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La Manufacture du meurtre

Alexandra Midal

On associe généralement le design à une pensée positive, au beau, à l’utile, au confortable. Mais le mot évoque aussi l’efficacité et l’on sait combien cette vertu a alimenté d’effrayantes dérives dans les régimes totalitaires… Le design a une face obscure, c’est ce que nous rappelle cet ouvrage, qui étudie un cas original : celui du premier tueur en série recensé aux Etats-Unis, Henry Howard Holmes (1861-1896). Dans la ville – Chicago - où la rationalisation s’incarnait déjà dans les chaînes de l’abattoir (qui alimenta l’imagination d’Hergé dans Tintin), cet homme l’appliqua à sa propre demeure. Il se fit construire un véritable manoir d’une centaine de chambres, en les dotant des dernières techniques (électricité, insonorisation, gestion par télécommande, isolation des cuves à acide et chaux vive, ignifugation perfectionnée de la pièce comprenant le crématorium, trappes et escaliers cachés…) pour pouvoir perpétrer ses meurtres de manière optimale. L’idéal de la productivité est ici détourné pour assassiner les dactylos et secrétaires que séduit le bel homme (un peu comme Landru). Il faut lui reconnaître une imagination diabolique : pour éliminer les traces du crime, il dépeçait ses victimes et vendait leur squelette aux écoles d’anatomie…


La Manufacture du meurtre, par Alexandra Midal, Zones, La Découverte, 2018, 112 p., 12 €.

La Manufacture du meurtre - Alexandra Midal


Critique parue dans la newsletter N° 530 - du 18 octobre 2018 au 24 octobre 2018

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