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N° 513 - du 26 avril 2018 au 2 mai 2018


Graham Keen, Alberto Giacometti et Francis Bacon, 1965. Tirage gélatino-argentique ©Graham Keen.

L'AIR DU TEMPS

Giacometti et Bacon, si différents et si proches…

BALE - Les vis-à-vis sont devenus à la mode et Giacometti (1901-1966) semble être la valeur la plus en vogue dans ce domaine. On l’a récemment confronté à Bruce Nauman (au Schirn de Francfort), à Picasso (au musée Picasso de Paris), à Derain et Balthus (au musée d’Art moderne de la Ville de Paris). C’est maintenant le tour de Francis Bacon (1909-1992). A priori, rien ne semble rapprocher le Suisse austère, travaillant surtout en volume, de l’Anglo-Irlandais exclusivement peintre, hâbleur et porté aux excès dans les bars de Soho. En réalité, bien des points les unissent (et pas seulement le fait que Giacometti, derrière son apparence, de calviniste des Grisons, fut porté sur certains plaisirs de la vie). Plus profondément, elle lance des ponts entre leurs obsessions communes : la figure humaine et sa dilution dans l’abstraction, l’isolement, le recours permanent aux grands exemples du passé (Vélasquez n’en est qu’un exemple évident pour Bacon, l’art égyptien et étrusque pour Giacometti). Derrière les deux hommes, une femme sert de fil conducteur : Isabel Rawsthorne (1912-1990). Une personnalité étonnante, largement oubliée, qui fut elle-même peintre mais surtout muse (et souvent amante) d’artistes variés. On compte dans le lot Epstein, Derain, le compositeur Constant Lambert, et, on l’a compris, Giacometti (qui en fut éperdument amoureux à la veille de la Seconde Guerre mondiale) et Bacon. Picasso, pourtant réputé irrésistible, n’aurait pas réussi à la conquérir. Avec son magnétisme et son existence marquée par des passions violentes (l’amour, le sexe, l’alcool), elle n’aurait pas joué un rôle insignifiant dans la genèse des deux grandes œuvres du XXe siècle…
Bacon Giacometti à la Fondation Beyeler, du 29 avril au 2 septembre 2018.

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EXPOSITIONS


Nicolas de Staël, Agrigente (détail), 1953-54, huile sur toile, Collection particulière - Courtesy Lefevre Fine Art, Londres © Adagp Paris, 201

De Staël, brûlé par le soleil de Provence

AIX-EN-PROVENCE - Nicolas de Staël, né en 1914, d’origine russe, a un lien particulier avec le Sud, et pas seulement pour avoir choisi de s’y donner la mort en se jetant du haut de sa terrasse d’Antibes, le 16 mars 1955. Le séjour qu’il effectue en Provence, une seule année dans le Luberon, en 1953-1954, sera comme le feu d’artifice final d’une existence intense et torturée. Arrivé à l’invitation de René Char, partagé entre son épouse et sa passion pour une nouvelle femme, il produit à une cadence impressionnante (la centaine d’œuvres présentées le prouve), épurant son art et lui donnant un chromatisme enflammé qui contamine les bateaux, les ports, les arbres et les maisons – encore davantage après le voyage de l’été 1954 en Sicile. Quelques aplats au couteau, du rouge, du bleu, du blanc aveuglant, du jaune, du violet même : le décor est posé, c’est abstrait mais c’est bien la Méditerranée. Mieux encore, une vision – au sens mystique - de la Méditerranée…
Nicolas de Staël en Provence à l’hôtel de Caumont, du 27 avril au 23 septembre 2018.

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Escher, le roi de l’illusion

LEEUWARDEN - Maître des trompe-l’œil, Escher, avec son nom cosmopolite, ne laisse pas deviner son origine. Il est de la Frise, en Hollande, et sa ville natale, Leeuwarden étant capitale européenne de la Culture, a jugé bon de l’honorer d’une grande rétrospective. L’exposition aurait pu être accueillie dans la demeure patricienne où il vit le jour en 1898, mais c’est aujourd’hui un musée réputé de céramique. L’hommage – qui s’annonce un succès (plus de 25 000 billets vendus avant l’ouverture) tant son art plaît urbi et orbi -, a donc dû prendre ses quartiers dans le tout neuf musée de la région, qui dédie déjà une section permanente à l’enfant prodigue. Car l’art tout en illusion d’Escher s’appuie sur un substrat très classique. Ses architectures impossibles se sont nourries de nombreux voyages vers le soleil, notamment en Italie. Les gravures (80) constituent la colonne vertébrale, complétées par quelques dessins et objets. Pour compléter ce programme qui peut laisser sur sa faim, le musée annonce, en parallèle, un programme nourri d’installations contemporaines jouant sur le thème du trompe-l’œil.
Escher’s Journey au Friesmuseum, du 28 avril au 28 octobre 2018.

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LIVRES

Lerski, un hymne aux pionniers

Il a un nom (qui n’est d’ailleurs que le pseudonyme d’Israel Schmuklerski) de coureur de fond finlandais ou de spartakiste autrichien. Il n’est aucun des deux mais, au fond, un petit peu des deux. Juif de Strasbourg, passé par la Suisse, les Etats-Unis et l’Allemagne, Helmar Lerski (1871-1956) fait de la photographie une arme politique, documentant la vie des pionniers en Palestine dans les années trente. Fasciné par le portrait, il sculpte les corps et surtout les visages comme les sculpteurs attiques le marbre… sans se douter que cette thématique en vogue sera bientôt pain bénit pour les nouvelles théories raciales. Une exposition au musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme permet de redécouvrir ce champion largement oublié des avant-gardes. Une petite note du directeur, Paul Salmona, permet de saisir l’histoire mouvementée de l’acquisition de ce fonds, qui aurait pu patiner pendant des années s’il avait dû mener à un contentieux, quatre droits différents s’appliquant à cette affaire (français, suisse, israélien et anglais de la Palestine mandataire)…
Helmar Lerski, pionnier de la lumière, Gallimard, 2017, sous la direction de Nicolas Feuille, Gallimard, 2018, 176 p., 32 €.

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BRÈVES

MONACO – Le salon d’art moderne et contemporain artmonte-carlo se tient les 28 et 29 avril 2018.

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MONTROUGE – Le 63e Salon de Montrouge se tient du 28 avril au 23 mai 2018.

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE


Gil Joseph Wolman - Rêve général

26 avril 2018 - PARIS - Galerie Nathalie Seroussi

Un personnage hors normes (1929-1995), lettriste et inventeur de "l'art scotch"

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