ANNONCER

ArtAujourdhui.Hebdo

N° 520 - du 14 juin 2018 au 20 juin 2018


Frida sur le banc, 1939, photographie par Nickolas Muray © Nickolas Muray Photo Archives

L'AIR DU TEMPS

Frida, coquette jusqu’au bout

LONDRES - Tout ce qui touche à Frida Kahlo perd le statut d’objet du quotidien pour devenir objet mystique. Il y a beaucoup d’argent en jeu mais ce n’est pas la seule raison. Il y a quelques mois, une violente polémique a opposé la famille à propos d’une poupée Barbie – pouvait-on jouer ainsi avec une icône ? Dans la sacralisation de l’univers de l’artiste mexicaine, c’est aujourd’hui le tour de sa garde-robe : elle est exposée comme s’il s’agissait quasiment de reliques religieuses. Il y a là les huipiles (les blouses colorés de la région d’Oaxaca) qu’elle affectionnait particulièrement, des jupes de satin, ses cosmétiques. Mais ce qui fait évidemment le plus effet, ce sont les marques de sa souffrance (atteinte de polio dans sa jeunesse puis victime d’un terrible accident de tram, brisée par une barre de fer qui lui pénétra dans les chairs) : ses corsets peints d’une végétation fantastique ou sa prothèse de jambe, qu’elle décora d’une bottine rouge vif. C’est un choix qui épouse parfaitement l’actuel discours sur l’égalité : pourquoi les handicapés ne pourraient-ils pas être aussi coquets que leurs semblables ?
Frida Kahlo: Making Her Self Up au Victoria & Albert Museum, du 16 juin au 4 novembre 2018.

En savoir plus

Voir la Newsletter complète

Abonnement (petit)

ANNONCER