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N° 475 - du 25 mai 2017 au 31 mai 2017


Hokusai, La Grande Vague, tiré de Trente-six vues du Mont Fuji, xylographie, 1831. Achat avec la contribution de l’Art Fund. © The Trustees of the British Museum.

L'AIR DU TEMPS

Hokusai, le Japon qui ne meurt jamais

LONDRES - Citez un artiste japonais universel : Murakami ? Kurosawa ? Ou plutôt Hokusai (1760-1849) ? Le peintre du XIXe siècle continue de susciter une ferveur internationale. Chacune de ses rétrospectives est un succès et deux de ses œuvres ont acquis le statut d’icône : sa fameuse Vague et son Mont Fuji, issu d’un album de 36 vues. Malgré leur beauté formelle et leur économie de moyens qui fascina Van Gogh et Toulouse-Lautrec, la force de Hokusai réside davantage dans sa biographie que dans ses gravures. Comme Michel-Ange, comme Titien, il incarne l’artiste perpétuellement inassouvi, au travail jusqu’à son dernier souffle. L’exposition monte en épingle ce destin paradoxal en se concentrant sur ses trois dernières décennies. A 60 ans, Hokusai est, si l’on peut dire, au creux de la vague, appauvri par un petit-fils prodigue et endeuillé par la mort de sa femme. Il se rue sur ses feuilles, produisant fleurs, paysages et portraits. C’est après 70 ans qu’il produira la Vague et le Mont Fuji, après 80 ans qu’il fera ses plus beaux dragons, pour continuer jusqu’à ses 90 ans, estimant être encore en pleine progression. Il signera d’ailleurs ses dernières œuvres d’un sceau particulier pour qu’on les identifie comme ses meilleures. Hokusai prétendait à l’immortalité : il l’a obtenue à sa façon dans ce refus de céder à la logique de l’âge. La retraite à 60 ans, très peu pour lui...
Hokusai : Beyond the Great Wave au British Museum, du 25 mai au 13 août 2017. L’exposition sera fermée du 3 au 6 août pour assurer la rotation des pièces exposées.

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EXPOSITIONS


P. Mignard (attribué à), Françoise de Sévigné, comtesse de Grignan, huile sur toile, XVIIe siècle, musée Carnavalet, Paris © Musée Carnavalet / Roger-Viollet

Madame de Sévigné, la gloire par la lettre

GRIGNAN - Voilà une exposition qui nous permet d’assouvir à bon compte notre détestation de certaines choses présentes : Madame de Sévigné ! Cette dame, née à Paris place Royale (plus tard place des Vosges) en 1626, sous le règne de Louis XIII, décédée à Grignan en Provence en 1696, survit, trois siècles après sa mort, par la seule grâce de ses lettres. Elle en a écrit plus d’un millier, principalement à sa fille, y mettant à nu le cœur d’une mère aimante et pleine d’esprit. A nous-autres, courbés jour et nuit sur nos claviers, produisant des milliers d’e-mails, qui prendra soin de nous lire dans 350 ans, et de se délecter de nos tournures, de nos formules, de nos fulgurances ? Espérons que quelqu’un aura gardé nos disques durs… L’exposition dans le château de son gendre, où elle-même s’éteignit, montre quelques-unes de ses lettres, son étonnant matériel d’écriture (poudre à sécher, taille-plume, ciseaux à parchemin), mais aussi, avec tableaux, gravures et objets d’art, tout le mythe né autour de cette correspondance dont rien n’a été publié de son vivant.
Sévigné, épistolière du Grand Siècle au château de Grignan, du 25 mai au 22 octobre 2017.

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Les excès de Tillmans

BÂLE - L’un des enfants terribles de la photographie contemporaine a été choisi comme emblème de la première exposition photographique de la Fondation Beyeler. Allemand né en 1968, mais surtout européen après deux décennies à Londres, iconoclaste et expérimental, polyvalent (de la mode au paysage), Wolfgang Tillmans porte un regard cru sur le monde qui nous entoure.
Wolfgang Tillmans à la Fondation Beyeler, du 28 mai au 1er octobre 2017.

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Balenciaga dans la durée

LONDRES - Le maître basque de la haute couture, récemment vu au musée Bourdelle, fait l’objet d’un nouvel éclairage. Comment le sévère créateur, admiré par Coco Chanel, a-t-il influencé la mode de son temps, au cours d’une longue carrière (de 1917 à la fin des années 60), et comment cette influence a-t-elle persisté après sa mort ? Une centaine de modèles de sa main et de celle de ses disciples (Paco Rabanne, Oscar de la Renta) étayent la démonstration.
Balenciaga : Shaping Fashion au Victoria & Albert Museum, du 27 mai 2017 au 18 février 2018.

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Elégance 1900

TRÉVISE - La collection Salce, un des plus importants fonds d’affiches en Italie, inaugure son nouveau statut de musée national avec une exposition sur la Belle Epoque. Y voisinent les noms de Cappiello, Chéret et des stars italiennes Dudovich et Mataloni, auteurs de cartelli pour les magasins Mele de Naples ou les lampes à incandescence Auer.
Illustri Persuasioni à la Collezione Salce, du 27 mai au 24 septembre 2017.

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FESTIVALS


Félicie d’Estienne-d’Orves, Venus et Mars 3 Vénus et Mars (maquette d’après une photographie de Philippe Bréard) © Félicie d’Estienne d’Orves, ADAGP Paris 2017

500 bougies pour Le Havre

LE HAVRE - Ce n’est pas tous les jours qu’on a 500 ans. La frénésie d’anniversaires qui nous caractérise serait-elle un moyen de ne pas oublier notre histoire ? Dans le cas du Havre, premier port de commerce français, avec ses 175 000 habitants, cela permet de se rappeler que sa fondation fut voulue par François Ier. En 1517, couronné depuis deux ans, le jeune roi avait des ambitions maritimes en direction de l’Amérique. Dans son projet, il voulait s’attirer la bénédiction divine : Le Havre, avec ses quelques centaines d’habitants, s’appelait alors Le Havre-de-Grâce. Cette célébration prend évidemment une teinte particulièrement actuelle puisque le maire du Havre, Edouard Philippe, vient d’être nommé Premier Ministre par Emmanuel Macron. Des dizaines d’installations, des parcours thématiques (les Bassins, les Escaliers, le Port et, bien évidemment, la ville Perret, correspondant à la reconstruction de l’après-guerre), des expositions (Pierre et Gilles, les archives des French Lines, etc.) sont au programme de cette année festive. Le public étranger, même non familier avec la ville, en a, sans le savoir une représentation en tête : c’est la vision de Monet dans Impression, soleil levant, le tableau fondateur de l’impressionnisme…
Un été au Havre, du 27 mai au 8 octobre 2017.

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LIVRES

Pignon, la fièvre belge

On se plaint fréquemment dans cette chronique de la frilosité des musées, qui choisissent la sécurité des grands noms au détriment d’expositions audacieuses. Le dernier accrochage du musée des Beaux-Arts de Lyon nous permet de nous contredire. Voilà une exposition particulièrement « anglée » : tout entière consacrée à un peintre un peu oublié – Edouard Pignon (1905-1993), ami de Picasso – elle est en outre circonscrite à un cycle particulier de son œuvre. Ce sont ses vues d’Ostende, port belge dont il tomba amoureux au lendemain de la guerre et dont il fit d’innombrables représentations entre 1946 et 1953, où les voiles de couleur claquent au vent comme des oriflammes. Certes, c’est une donation par le fils Pignon qui a précipité l’événement mais il n’en reste pas moins louable car il a fallu ratisser large et faire venir des toiles de collections privées en Belgique ou en Suisse, de musées à New York, au Luxembourg ou à Issoudun. Le catalogue décrit la genèse de cette série (c’est en plein hiver que Pignon quitte Collioure pour Ostende, un véritable U-turn), replace l’artiste dans le contexte de l’époque, avec ses engagements et ses amitiés. Une belle série de photographies d’Agnès Varda dans son atelier pousse à effectuer le pèlerinage : c’est au 23, rue du Moulin-Vert, dans le XIVe arrondissement de Paris, que Pignon a rêvé d’Ostende, dans un appartement cédé par Jean Cassou. Aucune plaque sur le mur mais sa fenêtre est bien là, au troisième étage, par où entrait la fine lumière du Nord…
Édouard Pignon, Ostende (1946-1953), sous la direction de Philippe Bouchet, éditions Hazan, 2017, 168 p., 30 €.

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE


Pierre et Gilles

27 mai 2017 - LE HAVRE - MUMA

Le célèbre duo est à l'affiche du 500e anniversaire du Havre

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