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N° 535 - du 22 novembre 2018 au 28 novembre 2018


Kehinde Wiley, [Portrait équestre du roi Philippe II (Michael Jackson), 2010, huile sur toile, 325,1 x 284,5 cm. Collection Olbricht © Kehinde Wiley/avec l’aimable autorisation de la galerie Stephen Friedman (Londres) et de la galerie Sean Kelly (New York).

L'AIR DU TEMPS

Michael Jackson, une icône

PARIS - Les Jackson Five, le moonwalk, Thriller. Autant de mots entrés dans le domaine commun, de l’Indiana de ses origines à Calcutta, de Paris à Lagos. Qui n’a vu Michael Jackson dans un de ses fameux clips ? Devenu icône, le roi de la pop a connu le même destin que Kennedy, Marilyn Monroe ou Mohammed Ali : il a été récupéré, est devenu matériau pour d’autres créateurs. L’exposition, provenant de la National Portrait Gallery de Londres et conçue pour être un ghostbuster, étudie cet aspect de son héritage. Sur toile, sur papier, en marbre ou sur vidéo, de Rita Ackermann à Jordan Wolfson, en passant par Isa Genzken et Paul McCarthy, il a inspiré les grands artistes de son temps et d’après (on célèbrera en juin prochain les 10 ans de sa mort). Sans oublier le plus célèbre, celui qui l’a immortalisé le premier en sérigraphie, quand il n’avait que 23 ans : Andy Warhol…
Michael Jackson. On the wall au Grand Palais, du 23 novembre 2018 au 14 février 2019.

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EXPOSITIONS


Fernand Léger, Jeune fille tenant une fleur, 1954, huile sur toile, 550 x 460 mm. The Fitzwilliam Museum, Cambridge © ADAGP, Paris and DACS, London 2018. © The Fitzwilliam Museum, Cambridge.

Il est Léger, Fernand

LIVERPOOL – Certains traducteurs étourdis ont parfois traduit son nom en Fernand Light. Cette légèreté va bien à l’artiste des chantiers et des tuyaux – l’inventeur de l’art « tubiste » comme on disait en plaisantant. Car avant de se résumer à ses chromos d’ouvriers musclés sur des échafaudages, Léger, gazé pendant la Première Guerre mondiale, fut un des piliers des avant-gardes du XXe siècle. Son Ballet mécanique fait partie des grands films expérimentaux du temps, il a travaillé avec Le Corbusier, s’est essayé à l’art textile, a glissé de la typographie dans ses œuvres, bref a tâté de toutes les disciplines qui permirent de rompre les frontières entre les arts classiques. Réunissant une quarantaine d’œuvres, première exposition de cette importance sur le sol anglais depuis trois décennies, elle montre notamment le grand photomontage réalisé avec Charlotte Perriand pour le pavillon de l’Agriculture de l’Exposition internationale de 1937 à Paris : une grande composition de près de 10 mètres, conservée dans les collections du Reina Sofía à Madrid.
Fernand Léger. New times, new pleasures à la Tate Liverpool, du 23 novembre 2018 au 17 mars 2019.

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Uematsu Chikuyū, Air © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Tadayuki Minamoto. Commande du musée du quai Branly - Jacques Chirac, Paris.

Ils tressent des bambous

PARIS – L’exotisme se cache parfois dans les petites choses. Malgré leur appartenance au monde développé, leur goût pour la technologie, leur efficacité, les Japonais ont gardé des passions dont les ressorts nous restent impénétrables. Passer des heures à ratisser un jardin de gravier (Trump aurait pu les donner en exemple pour sauver les forêts californiennes…), assembler des fleurs, découper des feuilles de papier… Voici un autre passe-temps, encore moins connu qui est en réalité, comme les précédents, un véritable savoir pouvant donner droit dans certains cas au titre de « trésor vivant » : le tressage de paniers de bambou, pratiqué depuis plus de mille ans et peu à peu affranchi de sa fonction initiale, qui était d’imiter des vases en porcelaine de la cérémonie du thé… Le musée du quai Branly a réuni près de deux cents variations autour de cet art mêlant souplesse et rigidité – une vraie philosophie appliquée…
Fendre l’air. Art du bambou au Japon au musée du quai Branly, du 27 novembre 2018 au 7 avril 2019.

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Martta Wendelin (1893-1986), Illustration pour Tip et Top, texte de Vera Bull, 1927, aquarelle, 22 x 18 cm, musée des Beaux-Arts de Tuusula

Inspirations nordiques

EVIAN – L’art nordique « prend » de plus en plus chez ses voisins plus méridionaux. On sait le triomphe que Larsson et Zorn ont connu au Petit Palais, et le succès d’Hammershoi à Orsay il y a vingt ans, devrait être bissé ce printemps à Jacquemart-André. Les millénaires sagas islandaises, les brutaux Odin et Thor visant le Walhalla, Nils Holgersson, les lutins et les trolls : il n’est pas toujours facile de s’orienter dans cette jungle symbolique. L’exposition contribue à la décrypter en se penchant sur la mythologie finlandaise, incarnée dans l’épopée du Kalevala et exprimée en de délicates aquarelles du début du XXe siècle.
Légendes des pays du Nord au Palais Lumière, du 24 novembre 2018 au 17 février 2019

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LIVRES

Garnier, tout pour l’Opéra

« Le style que j’emploie, c’est le mien », disait Charles Garnier, même si on a plutôt classé son fameux Opéra dans le style Napoléon III… Rédigé par un fin connaisseur, Gérard Fontaine, l’ouvrage passe en revue cette œuvre « d’art total » comme le souligne l’épithète que l’on pourrait croire mal accordée. La façade, le grand escalier, la grotte de la Pythie, le foyer, les différents plafonds mais aussi les entrées dérobées ou l’inachevé Glacier sont détaillés. On apprécie l’approche exhaustive de cette inépuisable pâtisserie : les 43 éléments de la statuaire extérieure sont décrits dont la Peinture de Théodore Gruyère ou les Heures du soir de François Truphème. Idem avec les 80 bustes intérieurs consacrant des musiciens ou mélomanes, de Marcel Jambon à Richard Wagner en passant par Rolf Liebermann. Ou encore avec un précis des différents marbres, brèche de Seravezza, vert maurin ou blanc de Saint-Béat. On comprend qu’il ait fallu 13 années de chantier et que l’inauguration (à laquelle Garnier ne fut même pas invité) ait été retardée jusqu’en 1875, bien après la chute du Second Empire…
L’Opéra de Charles Garnier, une œuvre d’art total par Gérard Fontaine, photographies de Jean-Pierre Delagarde, Editions du patrimoine, 2018, 290 p., 35 €.

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