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N° 529 - du 4 octobre 2018 au 10 octobre 2018


Jean-Michel Basquiat, Sans titre, acrylique et crayon gras sur papier, 76,2 x 55,8 cm. Collection particulière.

L'AIR DU TEMPS

Basquiat, la démonstration par 120

PARIS – On a déjà vu de belles rétrospectives de Basquiat, notamment au musée d’Art moderne de la Ville de Paris en 1984 (sous la baguette de Suzanne Pagé, actuelle directrice artistique de la Fondation) ou 2010 ou, plus récemment, au Barbican de Londres. Mais celle-ci devrait marquer, par son ampleur – 120 œuvres dont certaines de très grandes dimensions. La valeur des peintures de Basquiat monte inexorablement, rendant plus coûteux les assurances, les transports : une tête a été adjugée 110 millions d’euros il y a un an à l’excentrique milliardaire japonais Maezawa. D’autres, si elles étaient mises aujourd’hui aux enchères, obtiendraient certainement des résultats identiques ou supérieurs, comme le grand Grillo de 5,37 mètres, une des pièces maîtresses de la Fondation Louis Vuitton. Le parcours, sur quatre étages, montre le dessinateur mais aussi le coloriste, le chroniqueur de la rue new-yorkaise mais aussi le fou de musique, de boxe, voire d’économie (Per Capita, Price of Gasoline in the Third World. Et surtout un artiste complet – non pas simple graffiteur mais héritier de Léonard, de Rembrandt, des expressionnistes dont il avait fait son miel.
Jean-Michel Basquiat à la Fondation Louis Vuitton, du 3 octobre 2018 au 14 janvier 2019.

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EXPOSITIONS


Bruegel l'Ancien, la Tour de Babel, 1563, panneau de chêne, 114 × 155 cm; Kunsthistorisches Museum Vienna, Picture Gallery © KHM-Museumsverband.

Bruegel, la plus belle

VIENNE – C’est la plus importante rétrospective du peintre des fêtes paysannes, des proverbes, de la truculence flamande, mais aussi de la Tour de Babel, tableau emblématique. On connaît plusieurs Bruegel dans cette dynastie mais le vrai est l’Ancien (environ 1525-1569), dont on fête cette année le 450e anniversaire de la mort. 40-60-80 : ce sont les mensurations du maître (40 tableaux, 60 dessins, 80 gravures). Quelque 90 œuvres sont rassemblées (dont les trois quarts des peintures) pour un événement qualifié de « once in a lifetime ». Pourquoi donc à Vienne ? Car le musée, héritier des collections des Habsbourg, en possède le plus bel ensemble au monde, avec la bagatelle de 12 panneaux…
Bruegel au Kunsthistorisches Museum, du 2 octobre 2018 au 13 janvier 2019.

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Miró, bilan

PARIS – C’est un bon client et les expositions Miró se succèdent avec la certitude d’attirer un large public : au Grand Palais en 1974, à la Fondation Maeght en 1990, au Centre Pompidou en 2004, à la Tate Modern en 2011. Cette année, après sa sculpture présentée jusqu’en septembre au Centro Botín de Santander, c’est le Grand Palais qui remet le couvert. Signe de l’importance de l’événement, Emmanuel Macron et le roi d’Espagne l’ont inaugurée ce vendredi. Et son commissaire, Jean-Louis Prat, a toutes les cartes en main : il a été pendant plus de trente ans aux rênes de la fondation Maeght, était un ami de l’artiste, et fait partie du Comité Joan Miró qui authentifie les œuvres. Le parcours de 70 ans montre un homme qui fait presque les choses à rebours : appliqué et pointilleux quand il joue au fauve catalan, d’une étonnante liberté à plus de 80 ans, quand il peint avec les doigts, brûle la toile ou la piétine…
Miró au Grand Palais, du 3 octobre 2018 au 4 février 2019.

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Dorothea Tanning, Deirdre, 1940, huile sur toile, 53,5 x 43,3 cm, coll. part.

Tanning, de l’importance d’Ernst

MADRID – Pendant longtemps, elle n’a guère vécu que de la lumière réfléchie de Max Ernst, son compagnon. Bien plus jeune que le dadaïste cosmopolite qu’elle épouse en 1946 (il avait 55 ans, elle 36 ans), elle l’a largement dominé en longévité, dépassant les cent ans (1910-2012) et lui survivant de près d’un demi-siècle. Quelques années après sa mort, elle obtient enfin la rétrospective définitive qui l’assoit comme une artiste à part entière, capable de passer du dessin à l’huile, des compositions surréalistes avec « femmes-enfants » et tournesols géants aux sculptures « molles » des années soixante, jusqu’aux décors pour les ballets de Balanchine. Une installation onirique, Chambre 202, hôtel du Pavot est recréée pour l’occasion, hybride conceptuel de Raymond Roussel, Hans Bellmer et Louise Bourgeois.
Dorothea Tanning au musée Reina Sofía, du 3 octobre 2018 au 7 janvier 2019.

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LIVRES

La mémoire des murs

Cela ressemble à un pavé. Gris, lourd, massif. A l’intérieur, que de la pierre, du marbre, blanc, vert ou noir, du travertin, un peu de cuivre. Et des noms, par centaines, certains célèbres comme Guy Môquet, Jean Moulin, le colonel Fabien ou Robert Desnos, d’autres oubliés comme Louis Duriez ou André Barraud, mort le 28 août 1944, trois jours après la Libération. Simples égoutiers comme Louis Chevalier ou professeurs à la Sorbonne comme Jean Cavaillès, ils ont marqué par leur courage la Résistance. Abattus, fusillés, torturés, déportés à Mauthausen ou à Dachau, ou survivants du monstrueux conflit, ils ont tous une plaque sur les murs de Paris. Philippe Apeloig, graphiste plus connu pour ses affiches ou pour l’identité visuelle des musées de France, les a photographiées, une par une, frontalement. Voilà qui constitue une étonnante encyclopédie de plus de 1000 pages, arrondissement par arrondissement. Un drôle de guide, pour ne pas oublier, pour lever les yeux. Et qui aiguise l’appétit historique : on voudrait en savoir plus sur chacun de ces destins, pour la plupart brisés et dont il ne reste que quelques lettres en creux…
Enfants de Paris 1939-1945, par Philippe Apeloig, Gallimard, 2018, 1184 p., 45 €.

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