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N° 456 - du 12 janvier 2017 au 18 janvier 2017


Alberto Martini, Portrait de Wally Toscanini, 1925, pastel sur papier, 131 x 204 cm, collection particulière (exposition Art déco in Italia, Museo San Domenico, Forlì).

L'AIR DU TEMPS

15 expositions que nous attendons avec impatience

A chaque nouvelle année sa tradition : faire la liste des rendez-vous à ne pas manquer. En nous limitant au seul hiver, la tâche est déjà rude. Jusqu’au 21 mars, voici donc une sélection d’expositions qui sont susceptibles de faire du bruit, ou d’attirer le regard sur des artistes restés trop longtemps dans l’ombre. A notre habitude, nous nous voulons européens (valeur décriée mais pas de notre côté !), et partisans du grand écart, dans une chevauchée qui brasse allègrement les siècles !

ART ANCIEN


Johannes Vermeer, La Laitière, vers 1657-1658. Huile sur toile. 45,5 x 41 cm. Amsterdam, Rijksmuseum © Amsterdam, The Rijksmuseum.

Vermeer mène la charge

Le Louvre frappe un grand coup en ouvrant le même jour (22 février, jusqu’au 22 mai) deux expositions majeures. La plus médiatique est probablement celle qui est consacrée à Vermeer, le peintre aux 37 tableaux, celui qui fit vibrer Proust (mais aussi Goering) et qui donna lieu à la plus rocambolesque série de faux, de la main de Van Meegeren. L’accrochage d’une douzaine d’œuvres, une broutille pour n’importe quel autre artiste, représente ici un exploit. Mais les amateurs sont tout autant alléchés par l’autre affiche : Valentin de Boulogne est le plus grand caravagesque français avec Georges de La Tour, lequel a tiré à lui la couverture de la notoriété. Les deux artistes du XVIIe siècle sont morts à peine quadragénaires, tout comme Sinibaldo Scorza, un des exposants de la riche peinture baroque génoise, qui excelle dans les scènes mythologiques et les animaux bigarrés (Palazzo Meridiana à Gênes, du 10 février au 4 juin 2017).

ART MODERNE


Claude Monet, En Norvégienne, environ 1887, huile sur toile, Musée d'Orsay, Paris, legs de la Princesse Edmond de Polignac, 1947 © RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski.

Dans le sillage de Monet

On se souvient de l’exposition au Grand Palais à Paris, ouverte 24 heures sur 24 dans la dernière ligne droite, et qui attira plus de 900 000 personnes à l’hiver 2010-2011. La Fondation Beyeler à Bâle (du 22 janvier au 28 mai 2017) devrait aussi faire le plein avec la rétrospective Monet qu’elle organise pour fêter ses 20 ans : elle réunit 63 œuvres du peintre impressionniste, qui fut abondamment traité par Ernst Beyeler dans sa vie de galeriste. Un compagnon de route, Pissarro, sera accueilli au musée Marmottan (23 février au 2 juillet 2017) pour un rassemblement tout aussi riche. D’autres stars devront se contenter d’éclairages moins tonitruants, comme Picasso abordé par le biais de sa première épouse, Olga Picasso (Musée Picasso, du 21 mars au 3 septembre)

ART SPOLIÉ


Ernst Ludwig Kirchner, La rue, Berlin, 1913, The Museum of Modern Art, New York, © 2016, Digital image, The Museum of Modern Art, New York / Scala, Florence.

L'art victime des nazis

La traque des tableaux spoliés continue et le destin des collections mal acquises sous le IIIe Reich continue de faire débat. En attendant la présentation au musée de Berne de la colossale collection Gurlitt, mettant un terme provisoire à un long feuilleton judiciaire, on pourra revivre cette époque avec 21, rue La Boétie, qui montre au musée Maillol (du 2 mars au 23 juillet 2017) le destin de la collection du marchand Paul Rosenberg. Parmi les artistes qui eurent à souffrir la persécution figure l’un des grands expressionnistes, à la palette colorée, aux forts cernes noirs qui rappellent la xylographie : Ernst Ludwig Kirchner. Le Kunsthaus Zurich (du 10 février au 7 mai 2017) montre sa période berlinoise de la Première Guerre mondiale quand il croque la vie nocturne, la truculence et les excès de la grande ville. A Cologne, le musée Ludwig se penche sur le cas d’Otto Freundlich (1878-1943), qui paya un lourd tribut à la folie nazie. Après avoir longtemps vécu en France, il fut déporté et mourut dans le camp de Majdanek tandis qu’une grande partie de son œuvre disparut dans les autodafés, dont sa fameuse tête « primitive », qui servit de couverture au fascicule de l’exposition de 1937 sur l’art « dégénéré » (du 18 février au 14 mai 2017).

MOUVEMENTS ET COURANTS


Boris Mikhailovich Kustodiev, Bolchevik, 1920, huile sur toile, 101 x 140.5 cm. © et photo Galerie nationale Trétiakov.

Le goût des aventures collectives

Collectionneurs, unissez-vous ! C’est le message qui affleure dans l’exposition Mad About Surrealism au musée Boijmans van Beuningen de Rotterdam (du 11 février au 28 mai 2017) qui étudie les débuts du surréalisme par le biais de quatre collections primées rarement montrées, dont celles de Roland Penrose, époux de Lee Miller et biographe de Picasso, et d’Edward James, mécène qui se fit bâtir une étonnante maison-jardin au Mexique. Art déco in Italia au musée San Domenico de Forlì (du 11 février au 18 juin 2017) qui remet en lumière le style phare des années vingt et trente dans sa version transalpine, élégante et racée. Autre exposition sur un mouvement collectif, Revolution: Russian Art 1917-1932 à la Royal Academy de Londres (11 février au 17 avril 2017) décortique quinze ans majeurs, entre la guerre et le début des purges staliniennes, avec des artistes aussi variés que Deineka, Malevitch, Chagall.

DESTINS INDIVIDUELS


Eli Lotar, Portrait de l’actrice Wanda Vangen, 1929, épreuve gélatino-argentique d’époque, 24 x 17,9 cm. Achat en 1992, collection Centre Pompidou, Paris, MNAM-CCI. © Eli Lotar.

Trois fortes têtes

Il a le nom d’un chanteur yéyé mais il est mort bien avant la société de consommation. Comme ses contemporains européens Braque, Léger, Boccioni, Dix ou Frans Marc, le Malinois Rik Wouters a connu les horreurs de la guerre. Il n’en est pas mort mais le cancer s’en est chargé dans le sinistre millésime 1916, quand lui-même n’avait que 34 ans. A Bruxelles, les Musées royaux des beaux-arts rappellent le destin fulgurant de ce fauve proche d’Ensor (du 10 mars au 2 juillet 2017). Fortunato Depero (1892-1960), plus jeune d’une décennie, a, lui, survécu aux deux conflits mondiaux, connu l’exaltation du futurisme, avant de tomber dans une forme de purgatoire. Véritable homme orchestre capable de manier tous les arts, de la tapisserie à l’affiche publicitaire, de la mode au théâtre, il est l’hôte de la fondation Magnani Rocca, près de Parme (du 18 mars au 2 juillet 2017). A Paris, le Jeu de paume (du 14 février au 28 mai 2017) fait bien de mettre en avant un photographe inclassable. D’origine roumaine, aussi débridé et cosmopolite que ses compatriotes Ionesco, Brassaï ou Tzara, Eli Lotar (1905-1969) a travaillé avec Luis Buñuel, Georges Bataille ou Antonin Artaud. Sa série sur les abattoirs de la Villette a conservé une puissance étonnante mais sa créativité s’est incarnée dans bien d’autres directions.

LIVRES

Vous reprendrez bien un peu de ségrégation

Lorsqu’elle a été programmée, l’exposition Color Line au musée du quai Branly ne faisait pas particulièrement écho à l’actualité si l’on excepte les épisodes répétés de bavures policières contre des Noirs. Avec l’élection de Donald Trump et l’émergence des « White Supremacists », la perspective d’un procureur général ultra-conservateur d’Alabama (Jeff Sessions), elle prend une dimension visionnaire : l’histoire nous a appris qu’elle n’aime rien tant que se répéter. Le catalogue explique de fond en comble ce qu’est cette Color Line (la ligne de la couleur, ou ségrégation), et comment elle est née d’un événement a priori encourageant (la victoire du Nord dans la guerre de Sécession et l’abolition de l’esclavage). Les sinistres incarnations du « Separate But Equal », la longue lutte de WEB Du Bois et Luther King, les héroïsmes anonymes ou médiatisés (Rosa Parks) ont nourri pendant un siècle l’inspiration d’artistes ostracisés, qui ont connu dans les dernières décennies une reconnaissance accélérée (en termes de visibilité mais aussi, c’est inévitable, de valeur de marché). Le Ku Klux Klan et les groupes de l’Alt-Right redeviennent conquérants : l’exposition se voulait rétrospective, espérons qu’elle ne soit pas un manuel de choses à venir.
Color Line, sous la direction de Daniel Soutif, Flammarion/Musée du quai Branly, 2016, 400 p., 49 €.

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