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N° 509 - du 29 mars 2018 au 4 avril 2018


Eugène Delacroix, Le 28 juillet 1830. La Liberté guidant le peuple, 1830 (Salon de 1831), huile sur toile. 260 x 325 cm. Musée du Louvre © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Michel Urtado.

L'AIR DU TEMPS

Delacroix, un bilan

PARIS - « Encore Delacroix ! » Sébastien Allard, directeur du département des peintures du Louvre et l’un des deux commissaires de l’exposition, anticipait, lors de sa présentation, la potentielle réponse du public à cette rétrospective, tant le chef de file romantique semble avoir été vu et revu. La faute à l’ancien billet de 100 francs et sa Liberté guidant le peuple... En réalité, cela fait plus de cinquante ans qu’une telle réunion d’œuvres n’a pas été proposée à Paris. Depuis 1963, exactement, où l’accumulation fut spectaculaire – quelque 700 numéros. Il n’y en a cette fois-ci que 200 mais une belle sélection de pièces monumentales et si certaines n’ont pas eu à beaucoup voyager – le Louvre possède la première collection au monde -, il n'a pas été possible de descendre tout le monde : la gigantesque Mort de Sardanapale est restée dans sa salle. Il y a de beaux prêts de l’étranger (Bâle, Berlin, Houston, Mexico, Prague, Rotterdam, Washington…) et l’amplitude du propos va des dessins de jeunesse aux étonnantes compositions florales de la maturité, jusqu’à l’échec cuisant du Salon de 1859. Dans une alcôve au centre du parcours, des volumes du Journal, une entreprise démesurée que Delacroix tint pendant plus de quinze ans, de 1847 à 1863, montrent le talent multiforme et le doute constant de celui qui fut à tous points de vue le rival et l’exact contraire d’Ingres.
Delacroix (1798-1863) au musée du Louvre, du 29 mars au 23 juillet 2018. Catalogue Hazan.

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EXPOSITIONS

Parés pour le japonisme

GIVERNY – Face à la déferlante japoniste annoncée pour cette année, qui vise à célébrer l’anniversaire des relations diplomatiques entre la France et le Japon (1858) et de l’ouverture du pays au reste du monde (1868), il est nécessaire d’avoir quelques points de repère. Cette exposition, qui voyagera ensuite en Allemagne, en donne un certain nombre en prenant pour point de départ la galaxie impressionniste, qui fut la première à avoir le béguin ès choses nippones, raffolant de l’éventail, du kimono, de la lanterne en papier... Des thèmes majeurs – la geisha, les peintres collectionneurs, l’estampe – permettent d’aborder le sujet de manière transversale en convoquant des artistes aussi variés que Toulouse-Lautrec, Gauguin, Vallotton, Vuillard ou Rivière (l’auteur des « 36 Vues de la tour Eiffel », écho non dissimulé à celles du mont Fuji)
Japonismes/Impressionnismes au musée des Impressionnismes, du 30 mars au 15 juillet 2018. Catalogue Gallimard.

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Portrait de Ferdinand de Lesseps, XIXe siècle © Souvenir de Ferdinand de Lesseps et du Canal de Suez / Lebas Photographie Paris.

Suez, anatomie d’un mythe

PARIS – Le titre n’est pas trompeur : le canal de Suez, inauguré en 1869, fut bien une épopée. Une épopée d’ingénierie (qui fit la gloire de Ferdinand de Lesseps) comme le prouvent les maquettes des villes nouvelles (Ismaïlia et Port-Saïd) ou les photos anciennes qui immortalisent les gigantesques dragues à déversoir. Mais aussi une épopée politique : lorsque Nasser veut mettre en échec le monde occidental et capitaliste, en 1956, il le fait en nationalisant le canal. Epopée économique, enfin : l’élargissement mené tambour battant, au prix de travaux réellement « pharaoniques », a permis d’inaugurer un canal doublé en août 2015, donc de mettre fin à la circulation alternée et de réduire le temps moyen de parcours. A terme, l’Egypte devrait accroître ses recettes jusqu’à 10 milliards de dollars annuels. Peintures, correspondances, affiches, ex-voto et films (de Lawrence d’Arabie à OSS 117) évoquent un mythe qui perdure.
L’épopée du canal de Suez à l’Institut du monde arabe, du 28 mars au 5 août 2018. Catalogue Gallimard.

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Aldo Galli, Composizione, 1955, huile sur panneau, collection Merlini.

L’inconnu Merlini

VENISE – Peut-on être un semi-anonyme et se constituer une collection de qualité des grands noms du XXe siècle ? Cela semble aujourd’hui impossible tant les sommes en jeu sont importantes. Pour ceux qui ont commencé dans les années soixante et qui ont patiemment tissé leur toile, en revanche, la réponse est positive. C’est en tout cas ce que semble démontrer le cas de Giuseppe Merlini, inconnu du grand public, né en 1932 à Busto Arsizio, dans la banlieue de Milan, où il dirige un gros cabinet d’expertise comptable. Il a créé en 2015 une fondation à son nom, chargée de promouvoir la formation, la culture et l’innovation chez les jeunes mais il est surtout remarquable par sa collection d’environ 400 pièces d’art italien. Couvrant une bonne partie du Novecento, elle comprend des Melotti, Savinio, Fontana, Burri, Baj, Morlotti et ne s’est pas embarrassée de laisser de côté des courants très médiatisés comme le Pop Art ou l’Arte Povera. Une sélection est présentée dans le cadre enchanteur et décadent du Palazzo Fortuny, lieu emblématique de ces passions privées puisqu’il abrita la superbe collection privée du couturier.
Una collezione italiana. Opera dalla collezione Merlini au Palazzo Fortuny, du 24 mars au 23 juillet 2018.

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LIVRES

Tsiganes dans l’objectif

Les Tsiganes ont été de bons clients pour les photographes de l’identité judiciaire. On veillait à ce que leurs carnets anthropométriques (avec « empreinte simultanée et non roulée des doigts réunis ») et leurs fiches de police soient à jour. Mais ils n’ont pas occupé que les mouchards. Ils ont aussi fasciné par leur effervescence, leur liberté, leur musique – comme le prince Roland Bonaparte, la jeune Suissesse Friedel Bohny Reiter, qui documente leur communauté au camp d’internement de Rivesaltes en 1943, ou des photographes reconnus comme François Kollar, Erwin Blumenfeld, Roger Schall ou Denise Bellon. Ce livre, qui accompagne une exposition au Musée national de l’histoire de l’immigration à Paris et survole un siècle de représentation, fait émerger quelques personnalités particulières, comme Emile Savitry, l’ami de Django Reinhardt, Jacques Léonard ou Matéo Maximoff, écrivain, pasteur, ethnographe et photoreporter. Mathieu Pernot qui a suivi le destin d’une famille d’Arles, les Gorgan, pendant vingt ans, donne quelques clés sur les rapports de la photographie et de l’univers gitan.
Mondes tsiganes, sous la direction d’Ilsen About, Mathieu Pernot et Adèle Sutre, Actes Sud, 2018, 192 p., 29 €.

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE


OLIVIER REBUFA

31 mars 2018 - MONTPELLIER - Galerie Annie Gabrielli

Quand l'artiste se transforme en chamane, grâce à sa connaissance intime de l'Afrique

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