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N° 520 - du 14 juin 2018 au 20 juin 2018


Frida sur le banc, 1939, photographie par Nickolas Muray © Nickolas Muray Photo Archives

EXPOSITIONS

A propos de la dictature du blanc en sculpture…

PARIS - Le Corbusier avait publié un livre, Quand les cathédrales étaient blanches, tout plein de son admiration pour l’Amérique verticale. Cinquante ans plus tard, comme pour dissiper la fausse idée que ce titre fameux avait instillé dans l’esprit des gens, l’historien de l’art Alain Erlande-Brandenburg répondait par un Quand les cathédrales étaient peintes. Ce qui est évidemment la vérité... Cette perception d’une blancheur originelle nous poursuit aussi pour la sculpture : les Grecs et les Romains, par exemple, ne peuvent avoir produit que des Vénus d’un marbre immaculé. Et les gothiques des prophètes pâles que seul le passage du temps peut jaunir. C’est la faute à Winckelmann : peu importe que la couleur ait été, en réalité, toujours présente : notre méfiance envers la sculpture polychrome déborde désormais sur toutes les périodes, comme le prouve l’exposition du musée d’Orsay qui entend réhabiliter les victimes du XIXe siècle. Gérôme et Gauguin (parce qu’ils sont aussi peintres), Cordier et Carriès (tout récemment) sortent du lot. Mais qui se souvient de Lombard, de Barrias, de Rivière ? Grès émaillés, bronzes dorés, pâtes de verre scintillent et donnent vie à leurs sculptures mais elles sont presque automatiquement classées (déclassées, plutôt) kitsch. Il reste du chemin à parcourir pour écorner la suprématie du blanc !
En couleurs. La sculpture polychrome en France au musée d'Orsay, du 12 juin au 9 septembre 2018.

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