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N° 532 - du 1 novembre 2018 au 7 novembre 2018


Léonard de Vinci, Code Leicester. Courtesy Galleria degli Uffizi.

L'AIR DU TEMPS

Léonard de Vinci revient à Florence

FLORENCE - Cela faisait 32 ans que ce manuscrit mythique n’avait pas été vu en Toscane. Autrefois propriété d’un comte anglais (d’où son nom), il fut acquis en 1980 par le milliardaire Armand Hammer, puis en 1994, par un autre collectionneur aux poches profondes – Bill Gates. Couché par Léonard de Vinci de son écriture spéculaire habituelle (à l’envers, donc à déchiffrer avec un miroir), le Codex Leicester revient à Florence, où il fut rédigé en 1506-1508. C’est le coup d’envoi et l’un des événements phares du 500e anniversaire de la mort de Léonard (le 2 mai 1519 au Clos-Lucé, dans les bras de François Ier, comme le relate la légende). Couvert de notes et de croquis, ses 72 pages (18 feuilles pliées en 4) abordent plusieurs thématiques mais celle de l’eau est centrale. Des écrans tactiles permettent de feuilleter le manuscrit et d’agrandir son contenu. L’inauguration a été l’occasion de rendre publique une découverte remarquable : 7000 photographies sur plaques de verre, réalisées à la fin du XIXe siècle, portant sur les différents manuscrits de Léonard, conservées au Museo Galileo della Scienza. Elles permettront notamment aux chercheurs de mesurer comment ils ont résisté à l’usure du temps.
L'acqua microscopio della Natura. Il Codice Leicester di Leonardo da Vinci au musée des Offices, du 30 octobre 2018 au 20 janvier 2019.

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EXPOSITIONS


Lee Miller, Articles de bain, Vogue Studio, Londres, 1941. Tirage moderne © Lee Miller Archives, 2018, tous droits réservés, www.leemiller.co.uk.

Lee Miller, le surréalisme à visage de femme

BARCELONE – Elle a d’abord lié son nom à Man Ray, dont elle fut la modèle et l’amante dans le Paris des Années folles. Dans une vie pleine de péripéties (elle fut aussi l’épouse d’un riche Egyptien et vécut quelques années au Caire, faisant des escapades dans le désert), Lee Miller a eu une carrière à elle, de mieux en mieux appréciée. Elle a compté parmi les photoreporters qui ont laissé les images les plus marquantes de la chute du nazisme (son bain dans la baignoire d’Hitler est passé à la postérité) mais c’est l’époque surréaliste qui continue de la définir en priorité. Epouse de Roland Penrose, l’un des activistes anglais du mouvement (et biographe de Picasso), elle a côtoyé de nombreux membres du groupe londonien, qui a surtout brillé au milieu des années trente. En quelque 200 œuvres, l’exposition montre cette ambiance de création débridée, avec Lee Miller et Penrose eux-mêmes (photos et collages), mais aussi Tanguy et Paul Nash avec leurs paysages, Miró, Max Ernst et Leonora Carrington. Il en ressort une étonnante énergie collective – peut-être une fuite en avant désespérée, une urgence à créer avant la catastrophe pressentie…
Lee Miller and Surrealism in Britain à la fondation Joan Miró, du 31 octobre 2018 au 20 janvier 2019.

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Antonio de La Gandara, Madame Johannès Gravier, 1907, huile sur toile, 185 x 130 cm. Coll. part.

Antonio de La Gandara, un grand mondain

VERSAILLES – Il était en bonne place, il y a quelques années, pour la grande exposition « 1900 » au Petit Palais. Pourtant, Antonio de La Gandara (1861-1917), portraitiste doué des aristocrates de ce temps-là n’a pas vraiment réussi à laisser sa marque, largement mis dans l’ombre par ses contemporains Boldini, Helleu ou Jacques-Emile Blanche. Contrairement à ce que laisse penser son nom, il était français – bien que né d’un Espagnol du Mexique et d’une Anglaise, ce qui lui donna dès la naissance une patine cosmopolite. Sous ses pinceaux passèrent aussi bien Gabriele D’Annunzio que Jean Lorrain, Rodolphe Salis (le fondateur du cabaret du Chat noir), Anna de Noailles, Romaine Brooks, Ida Rubinstein ou Robert de Montesquiou. C’est grâce à ce dernier qu’il noua un lien avec Versailles, ce qui explique que cette exposition rétrospective, rassemblant quelque 120 œuvres, provenant en grande partie de collections privées, s’y tienne. Montesquiou l’y invita fréquemment au 53, avenue de Paris, et Gandara y loua lui-même un pavillon pendant ses dernières années. Interprète d’une époque scintillante, il en vit l’effondrement, disparaissant en pleine guerre, le 30 juin 1917, bercé d’images nostalgiques, dans son atelier de la rue Monsieur-le-Prince à Paris…
Antonio de La Gandara, gentilhomme-peintre de la Belle Epoque au musée Lambinet, du 3 novembre 2018 au 24 février 2019.

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Robert Howlett (1830-1858), Le Great Eastern, détail, 12 novembre 1857. H. 28,6 ; L. 36,3. Papier albuminé.

Chantilly et les débuts de la photo

CHANTILLY – Tout est fait maison : les images montrées dans cette exposition, consacrée aux pionniers de la photographie, ont été rassemblées par le du duc d’Aumale, cinquième fils de Louis-Philippe et propriétaire du château. D’où provient son intérêt pour la photographie, discipline dont il était tout à fait contemporain (il avait 17 ans, en 1839, quand le député Arago en fit don au monde dans un geste grandiloquent) ? Peut-être du souhait d’avoir auprès de lui, alors qu’il était exilé à Londres, des souvenirs du Paris de sa jeunesse… Les plaques de Baldus, grand praticien de l’architecture qui suivit de près les restaurations de Viollet-le-Duc au Second Empire, constituent une part notable de ce fonds. Mais l’on y trouve aussi des marines de Le Gray, des vues alpines par Braun, des images orientalistes, sans oublier les portraits de famille.
De Baldus à Le Gray, les primitifs de la photographie au château de Chantilly, du 31 octobre 2018 au 6 janvier 2019.

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LIVRES

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Difficile, sur une plage aujourd’hui, d’échapper à la vue de corps tatoués. En deux décennies, la mode a connu une impressionnante diffusion. La chasse gardée des bagnards et marins ne l’est plus. Si l’on peut trouver douteuses certaines inscriptions – codes-barres ou rangées de chiffres qui rappellent inévitablement ceux que les nazis imprimaient sur les prisonniers des camps de concentration – on doit reconnaître que la variété des motifs et des coloris est impressionnante. Cette lourde encyclopédie en dresse un panorama. Des pin-ups dénudées aux cœurs fléchés et aux serpents, les classiques sont encore là – cependant en perte de vitesse. On trouve désormais des voitures, des cosmonautes, des géométries abstraites, des motifs typographiques, des toiles d’araignée, voire des corps entièrement noirs d’encre desquels ne se détachent, en réserve, que quelques dessins. Une bonne question est posée en annexe : quel est le régime du droit d’auteur ? Il est encore flou… Demain, le concepteur de votre tatouage pourra-t-il réclamer votre dépouille mortelle ?
Tattos. Le dictionnaire mondial du tatouage, par TTTism et Nick Schonberger, éditions du Chêne, 2018, 528 p., 49 €.

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