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N° 502 - du 8 février 2018 au 14 février 2018


Teodoro Wolf Ferrari, L'Ile mystérieuse, 1917, huile sur toile, 76x97 cm, collection particulière (exposition à Conegliano).

L'AIR DU TEMPS

10 expositions pour -10°C

Dix expos, en deux jours à peine, ouvrent à travers l’Europe. Ce sont celles que nous listons ci-dessous. Et encore en avons-nous omis plus d’une ! Suivre l’actualité de l’art n’est pas un travail à plein temps, c’est un marathon à double ou triple horaire… Le plus surprenant est la qualité des propositions, qu’il s’agisse de rétrospectives bien montées ou de sujets polémiques et inattendus - une réflexion bienvenue sur Dieu et les images ou l’impact d’un poème majeur de T.S. Eliot… Voici donc quelques pistes à étudier sous la neige qui couvre le continent. Du temps de Mérimée ou de Bernard Berenson, les esthètes devaient traverser tout le continent pour découvrir une exposition (rare alors !), une fresque ou une chapelle, et éprouver la révélation visuelle après une longue pérégrination. La magie d’internet permet de déflorer sans se déplacer, en cliquant sur les liens. Un bien ou un mal ? C’est là un autre débat sur le statut de l’image, sa consommation et sa périssabilité dans notre société connectée…

REDÉCOUVERTE ITALIENNE


Teodoro Wolf Ferrari, Paysage avec bouleaux et cyprès, 1907, huile sur toile, 26x38 cm, Galleria Arte Cesaro, Padoue.

Wolf Ferrari, délicieuse décadence

CONEGLIANO - Spontanément, on le rapprocherait de Böcklin et de sa fameuse Ile des morts… A raison, car le Vénitien Teodoro Wolf Ferrari (1878-1945), qui a étudié à Munich, s’est imprégné tout jeune des effluves symbolistes et décadents. Il les applique dans une peinture de paysage où, sous des ciels lourds, au-dessus de vagues grondantes, entre les feuilles de bouleaux argentés, passent des esprits… Mal connu chez lui, encore plus mal à l’étranger, Wolf Ferrari, d’une famille raffinée (son frère était compositeur), a aussi subi l’influence de Klimt. En 1910, les deux peintres bénéficient de rétrospectives simultanées à Venise, Klimt à la Biennale et Wolf Ferrari à la Ca’ Pesaro. Il termine sa vie en croquant inlassablement les doux piémonts vénitiens.
Teodoro Wolf Ferrari, la modernità del paesaggio, au Palazzo Sarcinelli, du 2 février au 24 juin 2018.

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LA QUESTION ICONOCLASTE


Hans Asper, Portrait d'Ulrich Zwingli, 1549, Zurich, huile sur bois © Zurich Central Library

La Réforme sans image

ZURICH - A Florence, les Offices ont étudié les rapports peu connus des Médicis avec la Réforme, tandis qu’à Berlin le Martin Gropius Bau s’était penché sur « l’effet Luther » : autant d’initiatives légitimes pour le 500e anniversaire des 95 thèses du pasteur. Cette exposition déborde un peu du calendrier mais aborde un thème qui est récurrent dans la vie des religions : le rapport aux images. Si l’Islam semble avoir aujourd’hui l’hégémonie dans cette hantise, ce sont les Byzantins qui nous ont légué le mot iconoclasme. Et à Zurich, au temps de Zwingli, lorsqu’il produit ses propres 63 thèses en 1523, c’est également une « furie iconoclaste » qui s’empare des prédicateurs qui chassent sculptures et retables des églises. Mais on a toujours besoin d’icônes : après la mort de Zwingli, son épée et son casque accèdent à ce statut…
Dieu et les images, au Landesmuseum, du 2 février au 15 avril 2018.

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HOMMAGE A T.S. ELIOT


Paul Nash, Le Rivage, 1923, huile sur toile, Leeds Museums and Galleries (Leeds Art Gallery) U.K. / Bridgeman Images.

Sur les traces de la Terre vaine

MARGATE - En 1922, un monument de la poésie anglaise du XXe siècle sort des presses : The Waste Land de T. S. Eliot (traduit en français sous le titre La Terre vaine ou La Terre gaste, en réutilisant un terme du vieux français), qui synthétise un malaise à la fois personnel (mariage en lambeaux) et générationnel (l’après-guerre). Avant de finir la rédaction, Eliot avait passé quelques semaines en bord de mer, à Margate. Sur les lieux mêmes, une expérience originale de commissariat d’exposition a été montée, invitant les habitants de tous âges à relire l’œuvre, à s’y mesurer, à explorer les œuvres d’art qui lui font écho. En résulte la réunion de tableaux, sculptures, photographies et vidéos d’auteurs aussi différents que Berenice Abbott, William Blake, Leonora Carrington ou Eduardo Paolozzi.
The Waste Land, à Turner Contemporary, du 3 février au 7 mai 2018.

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DE BILBAO À STOCKHOLM

Michaux pattes de mouche

BILBAO - Il est connu pour sa poésie mais la création graphique était peut-être une passion encore plus dévorante : pendant un demi-siècle, Henri Michaux a noirci des feuilles, parfois sous l’influence de substances psychotropes comme la mescaline. L’exposition en réunit un choix très large.
Henri Michaux, de l’autre côté, au Guggenheim Museum, du 2 février au 15 mai 2018.

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Kjartansson nous rejoue Paoli

CARDIFF - Il Cielo in una stanza est une célèbre chanson italienne, écrite en 1960 par un génial parolier de 25 ans, Gino Paoli (qui se révèlera un des plus grands chanteurs de l’après-guerre). Ce « tube » sert à l’artiste islandais comme base d’une performance sur un orgue du XVIIe siècle…
Ragnar Kjartansson, The Sky in a Room, au National Museum, du 3 février au 11 mars 2018.

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Mythiques paquebots

LONDRES - Ils eurent leur heure de gloire à la Belle Epoque et aux Années folles et on associe les plus beaux d’entre eux, comme le Normandie, à l’Art déco même s’ils étaient largement opérationnels au XIXe siècle. Cette rétrospective fait revivre les célèbres « packet-boats », y compris le Titanic, avec des objets très variés, des hélices au mobilier en passant par les malles Goyard du prince de Galles.
Ocean Liners, au Victoria & Albert Museum, du 3 février au 17 juin 2018.

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Itinéraire d’un « dégénéré »

MUNICH - Fritz Winter (1905-1976) a été taxé d’artiste dégénéré par les nazis. Elève du Bauhaus, où il eut pour maîtres Kandinsky et Klee, il a développé sa forme personnelle d’abstraction, dont l’exposition montre une sélection des années 30 et 40.
Fritz Winter, à la Pinakothek der Moderne, du 3 février au 10 juin 2018.

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Couleurs pures

PONT-AVEN - L’école de Pont-Aven, dont Gauguin fut l’âme, avait le culte des couleurs pures. Le musée, récemment rénové, accueille pendant un an une collection particulière de 23 tableaux, celle d’Alexandre Mouradian, comprenant des stars comme Emile Bernard et Sérusier mais aussi des artistes moins connus tels Jean Verkade ou Roderic O’Conor.
Pont-Aven, berceau de la modernité, la collection Mouradian, au musée de Pont-Aven, du 2 février 2018 au 6 janvier 2019.

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Le gouaché, antichambre du bijou

ROUBAIX - Avant de produire un bijou d’or et de pierres précieuses, il faut le dessiner. L’étape du croquis technique, le « gouaché », fait l’objet de cette exposition, à partir d’une collection locale, celle du joaillier Dael & Grau, entre 1900 et 1950.
Les gouachés : un art unique et ignoré, à la Piscine, du 3 février au 1er avril 2018.

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Les ors de Lygia Pape

STOCKHOLM - La magicienne brésilienne Lygia Pape (1927-2004), apôtre de l’art concret, qui recrée les rayons dorés du soleil même dans les intérieurs sombres, est célébrée avec son installation Ttéia 1.
Lygia Pape, Ttéia 1, C, au Moderna Museet, du 2 février au 13 mai 2018.

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LIVRES

Clouzot, pas que cinéaste

« Mais vous êtes peintre vous-même ? », lui demande André Parinaud en 1956, et il répond, faussement modeste : « Très peu, la preuve c’est que j’aime la peinture des autres. » Cela, on le savait, ne serait-ce que pour son Mystère Picasso, devenu un film de référence, qu’il tourne en 1955 aux studios de la Victorine à Nice dans une fournaise qui épuise le peintre andalou… Mais la découverte dans ce catalogue, qui accompagne l’exposition ouverte à la Cinémathèque française jusqu’en juillet, est l’étendue des talents de ce présumé sadique. Il photographie (de belles femmes nues, mais pas seulement : cadrages et mises en scène sont bien là), il peint et il dessine ave un trait fleuri, qui se situe quelque part entre Picasso, Cocteau et Calder. L’ouvrage repasse toute sa carrière, ses rapports avec le monde de l’art (qui se souvient que Siné dessina le dossier de presse des Espions en 1957 ?) et les remarquables techniciens du cinéma qui l’accompagnèrent (dont les chefs décorateurs Max Douy et René Renoux). On regrette une utile chronologie…
Le mystère Clouzot, sous la direction de Noël Herpe, Liénart/Cinémathèque française, 2017, 216 p., 29 €.

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE


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14 février 2018 - PARIS - Grand Palais

Plusieurs salons d'artistes se donnent rendez-vous au Grand Palais

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