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N° 507 - du 15 mars 2018 au 21 mars 2018


Léonard Tsuguharu Foujita, La Danse, 1917, aquarelle sur papier, collection particulière, © Fondation Foujita / Adagp, Paris, 2018 Photo : © Archives artistiques.

L'AIR DU TEMPS

Quatre stars du XXe siècle à Paris

Entre deux offensives Gauguin et Picasso (une relecture de Guernica est imminente), voici l’occasion de célébrer quelques ténors moins médiatisés de l’art du XXe siècle. Le Grand Palais, qui sait se confier aux valeurs sûres (Rodin, récemment) prend quelquefois le risque bienvenu d’accorder des moyens à des projets plus risqués. Ce fut le cas avec le Portugais Souza-Cardoso en 2016, c’est le cas avec un autre champion des avant-gardes, venu de Bohême mais qui eut aussi à Paris la principale scène de ses succès : Kupka. Trois autres confrères quasiment contemporains – Aalto, Sander et Foujita – nous font revivre les audaces d’un siècle créateur et violent…

EXPOSITIONS


František Kupka, Printemps cosmique II, 1911-1920, huile sur toile, 115 x 125 cm, République tchèque, Prague, achat, 1946. © Adagp, Paris 2018 © National Gallery in Prague 2018.

Kupka redécouvert

Comme beaucoup de ses pairs des avant-gardes, il a oscillé entre le figuratif et l’abstraction, touchant au symbolisme, au cubisme, au futurisme, à l’expressionnisme et même au « machinisme » selon le néologisme d’un courant des années vingt. Pourtant, malgré son caractère étonnamment expérimental et ses talents de coloriste pur, le Tchèque Frantisek Kupka (1871-1957) n’a pas la notoriété de Picasso, Klee ou Derain. Après celle de 1989 au musée d’Art moderne, il bénéficie d’une nouvelle rétrospective qui pourrait inscrire son nom au panthéon populaire de l’art du XXe siècle, et des Français d’adoption : comme son ami Mucha, il est en effet autant chez lui à Paris qu’à Prague. C’est d’ailleurs à Puteaux qu’il finira sa vie, l’année après qu’Alfred Barr, le grand manitou du MoMA lui a acheté des œuvres. Certaines sont dans l’exposition, qui en réunit quelque trois cents.
Kupka au Grand Palais, du 21 mars au 20 juillet 2018.

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Léonard Tsuguharu Foujita, Portrait de l’artiste, 1928, huile et gouache sur toile, Paris, Centre Pompidou - Musée national d’art moderne - Centre de création industrielle © Fondation Foujita / Adagp, Paris, 2018 - Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Jacqueline Hyde

Foujita, le Japonais cosmopolite

Lunettes rondes, coupe au bol, petite moustache riquiqui (qu’un dictateur rendra définitivement inutilisable) et un chat éternellement juché sur l’épaule : c’est le portrait-robot du Japonais le plus célèbre de Paris dans l’entre-deux-guerres. Si Foujita (1886-1968) a vécu en France jusqu’à sa mort, c’est son époque Années folles qui continue de lui coller à la peau. Cette exposition l’explore en mettant en avant son goût du blanc, son trait clair et net. Sa femme Youki, Suzy Solidor et Kiki, ses amis Zadkine et Kisling sont là – tous les habitués de la Coupole et du Jockey ! Des prêts provenant de 45 institutions entourent les grands panneaux des Combats, qui auraient dû orner la Maison du Japon à la Cité universitaire, des portraits et des thèmes religieux – ne se convertira-t-il pas en 1959 pour finir sa vie dans la réalisation d’une chapelle rémoise ?
Foujita. Peindre dans les Années folles au musée Maillol, du 7 mars au 15 juillet 2018.

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Aalto, doux modernisme

Quatre A dans son nom, presque autant que pour l’andouillette ! Mais Alvar Aalto est indubitablement plus international. Finlandais à la longue carrière (1898-1976), il est évoqué à partir de maquettes, de plans, de photos qui retracent ses compositions en volume : les bâtiments bien sûr, dont le sanatorium de Paimio, œuvre maîtresse d’un jeune architecte d’à peine 30 ans, mais aussi les objets – fauteuils ou vases – qui montrent son obsession pour un design épuré où l’esthétique est bien au service de la fonction. Auteur d’une seule œuvre française, la maison de son marchand Louis Carré à Bazoches, Aalto développera une carrière internationale qui le mènera en Italie, en Allemagne, jusqu’en Irak et en Iran pour des projets malheureusement non réalisés.
Alvar Aalto. Architecte et designer à la Cité de l’Architecture, du 9 mars au 1er juillet 2018.

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August Sander, VI/44a/7, Prisonnier politique [Marcel Ancelin], Portfolio VI/44a — La Grande Ville, Prisonniers politiques, 1943, tirage gélatino-argentique, 1990. © Die Photographische Sammlung/SK Stiftung Kultur – August Sander Archiv, Cologne; VG Bild-Kunst, Bonn ; ADAGP, Paris, 2018. Courtesy of Gallery Julian Sander, Cologne and Hauser & Wirth, New York.

August Sander, les bons et les mauvais

Il a laissé son nom à une grande fresque sociale de la République de Weimar. Dans les Hommes du XXe siècle, August Sander (1876-1954) a portraituré les bourgeois citadins, les demi-mondaines, les paysans en goguette, les boulangers et les maçons. Dans le contexte tendu de la montée vers le totalitarisme et l’antisémitisme, une partie de son travail montre aussi les deux facettes d’une société allemande en décomposition, qui forment l’ossature de cette exposition : les persécuteurs nazis en uniforme et les persécutés, juifs ou communistes, dont son propre fils Erich, qui sera emprisonné et, fibre familiale oblige, deviendra photographe en milieu carcéral… August Sander, en hommage à son fils mort en 1944, intègrera ses photos à son propre projet.
August Sander. Persécutés/persécuteurs au Mémorial de la Shoah, du 8 mars au 15 novembre 2018.

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LIVRES

Comar, l'as du graphite

Quand il dessine les veines du bois, il est presque aussi virtuose qu'Asher B. Durant, le paysagiste américain du XIXe siècle. Mais Philippe Comar, professeur aux beaux-arts, sait appliquer ce regard perçant et cette main sûre à des sujets autrement scabreux comme les entrailles ou les monstres du musée Dupuytren. Il peut se prendre de passion pour des moteurs, des turbines, des résonateurs électriques ou nous emmener visiter les cintres du cirque d'Hiver ou l'usine de traitement des ordures d'Ivry. Même quand il est sous la roulette du dentiste, ce dessinateur compulsif est encore capable de griffonner ! Un étonnant univers que complètent squelettes d'animaux, pyrites et jungles et que l'on peut aussi découvrir à la Villa Tamaris, à La Seyne-sur-Mer, jusqu'au 22 avril.
Philippe Comar. Dessin contre nature, éditions Tohu Bohu, 2018, 338 p., 35 €.

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE


GÉRARD GAROUSTE - ZEUGMA

15 mars 2018 - PARIS - Galerie Templon

Un artiste qui trouve dans la mythologie, la Bible et Dante une source d'inspiration permanente

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