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N° 468 - du 6 avril 2017 au 12 avril 2017


Hermenegildo Anglada Camarasa, Jeunes filles de Burriana, huile sur toile, 1910-1911. New York, The Hispanic Society of America.

L'AIR DU TEMPS

Lettre de Madrid : les trésors cachés de l'Hispanic Society

MADRID - La Hispanic Society of America, basée à New York, est une institution hors du commun mais peu connue du grand public. Sa fermeture jusqu’en 2019 pour travaux va-t-elle lui donner l’aura internationale qu’elle mérite ? L’exposition que lui consacre le Prado devrait y contribuer. Elle a été créée au début du XXe siècle par l’un des plus riches héritiers des Etats-Unis, Archer Milton Huntington, qui se prit de passion pour la culture espagnole au point d’écrire des poésies dans la langue et qui étudia dix ans d’arrache-pied avant d’y faire son premier voyage. La HSA a accumulé une richesse colossale en art espagnol mais aussi hispanique d’Amérique latine. Les collections, comprenant 18 000 pièces et une bibliothèque de 250 000 volumes (dont 250 incunables), couvrent 4000 ans, des céramiques campaniformes et de l’orfèvrerie celtibère jusqu’aux « tableaux de caste » du Mexique du XIXe siècle et à la peinture de Zuloaga. L’expédition de chefs-d’œuvre à Madrid inclut des chefs-d’œuvre de l’Islam de Cordoue, trois Vélasquez (davantage que le Louvre), un rarissime livre d’heures noir (sur papier teinté), des cartes géographiques des Vespucci, une sublime sainte de Zurbarán, des sculptures de saints polychromes et l’un des plus riches ensembles de portraits par Sorolla. L’ensemble, éclectique, est habilement mis en scène dans une atmosphère quasi nocturne avec de vraies vitrines en verre, luxe rare aujourd’hui…
Tesoros de la Hispanic Society of America au musée du Prado, du 4 avril au 10 septembre 2017. Catalogue 448 p., 37 €.

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EXPOSITIONS


Rafael Moneo, Museo Nacional de Arte Romano de Mérida © Michael Moran/OTTO.

Rafael Moneo, un bilan

MADRID - Il fait partie avec Calatrava et Bofill et des architectes espagnols connus internationalement. Récompensé en 1996 par le prix Pritzker, Rafael Moneo (né en 1937) a signé quelques musées, instrument essentiel de notoriété pour les architectes du XXe siècle : le Thyssen-Bornemisza, qui l’accueille pour cette exposition rétrospective mettant en avant son travail de théoricien, avec maquettes et plans, mais aussi la rénovation du Prado (avec le bâtiment des Jerónimos) et son chef-d’œuvre, le musée national d’art antique de Mérida, achevé en 1986, qui a l’apparence d’une gigantesque basilique de brique. A la croisée du fonctionnalisme de l’école de Madrid et d’une réflexion sur l’évolution de la ville contemporaine, Moneo a aussi réalisé la cathédrale de Los Angeles et un « geste » quelque peu brutaliste par rapport à son environnement (comme le proche Guggenheim), le Kursaal de San Sebastián… Ne dédaignant pas les chantiers plus mesurés, l’architecte implante actuellement une cave viticole (Bodega Palacios) dans le paysage grandiose du Bierzo.
Rafael Moneo au Museo Thyssen-Bornemisza, du 4 avril au 11 juin 2017. Catalogue 316 p., 38 €.

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Ramon Casas Carbó, Ramon Casas et Pere Romeu sur un tandem, 1897.

Casas, l’homme des Quatre Chats

MADRID - Ramon Casas (1866-1932) vint étudier à Paris dès ses 15 ans. Pendant la décennie 1880, il y absorba toute l’influence des avant-gardes du moment, incarnées notamment par Toulouse-Lautrec. De retour au pays (Barcelone), il fut l’un des moteurs du modernisme catalan, avec ses nus audacieux, ses femmes indépendantes, ses images publicitaires. Son rôle ne fut pas négligeable dans l’affirmation du talent de Picasso puisque Casas fut avec Romeu et Rusiñol l’un des animateurs du fameux cabaret des Quatre Gats (les Quatre Chats), de 1897 à 1903 où Picasso fit sa toute première exposition en 1900. Réunissant plus de 100 tableaux, lancée pour l’année Casas (commencée en 2016 à Sitges pour le 150e anniversaire de sa naissance), l’exposition fait le tour d’un peintre à la fibre humaniste et grand coloriste.
Ramón Casas. La modernidad anhelada au CaixaForum, du 8 mars au 11 juin 2017. Catalogue 272 p., 25 €.

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L’ARTISTE DE LA SEMAINE


Leandro Erlich, Changing Rooms, 2008. Courtesy Galleria Continua.

Leandro Erlich : au royaume de l’illusion

Né en 1973, il est l’un des artistes argentins les plus cosmopolites. Ce fils d’architectes de Buenos Aires a étudié ou vécu aux Etats-Unis et en France, exposé dans toutes les grandes Biennales (Venise, São Paulo, Istanbul, Whitney à New York) où ses installations recueillent un succès assez constant auprès du public. Renversant la perspective sur des lieux banals (une cabine d’essayage, une piscine, un ascenseur), souvent par le biais de miroirs, de verres ou de tissus, elles invitent à voir dans le quotidien la source de possibles situations absurdes, poétiques ou abracadabrantes. L’inspiration n’est pas uniquement à chercher dans les constructions virtuoses d’artistes comme Escher ou Magritte mais aussi dans la réflexion sur les dérapages du quotidien que fournissent Borges ou Pérec.
• Deux installations de Leandro Erlich (Changing Rooms et Cloud) sont présentées à la Fondation Teléfónica à Madrid jusqu’au 23 avril 2017.

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE


MINIMALISMES, NEW YORK, 1960-1980

7 avril 2017 - NÎMES - Carré d'art

Dans le cadre du 40e anniversaire du Centre Pompidou, un regard sur un mouvement majeur (Huddle de Peter Moore, photo Simone Forti)

Notre sélection de nouvelles expositions

• On peut aussi voir Changing Rooms à la Galleria Continua à Boissy-le-Châtel.

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LIVRES

Relire l’histoire de l’art

Aller voir une exposition est devenu une occupation importante de notre temps libre. En contrecoup, les collections permanentes des musées - synonymes d’une étude plus systématique (ou fastidieuse !) de l’histoire de l’art - souffrent d’une certaine désaffection. Il est vrai que l’histoire événementielle n’a plus la cote… Il existe cependant des manières originales d’ordonner les époques. C’est ce que fait ce fort volume, bien illustré, qui choisit d’inverser la perspective. Plutôt que de partir du lointain passé - les Egyptiens, les Sumériens, etc. - les auteurs commencent par les mouvements les plus récents, comme l’art relationnel ou l’art « abject », et remontent le fil des influences. Ce qui montre que ce que l’on croit neuf ne l’est souvent pas… Les sceptiques diront qu’il y a beaucoup de réchauffé dans l’art contemporain, les autres, comme Lavoisier, diront que tout se transforme et que rien ne se perd. Il est en tout cas bon de saisir, comme dans un arbre généalogique qui se ramifie, ce que l’on doit aux ancêtres du précisionnisme, de l’orphisme, du pictorialisme, etc. Le chemin s’arrête ici à l’art des steppes, celui des Scythes nomades et ivres de liberté du premier millénaire avant notre ère.
La Grande chronologie de l’art, Phaidon, 2016, 368 p., 59,95 €

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EN BREF

ATHÈNES - Documenta 14 inaugure son exposition athénienne le 8 avril 2017 (jusqu'au 16 juillet).

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PARIS - Le Salon international du livre d'art a lieu du 7 au 9 avril 2017 au Grand Palais.

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SÃO PAULO - La foire d'art moderne et contemporain SP-ARTE a lieu du 6 au 9 avril 2017.

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