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N° 457 - du 19 janvier 2017 au 25 janvier 2017


Gillo Dorfles, Vitriol, dessin, 2016. Courtesy Triennale di Milano.

L'AIR DU TEMPS

La vie commence à 100 ans

A en croire Hérodote, chez les Perses, le terme extrême de la vie était fixé à 80 ans, mais il était de 110 ou 120 ans chez les Egyptiens. Quand aux Ethiopiens Longues-Vies, leur extrême durabilité était inscrite dans leur nom ! Il faut croire que, dans nos sociétés évoluées, peindre et dessiner est un bon viatique pour nous rapprocher de ces modèles antiques. Si l’histoire moderne nous fournit quelques exemples d’intellectuels centenaires (Fontenelle, Chevreul), jamais ils ne semblent avoir été aussi nombreux. Les années passés ont vu disparaître des géants comme les photographes Manuel Alvarez-Bravo (en 2002, à 100 ans) et Horacio Coppola (à presque 106 ans, en 2012), l’architecte Oscar Niemeyer (en 2012, à 104 ans) ou Manuel de Oliveira (en 2015, à 106 ans), ou, moins connus, le peintre suisse Hans Erni (totalement contemporain d’Oliveira !) et Dorothea Tanning (en 2012, à 101 ans), qui fut l’épouse de Max Ernst. Tous semblent avoir été actifs jusqu’à leur dernier souffle. Le flambeau est actuellement porté avec panache par le Triestin Gillo Dorfles. Connu comme un historien de l’art à qui l’on doit notamment la popularisation du concept de kitsch, il a toujours créé, parallèlement à son travail de critique. Il vient d’inaugurer, la semaine dernière, à la Triennale de Milan, une exposition de ses dernières œuvres. Des dessins nerveux, vite brossées, autour d’un personnage intitulé Vitriol, qui renvoie à la pierre philosophale des alchimistes. Gillo Dorfles fêtera ses 107 ans le 12 avril prochain…
Gillo Dorfles, Vitriol, à la Triennale, du 13 janvier au 5 février 2017

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TROIS CENTENAIRES À REDÉCOUVRIR


Carmen Herrera, Iberic, 1949, acrylique sur toile marouflé sur carton, diamètre : 101,6 cm. Courtesy l’artiste et Lisson Gallery © Carmen Herrera

Carmen Herrera, géomètre de 101 ans

NEW YORK - Le vénérable Robert Marchand vient d’établir le record de l’heure à vélo dans la catégorie des 105 ans. Il fut totalement inconnu jusqu’à ses 100 ans lorsqu’il établit son premier exploit sur piste. C’est un tour de force d’un genre un peu similaire qu’a réalisé Carmen Herrera. Cette artiste d’origine cubaine, née le 30 mai 1915, installée aux Etats-Unis depuis 1939, mais ayant aussi passé cinq ans à Paris à côtoyer les artistes du salon Réalités nouvelles (1948-1953), a attendu d’avoir dépassé les 100 ans pour obtenir une première rétrospective de grande ampleur. Celle-ci, qui vient de fermer au Whitney Museum, a confirmé l’intérêt de sa peinture abstraite, minimaliste avant l’heure, comparable par certains aspects à celle d’Ellsworth Kelly ou de Shirley Jaffe (décédée en 2016 à 92 ans), deux autres Américains très parisiens…
• Carmen Herrera a été présentée au Whitney Museum, du 16 septembre 2016 au 9 janvier 2017.

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Karl Otto Götz, 30 Variationen / 22, 1984, Contemporary Art Foundation/Kunstmuseum Liechtenstein, Vaduz © 2017, ProLitteris, Zürich

Karl-Otto Götz, informel de 102 ans

LIECHTENSTEIN - Après l’abstraction très intellectuelle de l’entre-deux-guerres, l’Europe a connu après 1945 une saison informelle. Véritable mouvement continental, il a cependant connu des déclinaisons nationales très spécifiques, de Mathieu en France à Vedova en Italie jusqu’à Tápies en Espagne. Dans cette aspiration à une liberté formelle, à la toute puissance du geste, l’artiste allemand Karl-Otto Götz occupe une place fondamentale. Agé de plus de 30 ans à la chute du nazisme, il recherche dans des automatismes d’inspiration surréaliste une forme d’exutoire. Associé à CoBrA, il se révèle véritablement à la fin des années cinquante (Biennale de Venise en 1958, Documenta II de Kassel en 1959). Il n’a jamais cessé depuis de poursuivre dans la même voie, variant son intensité chromatique, parfois seulement en noir et blanc, très cinématographique, parfois éclatante de rouges et de jaunes.
Informel. From the Collection Veronika and Peter Monauni au Kunstmuseum Liechtenstein jusqu’au 12 février 2017, présente plusieurs œuvres de K.O. Götz.

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William Pachner, Window #14, 1981, acrylique sur toile. Don de Hazel et William R. Hough pour le 50e anniversaire du Museum of Fine Arts de St. Petersburg.

William Pachner, résistant de 101 ans

ST. PETERSBURG (Etats-Unis) - Etre artiste centenaire, cela signifie évidemment avoir connu de près les horreurs de la guerre. Dans le cas de William Pachner, on touche à la tragédie. Né en Tchécoslovaquie près de Brno, il aime dessiner dès son plus jeune âge (il se crève un œil avec son crayon lorsque son grand-père, cheminot, le fait monter dans sa locomotive !) Brillant étudiant à Vienne, il obtient un visa pour une visite aux Etats-Unis en mars 1939. C’est de là qu’il est informé de l’invasion de la Tchécoslovaquie par Hitler puis qu’il assiste, impuissant, à la guerre (malgré trois tentatives, il ne sera pas engagé dans l’US Army). En 1945, il append que toute sa famille a été exterminée dans les camps. Capable de caricatures (il fut directeur artistique de la revue Esquire) ou de dessins en noir et blanc très figuratifs qui ressemblent à des gravures expressionnistes, il a aussi un pan lumineux mais souvent torturé (tourbillons, coulures) dans ses compositions abstraites.
• Le Museum of Fine Arts de St. Petersburg lui a consacré une rétrospective pour son 100e anniversaire, du 1er avril au 10 novembre 2015.

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ET DES JEUNES GENS DE 90 ANS…


Maurice Lemaître, Déclaration amère, 1978, technique mixte sur toile, 100 x 81 cm. Courtesy galerie Trigano, Paris.

De Soulages à Alechinsky

Pierre Soulages (né en 1919) est connu comme le champion du noir. On se souvient de la belle rétrospective à Beaubourg en 2009-2010. L’Ecole polytechnique de Lausanne étudie la dimension scientifique de ses « outrenoirs » (jusqu’au 23 avril 2017). L’infatigable Carlos Cruz-Diez (né en 1923), à la tête d’une véritable multinationale de l’art optique, est présenté à la galerie Mitterrand, à Paris (jusqu’au 18 février 2017). Vera Molnar, grande dame du design née en 1924, participe au musée Ludwig de Budapest à une exposition en hommage à Bartok (jusqu’au 5 février 2017). Dans la même ville, Maurice Lemaître (né en 1926), lettriste trop peu connu, est mis en lumière chez Patrice Trigano (jusqu’au 28 janvier 2017). Nous accueillons un benjamin dans ce groupe, qui n’a pas encore l’âge requis : le musée Matisse du Cateau-Cambrésis explore le lien particulier de Pierre Alechinsky (né en octobre 1927) aux livres et à la typographie (jusqu’au 12 mars 2017).

LIVRES

Kandinsky le Parisien

Au contraire des artistes évoqués dans cette lettre, Wassily Kandinsky n’est pas mort âgé : il n’avait que 78 ans lorsqu’il s’est éteint à Neuilly, en décembre 1944, quelques mois après la Libération. Pour lui comme pour des artistes plus anciens tels le Hollandais Jan Lievens (un contemporain de Rembrandt, qui commença une carrière éblouissante à l’âge de 12 ans, avant de finir sur la paille), la question est autre : comment savoir se réinventer. En effet, bien qu’ayant commencé à peindre tard (à l’âge de 30 ans, en 1896), Kandinsky se retrouve, à 45 ans, auréolé du titre de premier peintre abstrait du monde (« La destruction de l’objet se consomme en 1911 », écrit joliment Christian Zervos dans Cahiers d’art en 1934). Comment continuer à tracer son sillon dans les trente ans qui suivent ? Le catalogue de l’exposition du musée de Grenoble (jusqu’au 29 janvier 2017) le montre sur sa dernière période, qui le voit quitter le Bauhaus fermé par les Nazis pour trouver, de façon étonnante, refuge en France. Cherchant son inspiration dans la botanique ou l’embryologie, bricolant pendant l’Occupation avec les matériaux disponibles (carton, ripolin), oscillant entre les surréalistes et les partisans d’une abstraction sévère, il continue jusqu’à la fin à produire des symphonies de signes et de couleurs, moins cérébrales, plus foisonnantes qu’avant. Sans être vraiment prophète en sa nouvelle patrie (il est naturalisé en 1939) : son célèbre Du spirituel dans l’art, écrit en 1911, partiellement traduit en anglais en 1912, diffusé en italien dès 1940, attendra 1949, après sa mort, pour connaître une version française…
Kandinsky, 1933-1944, les années parisiennes, éditions Somogy, 2016, 288 p., 28 €.

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EN BREF

BRUXELLES - La foire d'antiquaires BRAFA se tient du 21 au 29 janvier 2017.

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HAMBOURG - Dessinsée par Herzog & de Meuron, la Philharmonie a été inaugurée le 11 janvier 2017.

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PARIS - La Bibliothèque nationale de France a dévoilé vendredi 13 janvier ses locaux restaurés de la rue de Richelieu (notamment la salle Labrouste) première étape d’une campagne qui doit s’achever en 2020.

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE


GÉRARD COLLIN-THIEBAUT - GRAMMAIRE SENTIMENTALE

21 janvier 2017 - BESANÇON - FRAC Franche-Comté

Un artiste attiré à la fois par la magie des mots et par la culture populaire

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