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N° 526 - du 13 septembre 2018 au 19 septembre 2018


Alphonse Mucha, Le Zodiaque, 1896, lithographie en couleur, 65,7x48,2 cm. Prague, Fondation Mucha. Mucha Trust 2018.

L'AIR DU TEMPS

Mucha, un champion de l'Art nouveau revisité

PARIS - Il est scotché à ses égéries florales Art nouveau : la notoriété de l’artiste tchèque Mucha (1860-1939) est étroitement liée à ces héroïnes de papier, aux chevelures en cascade, au teint d’ivoire et aux robes interminables. Sarah Bernhardt fut la première à lui donner sa chance et le rendit célèbre du jour au lendemain avec l’affiche de la pièce Gismonda de Victorien Sardou. Mucha, homme cultivé et cosmopolite (il a longtemps habité à Paris, où il fut un ami proche de Gauguin qu’il accueillit dans son atelier, eut un bureau à New York, enseigna à Chicago et fit plusieurs voyages documentaires dans les Balkans), n’arrive pas à se défaire de ce bagage encombrant. Cette exposition, presque entièrement nourrie du fonds pragois du Mucha Trust, élargit sa stature : il fut aussi photographe – ne rechignant pas au nu ni à la farce de potache -, décorateur d’intérieur, publicitaire (pour des savons ou des parfums) et même dessinateur de timbres et de billets de banque. Ce qu’il considéra comme son chef-d’œuvre, le cycle de l’Epopée slave, n’a pas fait le voyage et l’on reste un peu sur sa faim en matière de toiles mais l’on dispose d’un aperçu significatif de ses nombreux centres d’intérêt. Celui qui célébrait la beauté éthérée, les femmes et les fleurs, fut arrêté par la Gestapo après l’invasion de la Tchécoslovaquie, braqué par des canons froids, et mourut, désespéré, un 14 juillet. Triste fin d’un artiste qui fut aussi celle d’un continent...
Alphonse Mucha au musée du Luxembourg, du 12 septembre 2018 au27 janvier 2019.

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EXPOSITIONS


Pablo Picasso, Femme à la corneille, 1904, gouache et pastel sur papier, 65 x 49,5 cm, © Toledo Museum of Art © Succession Picasso 2018.

Picasso le bleu, Picasso le rose

PARIS - Picasso est inépuisable. Alors que le musée Picasso de Paris vient d’inaugurer une exposition simplement intitulée « Chefs-d’œuvre », le musée d’Orsay s’attache à quelques années fondamentales : 1900-1906. Encadrés d’un côté par son premier voyage à Paris (à l’automne 1900 pour l’Exposition universelle où il a un tableau), de l’autre par la gestation d’un tableau-manifeste (les Demoiselles d’Avignon), elles peuvent être facilement synthétisées pour le grand public par deux époques aux noms désormais universels. La bleue d’abord, a priori triste (inspirée notamment par le suicide de son ami Casagemas), puis la rose, a priori gaie. Il n’en est pas toujours ainsi, Picasso déjouant souvent les classifications et gardant des constantes – comme le goût pour l’érotisme. Avant une rétrospective encore plus pointue à venir en Amérique (sur la seule période bleue à la Phillips Collection de Washington et à l'Art Gallery of Ontario à Toronto), l’exposition permet de faire revenir en France des tableaux depuis longtemps éloignés comme la Vie ou Femme et enfant au bord de la mer.
Picasso. Bleu et rose au musée d’Orsay, du 18 septembre 2018 au 6 janvier 2019.

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Vignette imagée éditée par le Chocolat Pupier : n°53, « Alaouites - Le Krak des Chevaliers » © Collection particulière .

Les chevaliers font le Crac

PARIS - C’est un lieu mythique, dans la Syrie martyrisée par une interminable guerre. Il en a connu bien d’autres mais celle-ci, même si elle ne l’a touché qu’au début (2013-2014), l’a évidemment affecté. Tirant son nom des Kurdes (Hisn Al-Akrad, ou la « forteresse des Kurdes »), il approche de son deuxième millénaire. D’abord utilisée par les Romains, la place forte est prise par les Croisés en 1099 et restera dans le giron des chrétiens d’Orient (notamment des Hospitaliers) jusqu’en 1271, quand elle tombe sous les coups du sultan Baybars. Le Crac repasse sous le feu des projecteurs européens au XXe siècle quand la Syrie passe sous mandat français et que T.E. Lawrence le définit comme « le plus beau château du monde ». L’exposition retrace ce lien particulier avec la France (qui l’acquiert en pleine propriété en novembre 1933 et le restaure) et les problèmes que pose sa conservation dans la situation actuelle.
Le Crac des Chevaliers. Chronique d’un rêve de pierre à la Cité de l’architecture et du patrimoine, du 14 septembre 2018 au 14 janvier 2019.

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Lutz Bacher, The Lee Harvey Oswald Interview, 1976, collage. The Metropolitan Museum of Art, New York, Courtesy of the artist and Greene Naftali, New York © Lutz Bacher.

Complots d’artistes

NEW YORK – En ces temps où la théorie du complot est devenue omniprésente, pervertissant notre vision de la réalité, cette exposition montre qu’il ne s’agit pas d’une tendance nouvelle. Avec le développement au XXe siècle des bureaucraties occidentales et, parallèlement, de l’univers électronique et du fichage, des artistes ont depuis longtemps plongé avec délice dans cette zone grise, dévoilant vraies ou fausses conspirations. Qu’il s’agisse de révéler les liens des politiciens avec la mafia, les pratiques des seigneurs de l’immobilier ou les secrets des vendeurs d’armes, des artistes se sont depuis longtemps attachés à dévoiler les réseaux cachés du pouvoir, comme Mark Lombardi avec ses étonnants diagrammes, ou la civilisation de la surveillance généralisée avec Trevor Paglen et ses installations. D’autres ont inventé des mondes parallèles où faits (hard facts, comme disent les Américains) et songes se mêlent subtilement, comme chez Jim Shaw ou Peter Saul. Les deux écoles sont réunies et il ne sera pas facile de démêler le vrai du faux…
Everything is Connected. Art and Conspiracy au Met Breuer, du 18 septembre 2018 au 6 janvier 2019.

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LIVRES

Gruyaert balnéaire

Membre de l’agence Magnum depuis 1981, surtout connu pour ses images du Maroc, Harry Gruyaert (né en 1941), a une autre passion, les rivages – océaniques, marins ou fluviaux. Cette anthologie, publiée la première fois en 2003 et enrichie depuis, en présente la quintessence dans un appareil critique minimal (une petite introduction de Richard Nonas, artiste mythique du paysage, et des légendes réduites à l’os). Une façon de dire – et on peut y souscrire – que les images se suffisent à elles-mêmes. De 1973 (Badwater, Californie) à 2016 (la Côte d’Opale), près d’un demi-siècle de photographies nous emportent d’Ostende (Gruyaert est Flamand) à Berck-Plage, de Biarritz à Zanzibar. La balade commence à Fort-Mahon, sur une plage lumineuse aux joyeux baigneurs et se clôt sur un horizon niçois de 1988, vide et chargé de nuages noirs. On est tenté d’y voir un avertissement symbolique et subliminal sur la marche de notre monde.
Rivages, par Harry Gruyaert, Textuel, 2018, 144 p., 49 €

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