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N° 514 - du 3 mai 2018 au 9 mai 2018


Roman Cieslewicz, Che Si, Éditions Georges Fall, 1967. Affiche, sérigraphie © Adagp, Paris 2018 Photo : Paris, MAD Jean Tholance.

L'AIR DU TEMPS

Cieslewicz, graphiste en chef

PARIS - Dépolluer l’œil, disait-il ! Ce Polonais inclassable, sans cesse en action, avec sa boîte à outils (ciseaux, colle, crayons, photos), tient la dragée haute aux effets spéciaux de l’ère numérique. Roman Cieslewicz (1930-1996) a œuvré avant et c’est sans doute mieux ainsi : il y a dans ses créations toute la poésie de l’artisanat, du manuel, du volume. Ce graphiste boulimique (l’exposition présente 700 pièces différentes) a brillé dans l’affiche comme ses compatriotes, mais aussi dans les couvertures de livres et de magazines, dans la publicité, dans la mode (c’est Peter Knapp, fameux découvreur de talents, qui l’engagea à Elle), dans la satire politique (à Kamikaze et avec ses copains, dont Topor, du groupe Panique. Grand archiviste, Cieslewicz gardait ses coupures de presse dans des centaines de boîtes (comme Hergé), qui sont un élément essentiel de l’exposition.
Roman Cieslewicz, la fabrique des images au Musée des arts décoratifs (MAD), du 3 mai au 23 septembre 2018.

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EXPOSITIONS


Gabriele Münter, La Mer bleue, 1954, huile sur toile, 50x65 cm, Neue Galerie der Stadt Linz.

Gabriele Münter, femme et expressionniste

COPENHAGUE – Elle est classée parmi les expressionnistes allemands du groupe Blaue Reiter, mais sans avoir la notoriété de ses pairs masculins Macke et Marc. Le couple qu’elle a formé avec Kandinsky (alors qu’elle était encore étudiante) n’a pas non plus aidé à son affirmation en tant qu’artiste indépendante. Gabriele Münter (1877-1962) bénéficie dans le cadre séduisant du Louisiana d’une importante rétrospective. Celle-ci prend un sens particulier au Danemark, où sa première exposition remonte à exactement cent ans. Figure étonnante, Münter avait commencé par le photographie lors d’un séjour de deux ans aux Etats-Unis autour de 1900. Les quelque 130 œuvres montrent ses talents de coloriste mais aussi de portraitiste, malgré la simplification des formes qu’elle opère, son goût pour le paysage et ses tentatives en direction de l’abstraction.
Gabriele Münter au Louisiana Museum of Modern Art, du 3 mai au 19 août 2018.

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Pierre-Auguste Renoir, La Famille de l'artiste, 1896, huile sur toile, 173 x 137.2 cm © 2017 The Barnes Foundation.

Renoir père et fils

PHILADELPHIE – Il arrive qu’un père et un fils brillent de la même intensité dans des disciplines proches ou différentes – on prendra pour exemple les Rostand (Edmond et Jean) ou les Douglas (Kirk et Michael). Le cas des Renoir est tout de même assez unique puisque le père (Pierre-Auguste, 1841-1919) fut l’un des fondateurs de l’impressionnisme et son fils (Jean, 1894-1979) le « plus grand réalisateur du XXe siècle » selon Orson Welles dans sa nécrologie. Une confrontation entre les deux a déjà été tentée à plusieurs reprises, notamment en 2005 à la Cinémathèque. La force de la Fondation Barnes est évidemment de posséder la plus grande collection au monde d’œuvres de Renoir Sr – exactement 181 ! La relation ambivalente – admiration mais aussi rejet – est explorée avec des juxtapositions d’œuvres (toiles et extraits de films) mais aussi avec la présentation des carnets de Jean et, aspect moins connu, avec ses autres tentatives artistiques. Dans sa jeunesse, dans une sorte d’émulation, il tenta de trouver sa voie dans sa céramique (un de ses frères, Claude, y brillera aussi). Le docteur Barnes, curieux et attentif à toutes les expressions, avait acheté une vingtaine de poteries de cet artiste prometteur mais inconnu…
Renoir: Father and Son/Painting and Cinema, à la Fondation Barnes, du 6 mai au 3 septembre 2018.

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Otto Steinert, The Luminogram II, 1952

Photo et peinture, la course à l’abstraction

LONDRES – Quand on confronte la peinture et la photographie, c’est généralement pour montrer combien la seconde a supplanté, ou stimulé, la première dans le domaine du figuratif. Cette rivalité s’est parfois exprimée en sens contraire, quand les photographes dits pictorialistes se sont mis en tête d’imiter la peinture… Curieusement, les interactions sont bien moins étudiées au sujet de l’abstraction. La peinture abstraite et la photographie abstraite ont-elles partie liée ? Oui, semble démontrer l’exposition de la Tate qui ménage des face-à-face intéressants, en faisant à l’occasion sortir de l’anonymat des artistes valables : entre les toiles cubistes de Braque et les clichés de Pierre Dubreuil, entre les drippings de Pollock et les « luminogrammes » de Steinert, entre l’Op Art de Bridget Riley et les photogrammes de Floris Neusüss. Parmi les duellistes, figurent aussi Man Ray, Kertész, Miró…
Shape of Light : 100 Years of Photography and Abstract Art, à la Tate Modern, du 2 mai au 14 octobre 2018.

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LIVRES

Archéologie au programme

Dans un monde mouvant, qui vit de plus en plus sur le rythme du staccato, nous avons soif de repères. Les mémentos, compendiums et autres annuaires ont existé de tout temps mais ils connaissent une nouvelle floraison. A absorber en 3 minutes (c’est le titre d’une collection) ou à tête plus reposée, il y a là de quoi se constituer une culture par procuration – sans lire les œuvres originales ni fréquenter les sites. Dans ce domaine, on serait preneur soit d’ironie, soit d’originalité dans le classement (Phaidon a récemment publié une rétro-histoire de l’art assez bien vue), soit de clarté. Cet ouvrage sur une discipline ardue (l’archéologie) se qualifie dans la dernière catégorie. Les quelques millénaires de notre histoire sont balayés de manière chronologique bien cadencée. Pour chacune des cinq grandes périodes (jusqu’à 1600, même si l’on sait qu’on peut faire de l’archéologique sur le site du tournage de Peau d’âne !), une carte annonce la cinquantaine de sites qui seront ensuite brossés en deux pages, mêlant description, biographies, gros plan. Babylone et Teotihuacán sont là, mais aussi des sites et moments moins connus comme Caral au Pérou ou le siège de Lakish par les Assyriens. Picorez, il en restera toujours quelque chose !
Tout sur l’archéologie, ouvrage collectif sous la direction de Paul Bahn, Flammarion, 2018, 576 p., 35 €.

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE


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3 mai 2018 - PARIS - gb agency

Un artiste (né en 1972) marqué par le monde naturel et par la question de la reproduction de l'image

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