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N° 407 - du 12 novembre 2015 au 18 novembre 2015


Auguste Rodin, L'âge d'airain © Agence photographique du musée Rodin, photo J. Manoukian.

L'AIR DU TEMPS

Le musée Rodin fait peau neuve

PARIS – A l’approche de son centenaire (en 2019), le musée Rodin s’est refait une beauté. Trois ans de travaux et 16 millions d’euros ont été nécessaires pour remanier en profondeur le musée préféré des visiteurs étrangers. Dans l’élégant hôtel particulier Biron, les parquets, les lambris, les boiseries, les dorures ont été restaurés, les murs ont abandonné leur blancheur pour des teintes taupe, mettant mieux en valeur marbres et plâtres. Un nouveau mobilier, épuré, a été financé par la fondation Cantor (l’un des principaux collectionneurs de Rodin, qui conservait de nombreuses œuvres au dernier étage du World Trade Center, au siège de Cantor Fitzgerald, qui perdit 658 employés le 11 septembre 2001). La métamorphose va au-delà du seul bâtiment. Des espaces nouveaux ont été libérés. Ils permettent d’exposer davantage de dessins et, surtout, de faire apparaître d’autres pans de la personnalité de l’artiste : son environnement de travail (une pièce est reconstituée comme dans les années 1910), son goût pour l’antique (avec un cabinet de curiosités réunissant de nombreux fragments), et son intérêt pour l’art de ses collègues : sa remarquable collection de peinture compte la bagatelle de 200 œuvres, notamment des Renoir, Munch, Van Gogh (Le Père Tanguy, Les Moissonneurs), Monet (Belle-Ile)…
• Le musée Rodin rouvre au public le 12 novembre 2015.

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EXPOSITIONS


Giorgio de Chirico, Les Muses inquiétantes, 1918, huile sur toile. Collection particulière. © SIAE 2015.

De Chirico, métaphysicien

FERRARE – En 1917-1918, se joue à Ferrare une saison importante des avant-gardes. Dans la ville de Romagne, où vient à peine de naître Giorgio Bassani (futur auteur du Jardin des Finzi-Contini), deux jeunes artistes-soldats soignent leur névrose de guerre à l’hôpital psychiatrique de Villa del Seminario. Ils en profitent pour donner libre cours, en une sorte de dialogue, à leur inspiration picturale. Places vides, peuplées de statues et de mannequins aux ombres inquiétantes, cheminées d’usine avec, parfois, la masse reconnaissable du château des Este, et absurdes objets de compagnie – quilles, boules et bobines de fils – occupent leurs toiles. Le premier est Giorgio de Chirico, revenu en 1915 de sa Grèce natale avec son frère Alberto Savinio. L’autre est Carlo Carrà. Rejoints par quelques autres compagnons, comme Morandi, les visions oniriques de ces années donneront naissance à une forme particulière de l’art moderne, la peinture métaphysique. Près de 70 toiles, provenant de musées européens, font revivre cette brève époque qui garde tout son pouvoir d’étrangeté.
De Chirico a Ferrara, Metafisica e avanguardia au Palazzo dei Diamanti, du 14 novembre 2015 au 28 février 2016.

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Calder, Black Widow, 1948, fil et métal peint, 325,1x251,5 cm, Instituto de Arquitetos do Brasil-Departamento de São Paulo. Photo R. Pic

Calder en mouvement

LONDRES – Le nom de Calder est immanquablement associé à celui de « mobile » (un terme inventé par Duchamp). Comment s’est construite cette association ? Ce que montre l’exposition, c’est qu’elle n’était pas programmée d’avance : c’est la rencontre avec Mondrian à l’automne 1930 qui met Calder sur cette nouvelle voie. L’artiste américain installé à Paris était à l’époque tout entier dans sa passion pour le cirque (qui ne le quittera jamais), et qui lui faisait notamment construire d’étonnants personnages en fil de fer - dont Josephine Baker en aztèque ou Fernand Léger. Passé cette date, Calder verse dans ce qui fera sa célébrité : les formes abstraites, solidaires et indépendantes, suspendues, orbitales, oscillantes… Fondée sur d’importants prêts de la Fondation Calder de New York, l’exposition suit ce parcours jusqu’en 1948, date d’une grande Veuve noire, qui n’avait jamais quitté son port d’attache, l’Institut des architectes brésiliens à São Paulo. On y voit aussi cet Univers, qui fascina Einstein, lequel l’observa, dit-on, pendant quarante minutes… Les temps ont changé : les installations que l’on pouvait autrefois manipuler comme Small Sphere and Heavy Sphere de 1932, sont désormais intouchables, celles qui obéissent à des moteurs ne sont mises en mouvement que très rarement. La rançon de la gloire…
Alexander Calder, Performing Sculpture à la Tate Modern, du 11 novembre 2015 au 3 avril 2016.

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Andrzej Wróblewski, Chauffeur bleu, 1948, Collection particulière, Varsovie. © Courtesy Andrzej Wróblewski Foundation

Wróblewski, étoile filante

MADRID – Rideau de fer oblige, notre connaissance de la peinture d’Europe centrale et orientale au XXe siècle est balbutiante. Entre les avant-gardes des années vingt et le conceptuel des années soixante, s’étend une longue période obscure. Certains auteurs resurgissent au hasard des expositions : c’est le cas du météore Andrzew Wróblewski, considéré en Pologne comme un peintre majeur de l’après-guerre. Sa courte vie (1927-1957), tronquée par une chute en montagne, lui a cependant laissé le temps de vivre les principaux bouleversements du siècle : la crise économique, la guerre, le stalinisme. Marqué par la brutalité de l’invasion allemande, puis adepte du réalisme socialiste, il prendra juste avant sa mort de la distance avec cet engagement. Grand coloriste, figuratif avec des incursions dans l’abstrait, il a produit une œuvre qui fait écho à d’autres obsessions du XXe siècle, chez Dix, Chirico voire Hopper : la souffrance, la solitude, l’incommunicabilité… L’exposition présente notamment ses peintures à double face, qui rejettent l’idée de cimaises, chaque côté répondant à l’autre.
Andrzej Wróblewski. Verso/Reverso au Palacio de Velázquez, du 17 novembre 2015 au 28 février 2016.

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PHOTOGRAPHIE


Lucien Clergue, Habillé de lumière, Santa Barbara, galerie Bernheimer Fine Art

Paris Photo, l'âge de la majorité

PARIS – Ils sont 174, entre galeries et éditeurs, venus de 34 pays (dont 27 d’Amérique et 1 d’Estonie) : Paris Photo, pour ses 18 ans (et sa 19e édition), est une plus grosse machine internationale que jamais (le dossier de presse est d’ailleurs rédigé pour l’essentiel en anglais). Sous la voûte du Grand Palais, on verra des ténors du secteur (de Greenberg au Réverbère, de Magnum à Zander), l’habituel gros plan sur une collection (celle de l’Italien Enea Righi, manager dans l’industrie hospitalière) et un bon volet consacré aux livres (notamment avec le prix Aperture). Mais aussi de nouvelles sections comme Prismes, qui permet d’exposer de très grands formats et de longues séries (par exemple 2000 polaroïds d’Araki), et Book Machine, qui proposera l’édition en direct de 30 livres par de jeunes graphistes. Et une exposition thématique sur l’eau et la photo (financée par Giorgio Armani), une section de la collection JP Morgan (lequel banquier finança il y a un siècle le grand opus d’Edward S. Curtis sur les Indiens), le prix BMW… Face à la concurrence, les foires mondiales sont tenues de renouveler en permanence leur offre et de manipuler des budgets toujours plus importants.
Paris Photo se tient du 12 au 15 novembre 2015 au Grand Palais.

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A voir aussi

• Le salon Fotofever au Carrousel du Louvre, du 13 au 15 novembre 2015

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• Le salon What’s Up Photodoc à la Bellevilloise, du 12 au 15 novembre 2015

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• La collection Shpilman en vente chez Christie’s Paris les 13 et 14 novembre 2015

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• La « collection interdite » de Pierre Molinier et Emmanuelle Arsan en vente chez Artcurial le 13 novembre 2015

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• La vente « Back to Black » chez Sotheby’s Paris le 13 novembre 2105

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• La vente de photographies sur le thème du cinéma chez Kapandji Morhange le 13 novembre 2015

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• La vente de livres de photographie chez Ader le 15 novembre 2015

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE


PIA RÖNICKE - The Pages of Day and Night

12 novembre 2015 - PARIS - gb agency

Une réflexion sur le destin de la banque de graines d'Alep, transférée en grande partie au Seed Global de Svalbard (Norvège)

Tous les vernissages de la semaine

LIVRES

Photo, le grand jeu

On a coutume de penser que l’expérimentation photographique (collages, rayogrammes et autres surimpressions) date de Dada et du surréalisme, que ses premiers grands prêtres furent Man Ray, Raoul Hausman ou Georges Hugnet. En réalité, comme le montre cet ouvrage illustré d’images peu connues (beaucoup sont anonymes), les expérimentateurs de tout poil n’ont pas attendu la bande à Breton pour se déchaîner. Portraits à double tête, jeux de miroir déformants, spectres, montages, cartes postales fantaisie, tir photographique des stands forains : la typologie est abondante. Bien évidemment, les années de l’entre-deux-guerres furent un âge d’or, par les imbrications étroites entre photographie et littérature. La « récréation photographique » attire alors aussi bien des peintres (Brauner, Magritte) que des gloires établies comme Cartier-Bresson ou Berenice Abbott. Aujourd’hui ? L’extrême facilité de la manipulation et de la transformation d’images semble l’avoir paradoxalement fait entrer dans une certaine phase de stérilité même si certains praticiens comme Plonk et Replonk entretiennent brillamment le filon…
Avant l’avant-garde, par Clément Chéroux, Textuel, 2015, 288 p., 69 €.

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EN BREF

BÂLE – La Basel Ancien Art Fair, consacrée à l’art ancien, se tient du 13 au 18 novembre 2015.

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FONTAINEBLEAU – Le musée chinois de l’impératrice Eugénie rouvre au public le 14 novembre 2015.

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ISTANBUL – La foire d’art contemporain Contemporary Istanbul se tient du 12 au 15 novembre 2015.

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NAMUR – Le salon d’art ancien Antica Namur se tient du 14 au 22 novembre 2015.

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NEW YORK – Un Nu couché de Modigliani, a été adjugé 170,4 millions $ chez Christie’s le 9 novembre 2015, devenant le deuxième tableau le plus cher de l’histoire aux enchères après Les Femmes d’alger de Picasso, adjugé 179,4 millions $ en mai dernier, également chez Christie’s.

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PARIS – Le salon Paris Tableau, consacré aux maîtres anciens, se tient au Palais de la Bourse, du 11 au 15 novembre 2015.

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PARIS – Le cinéma La Pagode, célèbre salle de cinéma, a fermé pour une durée indéterminée le 10 novembre 2015.

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VÉRONE - Le Museo degli Affreschi, qui conserve un millénaire de fragments peints à côté de la tombe de Juliette, rouvre le 15 novembre 2015 après une campagne de restauration.

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