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N° 556 - du 3 octobre 2019 au 9 octobre 2019


Henri de Toulouse-Lautrec, Au cirque Fernando : Ecuyère, 1887-1888, huile sur toile, 103,2 x 161,3 cm. © Chicago, The Art Institute of Chicago.

EXPOSITIONS

Toulouse-Lautrec, un géant

PARIS – Certes pas au sens propre : il était nabot, on le sait. Mais au plan créatif : en une courte vie (37 ans, de 1874 à 1901), il s’affranchira de l’académisme de sa formation chez Cormon pour être l’un des innovateurs de la fin du siècle. Mêlant dans une œuvre abondante et colorée les combustibles du post-impressionnisme, du japonisme et d’un futurisme avant la lettre, il ne se réduit pas au chroniqueur des dancings interlopes. Jouant de poses très photographiques, utilisant au mieux l’éclairage électrique pour des effets saisissants, doté d’un coup de crayon d’une pureté essentielle, il croque l’univers nocturne de Paris, et fait de Montmartre et du Moulin rouge des icônes mondiales. Sa popularité, une « vengeance » selon le commissaire Stéphane Guégan (avec Danièle Devynck qui quitte sur cette belle note la direction du musée Toulouse-Lautrec d’Albi) tient beaucoup à ses affiches alors qu’il n’en a réalisé qu’une trentaine… Mais, comme le notait le visionnaire Félix Fénéon (qui conseillait de les décoller et de les collectionner), elles lui permirent de travailler les très grands formats et surtout de descendre dans la rue – d’être visible par tous. Première exposition de cette ampleur depuis celle de 1992, elle bénéficie de prêts importants, notamment de l’Art Institute de Chicago, comme le Cirque Fernando. Le cirque : une passion majeure (partagée par l’un de ses admirateurs, Picasso, arrivé à Paris en 1900), et qui lui offrira quelques mois de répit. Interné en 1899 car épuisé et syphilitique, sa famille ne le laisse sortir qu’après une épreuve victorieuse : dessiner 39 scènes de clowns et d’acrobates…
Toulouse-Lautrec, résolument moderne au Grand Palais, du 9 octobre 2019 au 27 janvier 2020.

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Charlotte Perriand, salle de réception, 1955 © Adagp, Paris, 2019 © AChP.

Charlotte Perriand, de la modernité avant toute chose

PARIS – Elle a connu tout son siècle, étant née en 1903 et décédée en 1999. Active dès le début des années vingt, elle concevait encore une maison de thé en 1993… Amie de Le Corbusier, Jean Prouvé, Fernand Léger ou Matila Ghyka (esprit encyclopédique, auteur d’un ouvrage fondateur sur le nombre d’or), conceptrice de meubles (épurés, géométriques, fonctionnels), de bijoux (un collier de roulements à bille !), mais aussi d’architecture intérieure et extérieure, Charlotte Perriand a toujours tutoyé les avant-gardes. L’exposition emploie les grands moyens pour la ressusciter à 20 ans de sa mort. En accumulant les objets qu’elle a créés, ainsi que ceux de ses contemporains artistes – dont de belles tapisseries de Le Corbusier -, mais aussi et surtout en recréant les intérieurs pour lesquels elle avait une patte inimitable. Voici la maison du jeune homme, présentée à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1935, voici la chambre d’étudiant de la Maison de la Tunisie à la Cité universitaire en 1952, ou encore, cerise sur le gâteau, la Maison du bord de l’eau de 1934, qui répond bien à son nom : elle est placée à côté du bassin…
Le monde nouveau de Charlotte Perriand à la Fondation Louis Vuitton, du 2 octobre 2019 au 24 février 2020.

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De Pisis l’oublié

MILAN – Il n’a jamais eu la notoriété de son « pays » Carlo Carrà. Né comme lui dans les brumes de la plaine du Pô, à Ferrare, Filippo de Pisis (1896-1956) n’a pas « percé » à l’étranger malgré un séjour de 15 ans à Paris. Après avoir touché à la peinture métaphysique à ses débuts, il s’oriente ensuite vers un naturalisme délicat s’exprimant dans les paysages et les portraits. Sa fin est poignante : atteint de paralysie, il ne peut plus peindre et s’éteint dans un hôpital psychiatrique.
De Pisis au Museo del Novecento, du 4 octobre 2019 au 1er mars 2020.

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LIVRES

Mon beau jardin

C’était l’époque où un ouvrage en trois exemplaires constituait une édition nombreuse… Ce qui est le cas du Tractatus de herbis, réalisé à Padoue et dont les Beaux-Arts de Paris conservent une version complète. Un herbier remontant au XIVe siècle et dont le contenu reproduit en fac-similé peut bien nous rappeler les herbiers Vilmorin : on y trouve l’aubergine et la banane, fruits assez neufs à l’époque car arrivés avec les conquêtes arabes, mais aussi l’oignon, le chou, les cardes, bien européens. Mais la poésie des petites bêtes qui se cachent dans les feuillages – furet ou lapin - ou des animaux semi-mythologiques (voir l’éléphant !) lui donnent une personnalité particulière. On regrette l’absence d’un commentaire détaillé pour chaque plante : le texte manuscrit est en latin et beaucoup des plantes médicinales nous sont devenues étrangères…
L’herbier. Tractatus de herbis, Beaux-Arts de Paris éditions, 2019, 384 p. 30 €.

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