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HISTOIRE DE L'ART

Après la guerre

Laurence Bertrand Dorléac

L’image d’une France radieuse, tout engagée dans la reconstruction et les lendemains qui chantent ? L’image d’une France où l’artiste contribue au relèvement de la nation, grâce au rationalisme positif et atavique de sa race ? En 1945, ces clichés ont longtemps eu cours, alimentés par le chauvinisme de certains critiques comme Bernard Dorival. Le projet de l’auteur, qui combine des compétences bienvenues en histoire et en histoire de l’art, est de leur tordre le cou. Plongeant dans l’immédiat après-guerre, évoquant des expositions « fondatrices » comme « Hautes pâtes » de Dubuffet à la galerie Drouin en mai 1946 ou « Le noir est une couleur » chez Maeght en décembre 1946, elle montre combien l’expérience de la guerre, de la mort, de l’inhumain a fait perdre à nombre d’artistes la foi dans le progrès et la raison. Les démonstrations s’enchaînent, faisant revivre des artistes un peu trop oubliés - Bazaine et ses grillages, le « damné » Wols, Manessier, Atlan - et d’autres apôtres du désespoir comme Artaud, de Staël et Bram van Velde, qui trouvent dans l’informel, le noir, les matières pauvres l’aliment de leur créativité. Même si l’ouvrage est de dimensions restreintes, on regrette l’absence d’un index des noms.


Après la guerre par Laurence Bertrand Dorléac, Gallimard, 2010, 176 p., 25 €

Après la guerre - Laurence Bertrand Dorléac


Critique parue dans la newsletter N° 168 - du 25 mars 2010 au 31 mars 2010

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