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N° 474 - du 18 mai 2017 au 24 mai 2017


Fernand Léger, Les trois musiciens, 1930, huile sur toile, 118 x 113,5 cm © Von der Heydt-Museum Wuppertal / Photo: Medienzentrum, Antje Zeis-Loi © Adagp, Paris, 2017 (exposition au Centre Pompidou Metz).

CINQ GRANDS ARTISTES DU XXE SIÈCLE

Alors que la Biennale de Venise nous montre un large éventail de la production contemporaine, récompensant nouveaux talents et plasticiens confirmés, quelques musées européens semblent s’être donné le mot pour mettre en scène cinq de leurs aînés qui ont marqué l’art du siècle dernier. Ce rétropédalage donne de la perspective. Munch, adulé et acheté par la Galerie nationale norvégienne alors qu'il n'avait que trente ans, pouvait-il imaginer qu'il serait, un demi-siècle plus tard, labellisé dégénéré dans un pays de grande culture, l'Allemagne, et verrait ses tableaux bazardés à l'encan ? A l'inverse, Giacometti, qui n'intéressait quasiment personne à la veille de ses trente ans (hormis Michel Leiris et Georges Bataille, qui publièrent une critique dans Documents en 1929), aurait-il pu imaginer que certaines de ses sculptures vaudraient aujourd'hui plus de 100 millions € ? L'avant-garde est un concept mouvant et relatif, et le succès a parfois des allures d'épingle à cheveux...

FRANCE


Fernand Léger, Le mécanicien, 1918, huile sur toile, 65 x 54 cm, Centre Pompidou, MNAM-CCI, dépôt LaM, Lille Métropole musée d'art moderne d'art contemporain et d'art brut, Villeneuve d'Ascq © Photo Philip Bernard © Adagp, Paris 2017.

Puissance de Léger

METZ - Son œuvre ne correspond pas à son patronyme. Fernand Léger (1881-1955) - « Fernand Light », lit-on dans certaines traductions - a produit un art plein de muscle, de couleur et de mécanique, que certains ont plaisamment qualifié de « tubiste ». On pourrait plutôt le qualifier avec une brochette de « c » : cubiste, communiste, citadin (à ce Normand d’Argentan, la grande ville va comme un gant et il s’installe à Paris à 19 ans, en 1900, la même année que Picasso), cinéaste (avec Ballet mécanique, premier film sans scénario). La rétrospective s’emploie à démontrer, dans le cadre des 40 ans du Centre Pompidou (ce qui explique que beaucoup d’œuvres, mais pas toutes, viennent de Paris), ces différentes facettes d’un art qui avait une foi dans le progrès, que nous avons quelque peu perdue. Quelques classiques sont montrés comme les Constructeurs (du musée Fernand Léger de Biot), Les Trois Musiciens (de Wuppertal) ou le Typographe (de Philadelphie). Au passage, on soulignera le rôle formateur de Léger, qui créa son académie et reçu des personnalités aussi inattendues que Louise Bourgeois et le photographe William Klein.
Fernand Léger, le beau est partout au Centre Pompidou, du 20 mai au 30 octobre 2017.

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FRANCE


Marc Chagall, Deux nus ou Adam et Eve ou Sculpture-colonne, 1953, marbre, 53x20x17 cm. Collection particulière © Benoît Coignard.

Chagall sculpteur, une découverte

NICE - Les sculptures de Picasso ont été un secret bien gardé jusqu’à la succession qui en a révélé l’étendue. Pour Chagall, il en va de même, pour une autre raison : on ne s’y est jamais vraiment intéressé, la fantaisie colorée de l’artiste de Vitebsk ne semblant pouvoir s’exprimer que dans le registre peint. C’est donc une surprise de constater que Chagall, dans les quarante dernières années de sa longue vie (1887-1985), a sculpté de façon passionnée. En céramique (chez Madoura, comme Picasso) ou en plâtre, passe encore, mais l’artiste sexagénaire décide aussi de se mesure à la pierre - marbre ou calcaire de Rognes. Thèmes religieux ou animaliers y expriment un primitivisme plein de force, en partie digéré par l’influence de Gauguin.
au Musée national Marc Chagall, du 27 mai au 28 août 2017.

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PAYS-BAS


Hans Arp, La planche à œufs, 1922, collection particulière.

Arp, magicien des formes

OTTERLO - Son nom, court et sonore, d’une seule syllabe, claque comme un drapeau au vent. Ses créations, au contraire, étonnamment variées, ne se laissent pas emprisonner par une définition. Elles sont parfois tout en rondeurs, parfois pleines de piquants, parfois simples comme des galets polis par le vent, parfois compliquées comme des spéculations intellectuelles et pleines d’humour. Collages, reliefs, stabiles ou concrétions : le Strasbourgeois Hans Arp (1886-1966), franco-allemand, est passé par le prisme de Dada, du surréalisme, d’Abstraction-Création. Couleur locale oblige (on est dans l’un des plus beaux musées des Pays-Bas, au milieu d’un parc), il est surtout étudié dans ses rapports avec le mouvement de Stijl de Mondrian et Van Doesburg, dont on célèbre le centenaire.
Arp : The Poetry of Forms au Kröller Muller Museum, du 20 mai au 17 septembre 2017. L’exposition sera montrée à partir du 12 octobre 2017 au Turner Contemporary de Margate.

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GRANDE-BRETAGNE


Alberto Giacometti, Tête de femme [Flora Mayo], 1926, plâtre peint, 31,2 x 23,2 x 8,4 cm. Collection Fondation Alberto et Annette Giacometti, Paris © Alberto Giacometti Estate, ACS/DACS, 2017

Giacometti, la quête de l’essentiel

LONDRES - Pas de trêve pour Alberto Giacometti (1901-1966) : c’est le destin des stars. Alors que son face-à-face avec Picasso s’est à peine achevé (au musée Picasso de Paris, le 5 février dernier) et que le prochain (avec Derain et Giacometti) est imminent, il est de nouveau sur le devant de la scène, en solo cette fois. La Tate Modern lui dédie une rétrospective qui se veut exhaustive, des années vingt (il vient d’arriver à Paris à l’Académie de la Grande Chaumière, pour y étudier avec Bourdelle), comprenant sa période surréaliste (avec la Femme égorgée) et finissant par ses personnages allongés si caractéristiques, célèbres (et chers) de l’après-guerre, en partie inspirés par sa femme Annette, jusqu’aux portraits peints de sa dernière passion, Caroline. L’un des clous de l’exposition est la présence des six Femmes de Venise, rassemblées pour la première fois depuis la Biennale de 1956.
Alberto Giacometti à la Tate Modern, du 10 mai au 10 septembre 2017.

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NORVÈGE


Edvard Munch, Paysage dans un parc, 1906, huile sur toile, Munch Museet, Oslo.

Munch, la traversée des apparences

OSLO - C’est sans conteste l’artiste national norvégien. Edvard Munch (1863-1944) est mondialement connu pour son Cri, qui semble synthétiser l’aliénation moderne. Mais au cours de sa longue carrière, avec de longs séjours en France à partir de 1885 (le premier tableau acheté par la Galerie nationale fut d’ailleurs une Nuit à Nice), il a traité bien d’autres thématiques. L’originalité de cette rétrospective tient à son commissaire, le romancier Karl Ove Knausgaard (né en 1968), auteur de Mon Combat. Il a choisi de présenter une centaine de tableaux, certains peu connus, dans une sorte de parcours initiatique. Des scènes habitées, sociables, charmantes, on passe progressivement à la nature sauvage, hostile, vide, et l’on finit par l’introspection, les paysages intérieurs, que Munch exprime dans ses nombreux portraits.
Towards the Forest, Knausgard on Munch au Munch Museum, du 6 mai au 8 octobre 2017.

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LIVRES

Nedjar, pas que des poupées

Son père était tailleur, sa famille a disparu dans les camps de concentration. Ces deux facteurs ont joué un rôle dans la genèse de son art : Michel Nedjar s’est fait connaître par ses poupées, assemblages de tissus imbibés de boue et de sang (avec une jolie formule : « Au nom du père, du fil et de la sainte aiguille »). A 70 ans, il a atteint une notoriété internationale comme le prouvent diverses rétrospectives dont l’actuelle au LaM de Villeneuve-d’Ascq (jusqu’au 2 juin). Dans ce dialogue, l’artiste porte un regard rétrospectif sur son travail - ses premiers dessins (consacrés à sa chèvre adorée), ses figures au mercurochrome, le rôle de la clandestinité dans l’impulsion créative ou la question de la signature. Mais il détaille aussi l’autre versant de son personnage, étiqueté « art brut » depuis que Dubuffet l’avait remarqué dans les années soixante-dix : son rôle de collectionneur et la constitution, avec des amis, d’un fonds majeur, l’Aracine, plus tard légué au LaM. Avant la reconnaissance (plus précoce en Allemagne), le chemin a été pavé d’épreuves, de petits boulots. « Sur ma feuille d’impôt, à présent, je mets ‘artiste’ », dit-il aujourd’hui…
Michel Nedjar. Le chantier des consolations, entretiens avec Françoise Monnin, la Bibliothèque des Arts, 2017, 160 p., 19 €.

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE


ANDRE SUREDA

20 mai 2017 - VERSAILLES - Musée Lambinet

Un peintre versaillais peu connu (1872-1930), amoureux fou de l'Afrique du Nord

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EN BREF

EUROPE - La nuit européenne des musées a lieu le 20 mai 2017.

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MONDE - Le 18 mai est la journée internationale des musées.

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BOGOTA - La foire d'art moderne et contemporain ARTBO a lieu du 19 au 21 mai 2017.

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LISBONNE - La foire d'art moderne et contemporain ARCO LISBOA a lieu du 18 au 21 mai 2017.

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