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N° 408 - du 19 novembre 2015 au 25 novembre 2015


La tour Eiffel, mercredi 18 novembre 2015. Photo R. Pic

L'AIR DU TEMPS

Lettre de Paris

Après les événements dramatiques du vendredi 13, il peut sembler bien futile de parler d’art. N’est-ce pas un luxe quand d’autres pleurent leurs morts ? En réalité, et ces victimes innocentes auraient sans doute partagé ce sentiment, la culture n’est pas qu’un passe-temps. C’est l’expression aboutie de la liberté de penser et de créer, de ce que l’homme peut produire de plus universel. Tout ce que la mouvance intégriste voudrait voir disparaître. A notre connaissance, pas de musées, pas d’expositions, pas de festivals de cinéma, pas de publications libres du côté des djihadistes, pas même le droit de chanter les airs que l’on aime - le film Timbuktu évoquait, en quelques scènes fortes, cette censure butée, brutale et omniprésente. En annonçant, dimanche soir, leur réouverture après deux jours de fermeture, la ministre Fleur Pellerin rappelait que les établissements culturels sont des lieux indispensables de découverte, de rassemblement, d’échange. Des oasis régulièrement menacées… « Mort à l’intelligence ! » hurlait Millán Astray, le chef de la Légion pro-franquiste à la conclusion d’un discours critique d’Unamuno à l’université de Salamanque, le 12 octobre 1936. Que l’on ait conscience que ce bonheur de déambuler librement au milieu d’œuvres d’art de tous les peuples, de choisir librement un livre, un film ou un concert n’a pas été un don mais une conquête chèrement acquise. A défendre comme l’un des symboles les plus forts de la démocratie...

EXPOSITIONS


P. Saltini, Simon Memmi fait le portrait de Laura à la demande de Pétrarque, 1863, Galleria Palatina, Florence.

Florence, une autre capitale

FLORENCE – Qui se souvient que la capitale de la Toscane fut aussi celle de l’Italie ? Ce ne fut qu’un très bref passage de témoin depuis Turin en attendant que Rome soit arrachée au pape : cinq petites années (1865-70), pendant lesquels le roi Victor-Emmanuel II s’installa sur les bords de l’Arno, au palais Pitti. Pour fêter le 150e anniversaire de l’événement, l’exposition s’attache à reconstituer l’environnement d’un monarque soucieux de montrer son attachement au génie local. Mobilier, orfèvrerie, objets d’apparat sont rassemblés dans les appartements mêmes de Victor-Emmanuel (dits de la Duchesse d’Aoste), accessibles pour l’occasion. Des tableaux aussi : et l’on est forcé de considérer que, s’il s’intéressa à l’école novatrice des macchiaioli, ce sont surtout les troubadours et les pompiers qui avaient sa faveur, qui s’attachaient à reproduire un passé idéal peuplé de poètes et de donzelles, dans un décor de cyprès, de fresques et de fontaines. Carte postale, quand tu nous tiens…
Firenze capitale 1865-2015, i doni e le collezioni del re à la Galleria d’arte moderna, du 19 novembre 2015 au 3 avril 2016.

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Louis-François Cassas, Vue de la ville et du port de Trieste, plume, encre et aquarelle, 24,6 x 40,6 cm. © Londres, Victoria and Albert Museum.

Cassas, un fou d’Italie

TOURS - Dans la pléthorique famille « Voyage en Italie », nous avons Poussin, Lorrain, Fragonard, Géricault, Ingres, Corot, Viollet-le-Duc… Bien peu pensent à Louis-François Cassas (1756-1827). Malgré son actuel déficit de notoriété (en partie dû à son statut de seul dessinateur), il fut un voyageur émérite, passant au total une décennie en Italie. Lors de son premier séjour (1778-1783), il roula de Rome à Naples (où il assista à une éruption du Vésuve), de Trieste à la Sicile. Lors du second (1787-1792), en provenance de Turquie où il accompagnait le comte de Choiseul-Gouffier, ambassadeur à Constantinople, il s’établit à Rome, où il se maria avec une femme du cru. Ses aquarelles topographiques mais pleines d’atmosphère (monuments, paysages), sa participation au Voyage pittoresque de l’abbé de Saint-Non, l’admiration d’amateurs comme Goethe firent de lui une célébrité de l’époque. La connaissance de l’artiste continue de progresser : on a récemment trouvé dans la collection anglaise du marquis de Bristol une cinquantaine de feuillets qui constitueront la moitié des œuvres présentées.
Voyages en Italie de Louis-François Cassas au musée des Beaux-Arts de Tours, du 21 novembre 2015 au 22 février 2016.

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Camille Corot, Marietta, l'odalisque romaine, 1843, huile sur papier collé sur toile, 29 x 44 cm. Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, © Petit Palais / Roger-Viollet.

Hugo et l’amour

PARIS – Qu’il fût un amateur du beau sexe, on le savait ! Ses amours sont nombreuses et souvent dévorantes, parfois scabreuses. Il partagea avec son fils les faveurs de la courtisane Alice Ozy et fut pris en flagrant délit d’adultère avec Léonie d’Aunet (connue pour son voyage aventureux au Spitzberg), laquelle finit brièvement en prison. Pourtant, malgré cette aura, Victor Hugo s’est montré particulièrement chaste dans ses écrits - en un siècle qui ne l’était pas vraiment -, et presque autant dans ses dessins. Pour faire revivre son appétit érotique, l’exposition a donc dû piocher dans d’autres sources : de belles odalisques de Corot ou Deveria, des nudités pompières (Cabanel), des marbres de Rodin et Pradier, des aquarelles osées de Félicien-Rops et quelques photos de dames alanguies par Félix Moulin ou Vallou de Villeneuve.
Eros Hugo, entre pudeur et excès à la Maison de Victor Hugo, du 19 novembre 2015 au 21 février 2016.

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LIVRES

L’esprit des ruines

On sait qu’une ville peut être meurtrie sans que ses bâtiments en souffrent – le Paris du 11 janvier et du 13 novembre 2015 en est l’exemple le plus récent. Mais l’histoire montre d’innombrables exemples où la cicatrice psychologique s’accompagne de destructions matérielles – un autre cas contemporain vient à l’esprit, celui de Palmyre. La publication des actes d’un colloque de 2013 au Louvre tombe à point : il étudie l’image de la ville en ruine – sa restitution par les peintres, son interprétation symbolique par les poètes, son utilisation par les politiques. Du Sac de Carthage (146 av. J.-C.-) à celui de Rome (1527), de la fin de Pompéi (79 av. J.-C.) à celle de Dresde (1945), les ruines ont suscité horreur, pénitence, compassion, mais aussi mélancolie méditative (les tableaux d’Hubert Robert) ou exaltation nationaliste (le thème de la cathédrale de Reims bombardée par les Allemands en 1914). Les savantes contributions n’augurent rien de bon : elles nous rappellent que les villes sont mortelles et que leurs habitants sont confrontés régulièrement à des scènes de désolation.
Villes en ruine, sous la direction de Monica Preti et Salvatore Settis, Hazan, 2015, 320 p., 35 €.

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE


BENOIT HUOT - Culte

19 novembre 2015 - PARIS - Galerie Eva Hober

Une interrogation sur ce qui nous distingue ou nous rapproche de l'animal

Notre sélection de nouvelles expositions

EN BREF

COLOGNE – Le salon Cologne Fine Art, qui couvre toutes les époques, de l’Antiquité à l’art contemporain, se tient du 18 au 22 novembre 2015.

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LIANZHOU – Le festival international de la photographie se tient du 21 novembre au 10 décembre 2015.

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PARIS – Pierre Bergé a retiré 4 ouvrages de la vente de sa bibliothèque (orchestrée en plusieurs vacations, la première le 10 décembre 2015 à Drouot) pour en faire don à des institutions ou, dans le cas du manuscrit de Nadja d’André Breton, pour le vendre directement à la Bibliothèque nationale de France (estimation : 2,5 millions €).

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SARCELLES – La 17e Biennale internationale de la gravure se tient du 21 novembre au 6 décembre 2015.

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SINGAPOUR – La National Gallery, qui possède une collection de 8000 peintures et dessins d’artistes de Singapour et d’Asie du Sud-Est, est inaugurée dans le bâtiment de l’ancienne Cour suprême le 24 novembre 2015.

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