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N° 425 - du 31 mars 2016 au 6 avril 2016


Henri Rousseau, dit Le Douanier Rousseau (1844-1910), Les joueurs de football, 1908, huile sur toile, 100,3 x 80,3 cm. New York, Solomon R. Guggenheim Museum © The Solomon R. Guggenheim Foundation / Art Resource, NY, Dist. RMN-Grand Palais.

L'AIR DU TEMPS

Rousseau, douanier le plus célèbre du monde

PARIS – Il n’était en rien douanier mais la gouaille de ses amis lui a laissé ce titre pour la postérité. Simple employé à l’octroi, du temps qu’on contrôlait encore les marchandises aux barrières de Paris, Henri Rousseau (1844-1910) s’est mis sur le tard à la peinture et est devenu un peu malgré lui le chouchou des avant-gardes 1900. Tout échauffé par les marques d’estime, notamment lors du fameux banquet offert par Picasso en 1908, il lancera à l’Andalou cette immortelle apostrophe : «Nous sommes les plus grands peintres du monde, toi dans le style égyptien, moi dans le style moderne». Le musée d’Orsay, après le musée Correr à Venise, découpe l’art du Douanier en thématiques plutôt qu’en tranches chronologiques et établit des passerelles intéressantes avec d’autres artistes, des naïfs américains à Kandinsky, Carrà ou Victor Brauner (qui occupa son dernier atelier, rue Perrel dans ce 14e arrondissement où il passa l’essentiel de sa vie). La nature sauvage et fantasmée est évidemment ce qui a le plus marqué ses contemporains et l’on est heureux de pouvoir s’attarder devant le grand Rêve venu du MoMA. Salgari avait écrit ses histoires de pirates malais sans quitter Turin, Rousseau a immortalisé une idée de la jungle (notamment dans la fameuse Charmeuse de serpents, commandée par la mère de Robert Delaunay), sans avoir dépassé le Jardin des Plantes. L’imagination n’a parfois besoin que de voyages intérieurs…
Le Douanier Rousseau. L’innocence archaïque au musée d’Orsay, du 22 mars au 16 juillet 2016.

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EXPOSITIONS


Edward Hopper, South Carolina Morning, 1955, huile sur toile, 77,2x102,2 cm, New York, Whitney Museum of American Art; donné en mémoire d'Otto L. Spaeth par sa famille © Whitney Museum of American Art, N.Y.

Hopper, étrange réalité

BOLOGNE – On ne se lasse pas de revoir ses scènes hyperréalistes et pourtant si dérangeantes, son «inquiétante étrangeté» cousine de celle de Chirico et du Douanier Rousseau). Edward Hopper (1882-1967) est présenté au Palazzo Fava en une soixantaine d’œuvres qui résument son parcours, des premiers essais des années 1900, quand il était à Paris (notamment l’escalier du 48, rue de Lille, où se trouve l’église baptiste, le Louvre ou un guéridon de bistrot le long de la Seine…) jusqu’aux icônes américaines : femmes décolletées sur le pas de leur porte (South Carolina Morning), bars de nuit ou pavillons de banlieue au soleil (Second Story Sunlight). La rétrospective puise dans le fonds colossal du Whitney Museum, à qui la veuve de l’artiste légua l’intégralité de sa collection. Cette exposition consensuelle devrait faire oublier les polémiques sur l’autre événement en cours dans la capitale émilienne, « Street Art & Co » au Palazzo Pepoli, qui a déchaîné la colère du grapheur Blu. Fustigeant la récupération commerciale de l’art urbain, il a effacé ses propres fresques dans la ville.
Edward Hopper à Palazzo Fava, du 25 mars au 24 juillet 2016.

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Caillebotte, la main verte

GIVERNY – On le connaît pour ses boulevards, pour ses gares, pour ses raboteurs de parquet dans de beaux appartements parisiens. Beaucoup moins pour ses fleurs et ses frondaisons. Gustave Caillebotte a pourtant été un amoureux de la nature, et pas que par l’intermédiaire de ses canotiers du bois de Boulogne. Propriétaire d’un beau jardin qu’il soignait assidûment, il ne s’est pas lassé de l’immortaliser. Le musée des impressionnismes le rappelle avec 80 œuvres. Du 25 mars au 3 juillet 2016.

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Devoir de mémoire

MANTOUE – La reprise de Palmyre est une bonne accroche pour cette exposition au Museo Archeologico Nazionale qui, sous le titre explicite de « Sauver la mémoire », pose la question du patrimoine menacé. Folie des hommes (guerres, attentats, fanatisme religieux) mais aussi tremblements de terre ou inondations (comme à Florence en 1966) : autant de cas extrêmes face auxquels les hommes n’ont pas de réponse toute prête… Du 24 mars au 5 juin 2016.

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Impressionnisme, la filière anglaise

PARIS – Les impressionnistes, filleuls de Turner et Bonington ? C’est ce que défend l’exposition « L’Atelier en plein air », au musée Jacquemart-André, qui montre l’influence des maîtres d’outre-Manche sur la genèse du mouvement, dans les lumières de Normandie, dès les années 1820. Avec Gauguin, Friesz, Boudin, Courbet, Pissarro, Monet et les moins connus Anquetin et Dubourg en maîtres d’œuvre. Du 18 mars au 25 juillet 2016.

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VENTES


Bernard Boutet de Monvel, Autoportrait, place Vendôme, huile sur toile, 107.4 x 89,2 cm. Estimation : 200 000 – 300 000 €. Photo : Sotheby’s / Art digital studio.

Boutet de Monvel, élégance surannée

PARIS - Il fut l’un des artistes emblématiques de l’Art déco et un favori de la haute société internationale, immortalisant aussi bien les maharajahs que les barons de l’industrie américaine, et fréquentant les grands couturiers de son temps, de Jeanne Lanvin à Paul Poiret. Mais Bernard Boutet de Monvel est peut-être plus connu pour avoir péri dans l’avion maudit qui s’écrasa aux Açores avec Marcel Cerdan et Ginette Neveu à son bord, le 28 octobre 1949. Une partie de la collection conservée dans son hôtel particulier du VIIe arrondissement est mise en vente par ses héritiers. Son monde épuré, aux lignes cristallines, d’une élégance évoquant les fantômes de la Belle Epoque, s’est exprimé aussi bien dans des toiles (notamment des portraits) que dans les meubles qu’il dessinait lui-même. Grand voyageur, aussi à l’aise à New York (de préférence chez les Vanderbilt ou les Astor) qu’à Paris (de préférence au Ritz), il incarne une société cosmopolite et racée, mais aussi pétrie d’art et de culture classique, qui se cherche encore ses successeurs.
Collection Boutet de Monvel chez Sotheby’s les 5 et 6 avril 2016.

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LIVRES

Eloge de la ligne

Dans une langue élégante, l’auteur, qui a commencé sa carrière au Cabinet des estampes de Genève avant d’être conservateur de diverses institutions suisses (dont la collection Planque, déposée jusqu’en 2025 au musée Granet d’Aix-en-Provence), transmet son amour du dessin et de cet art si « grammatical » de la gravure, qui obéit à une syntaxe précise de lignes, de morsures, de traits. A côté de stars de la discipline – Rembrandt ou Lorrain – on découvre des semi-oubliés comme Claude Mellan (XVIIe siècle), virtuose des lignes qui ne se croisent jamais ou Albert-Edgar Yersin, graveur émérite de timbres et billets de banque, une discipline exigeante mais n’offre pas la célébrité… Quelques coups de gueule ponctuent cette promenade, tel celui consacré aux prix stratosphériques des sculptures de Giacometti, artiste ennemi des jouissances matérielles. Par l’entremise du marché, son œuvre rejoint les bulbes de tulipe du Siècle d’or hollandais dans le catalogue des spéculations insensées.
L’univers comme alphabet, par Florian Rodari, Gallimard, 2016, 264 p., 23 €.

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE


JOSEF CZAPSKI

5 mars 2016 - PARIS - Bibliothèque polonaise

Un important peintre polonais du XXe siècle, peu connu en dehors de son pays

Notre sélection de nouvelles expositions

EN BREF

GENÈVE – Pour le 20e anniversaire de l’ONG Art for the World, l’artiste Ulay donne le 5 avril 2016 au musée d’Art et d’Histoire la performance Invisible Opponent, qui revient sur Balance Proof, qu’il y avait donné il y a 39 ans avec sa compagne de l’époque, Marina Abramovic.

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MILAN – La 21e Triennale de design se tient du 2 avril au 12 septembre 2016.

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PARIS – Art Paris, salon d’art moderne et contemporain, se tient au Grand Palais du 31 mars au 3 avril 2016, avec la Corée en pays invité.

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PARIS – Le salon PAD (de l’art ancien au design) se tient du 31 mars au 3 avril 2016 aux Tuileries.

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PARIS – La canopée des Halles, des architectes Berger et Anziutti, est inaugurée le 6 avril 2016.

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