ANNONCER

Accueil > ArtAujourd'hui Hebdo > N° 481 - du 6 juillet 2017 au 12 juillet 2017

ArtAujourdhui.Hebdo

N° 481 - du 6 juillet 2017 au 12 juillet 2017


Vue de l'exposition Christian Dior, couturier du rêve aux Arts décoratifs (photo R. Pic).

L'AIR DU TEMPS

Dior, 70 ans et toujours jeune

PARIS - Sur les photos de 1957, Christian Dior a un air un peu fatigué, usé. On le comprend : son parcours a été d’une telle fulgurance, son importance dans la mode et l’économie (il représente au milieu des années 50 la moitié des exportations françaises du secteur, emploie un millier de personnes, et fait la couverture de Time) que son corps a subi le contrecoup d’une tension excessive. Il décèdera d’ailleurs jeune, en 1957, à 52 ans à peine, d’une crise cardiaque aux thermes de Montecatini, en Italie. L’exposition rétrospective des 70 ans (calculés à partir de l’ouverture de sa maison et de sa première, mythique, collection de février 1947, qui fut présentée au 30 de l’avenue Montaigne, instantanément baptisée New Look, et répercutée à travers le monde entier) décrit cette décennie prodigieuse. Mais elle élargit sur l’après (les sept stylistes qui lui ont succédé, d’Yves Saint Laurent à Maria Grazia Chiuri) et sur l’avant. Dans une scénographie séduisante, maniant l’obscurité, les reflets, les compositions théâtrales, les rapprochements (avec un Arlequin de Derain ou une allégorie de Romaine Brooks), on voit abondance de robes, tailleurs, chapeaux, escarpins et accessoires. Mais on redécouvre aussi des aspects moins connus, par exemple la carrière de galeriste de Christian Dior. A milieu des années vingt, avec son acolyte Pierre Colle, ils seront parmi les premiers à exposer Balthus, Giacometti ou Dalí dans leur espace de la rue Cambacérès. La richesse de l’exposition et la multiplicité des angles (qui donnent parfois le tournis) exigerait un comportement auquel les visiteurs ne sont plus habitués (au contraire des anciens amateurs du Louvre ou de la National Gallery) : revenir plusieurs fois…
Christian Dior, couturier du rêve aux Arts décoratifs, du 5 juillet 2017 au 7 janvier 2018.

En savoir plus

EXPOSITIONS


Bill Viola, Fire Woman, 2005, installation vidéo et sonore, 11'12". Performer: Robin Bonaccorsi. Courtesy Bill Viola Studio © Bill Viola, Photo: Kira Perov.

Voilà tout Viola

BILBAO - On peut certainement lui attribuer un rôle de passeur : Bill Viola a contribué à faire reconnaître la vidéo comme un art à part entière. De ses premiers essais des années soixante-dix (pleine d’une poésie rendue plus manifeste par les limitations techniques), jusqu’aux œuvres récentes, qui utilisent l’arsenal le plus sophistiqué, le natif du Queens à New York (1951) a parcouru toutes les étapes de ce nouveau medium. Les immenses salles du Guggenheim permettent de donner toute sa théâtralité à ce corpus qui a souvent une dimension mystique, notamment quand le feu se transforme en eau (Fire Woman) ou quand le performer pratique une véritable ascension christique sous le déluge (Tristan’s Ascension). Passé par Florence quand il avait une vingtaine d’années, Bill Viola réinterprète à sa manière l’art des maîtres anciens, par exemple dans une vibrante Annonciation (The Greeting) ou dans sa série Catherine’s Room, véritable prédelle numérique. Une exposition Bill Viola est, elle aussi, un véritable calvaire (sans doute voulu !) pour les visiteurs pressés : les vidéos demandent à être regardées avec attention car elles obéissent à une logique scénarisée, ou évoluent de manière quasiment imperceptible. L’ensemble des projections représente, selon nos calculs, plus de 6 heures : après ce marathon, les plus courageux auront une excuse pour s’offrir un repas dans les excellents restaurants du musée ou une bonne platée de pinchos dans la vieille ville !
Bill Viola au Guggenheim Bilbao, du 30 juin au 1er novembre 2017.

En savoir plus


Vincent van Gogh, Le Saule, 1885, Collection Van Lanschot

Van Gogh dans la forêt

AMSTERDAM - Fontainebleau, son château, son école (Primatice et Rosso), sa forêt… C’est cette dernière, avec ses sous-bois moussus, ses rochers, ses champignons et ses fougères, qui attira les peintres du XIXe siècle, pionniers de la peinture en plein air. Van Gogh suivit cet enseignement et alla lui aussi travailler sur le motif, comme l’avaient fait avant lui Corot, Théodore Rousseau ou Jules Dupré. L’exposition explore cette filiation en présentant quelques tableaux de prix du musée ou en prêt comme le Saule, de la collection Van Lanschot.
Van Gogh, Rousseau, Corot : in the Forest au musée Van Gogh, du 7 juillet au 10 septembre 2017.

En savoir plus

Sonia la Madrilène

MADRID - Pourquoi célébrer Sonia Delaunay dans la capitale espagnole en 2017 ? Parce que cela fait exactement 100 ans que cette grande nomade (née en Ukraine, morte à Paris, ayant vécu à Saint-Pétersbourg, en Finlande, en Suisse, à Karlsruhe, au Portugal) s’y installa (jusqu’en 1921) avec son mari Robert. L’exposition, qui met en avant cette période (Sonia fréquentait la haute société et créa une boutique, Casa Sonia où elle présentait notamment ses créations textiles) s’attache à la thématique de la mode et du design chez l’artiste.
Sonia Delaunay au musée Thyssen-Bornemisza, du 4 juillet au 15 octobre 2017.

En savoir plus


Eduardo Arroyo, La vie à l'envers. Eléphant. Hommage à Alvar Aalto, 2016.

Arroyo l’iconoclaste

SAINT-PAUL-DE-VENCE - Le sous-titre « Dans le respect des traditions » a une dimension ironique car Arroyo, peintre espagnol né en 1937, en pleine guerre d’Espagne, s’est plutôt employé à les dynamiter, à les pervertir (avec ses portraits caustiques), ou à les réinterpréter à sa façon (comme le retable de l’Agneau mystique, par les frères Van Eyck à Gand) dans son œuvre. Celle-ci a effectivement de traditionnel sa dimension figurative, qui la rend très appétissante au grand public.
Eduardo Arroyo. Dans le respect des traditions à la Fondation Maeght, du 1er juillet au 19 novembre 2017.

En savoir plus

LIVRES

Schiele de A à Z

Il est mort à 28 ans, de la grippe espagnole, ce qui lui a permis d’entrer sans discussion dans le panthéon des artistes maudits. Qu’aurait-il produit s’il avait vécu plus longtemps ? L’œuvre d’Egon Schiele (1890-1918) est tellement foisonnant et, surtout, audacieux, que l’on se demande s’il n’avait pas déjà tout dit… Qu’il s’agisse de ses étonnants paysages, qui ressemblent à des marqueteries colorées, de ses portraits, qui cueillent admirablement la psychologie du modèle, ou de ses scènes intimes sans fard (incluant masturbation et étreintes diverses), on est étonnée par le regard mûr de ce jeune homme de vingt ans… Il faut du muscle pour feuilleter ce gros ouvrage de 7 kg, véritable catalogue raisonné des années 1909 à 1918 (avec 221 peintures étudiées en détail), mais il nous permet d’entrer dans les arcanes de cette création et d’en étudier l’évolution œuvre par œuvre, depuis ses débuts influencés par Klimt (qu’il dessinera à la pierre noire sur son lit de mort en février 1918) jusqu’aux années de guerre et à la rencontre avec Edith Krams, modèle essentiel puis brièvement épouse, qui mourra trois jours avant lui, enceinte, le 28 octobre 1918…
Egon Schiele, l’œuvre complet 1909-1918, sous la direction de Tobias G. Natter, Taschen, 2017, 612 p., 150 €.

Achetez cet ouvrage chez Amazon

LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE


JEAN COULOT

11 juillet 2017 - VILLENEUVE-LEZ-AVIGNON - Abbaye Saint-André

Les paysages d'un peintre (1929-2010) resté toute sa vie fidèle à une figuration très personnelle

Notre sélection de nouvelles expositions

Abonnement (petit)

ANNONCER