et trépané) à Frans Marc (tué) en passant par Fernand Léger et Max Pechstein. Parmi ceux qui en ont nourri leur œuvre, Otto Dix occupe une place particulière. Ses gravures consacrées à la Guerre ont connu une lente gestation : il lui faudra un recul de quelques années après son expérience traumatisante (Flandre, Artois, Champagne, front russe, et une blessure au cou), l’apprentissage de la technique de l’eau-forte et la découverte stupéfiante des momies des Capucins de Palerme pour produire son jeu de cinquante gravures, Der Krieg, dont l’Historial de la Grande Guerre à Péronne possède la série complète. Emplie de cadavres, de blessures béantes, de ruines, de tête de mort, elle est publiée en 1924 et lui vaudra l’inimitié persistante du régime nazi. Alors qu’homo sapiens semble être plus que jamais un apôtre du conflit et de la mort et que certains magazines titrent déjà sur une troisième guerre mondiale, elle est plus que jamais d’actualité…
Otto Dix, la guerre, éditions Gallimard, 2015, 144 p., 24 €

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE


Olivier Culmann - THE OTHERS

16 octobre 2015 - CHALON-SUR-SAÔNE - Musée Nicéphore Niépce

Quand un photographe français à Delhi se tire le portrait en Indien...

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BRÈVES

HAMBOURG - Le musée des Arts et Métiers (Museum für Kunst und Gewerbe) est le premier musée allemand à rendre accessible et utilisable par tous son fonds photographique.

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LONDRES - Les foires d'art contemporain Frieze et d'art ancien Frieze Masters se tiennent respectivement du 14 au 17 et du 14 au 18 octobre 2015.

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MELUN - Le musée de la Gendarmerie a ouvert au public le 10 octobre 2015.

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PARIS - La 8e édition du prix Meurice pour l'art contemporain a été attribuée à Saâdane Afif et à la galerie Mehdi Chouakri.

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PARIS - La galerie Rabouan Moussion ouvre le 17 octobre 2015 son nouvel espace au 11 rue Pastourelle (75003 Paris).

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STRASBOURG - La 6e Biennale internationale du verre se tient du 15 octobre au 29 novembre 2015 en Alsace et Lorraine.

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BRUXELLES - La grande exposition du Musée du Cinquantenaire retrace l’évolution des rites funéraires de l’Égypte ancienne, de la préhistoire jusqu’à la période gréco-romaine.

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