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N° 547 - du 11 mars 2019 au 17 mars 2019


Andrea del Verrocchio, Jeune Femme aux fleurs, vers 1475, marbre, 59 x 46 x 24 cm. Florence, Museo Nazionale del Bargello, dépôt du ministère des Biens culturels.

L'AIR DU TEMPS

Verrocchio, le maître oublié de Léonard

FLORENCE – On n’arrête pas de parler de Léonard – 500e anniversaire de sa mort oblige – mais qui serait capable de citer le nom de son maître, qui le forma dans les années 1470 ? Alors que l’auteur de la Joconde (1452-1519) était plutôt un génie solitaire, Andrea del Verrocchio (vers 1435-1488) était au contraire une sorte de chef d’orchestre à la tête d’un atelier florissant auquel on passait les commandes les plus prestigieuses à Florence. C’est sans doute ce qui a nui à sa notoriété car, en bon animateur, il a beaucoup délégué. Très doué dans des disciplines qui sont devenues mineures par rapport à la peinture (l’orfèvrerie ou la sculpture monumentale, illustrée par son tombeau des Médicis), il n’a guère laissé d’œuvres picturales identifiables. Partout, la main de ses élèves prend le pas sur la sienne – Léonard mais surtout Lorenzo di Credi, Ghirlandaio ou Pérugin ! Le seul fait d’avoir formé cette génération devrait en faire un deus ex machina et cette exposition – étonnamment la première véritable rétrospective qui lui soit dédiée – devrait aider à mettre les choses au point en réunissant ses œuvres et celles de ses disciples. Comme tout héros, Verrocchio meurt de façon romanesque : selon Vasari, il aurait succombé en juin 1488 à Venise à l’effort lors de la fonte du monument à Colleoni. C’est son héritier Lorenzo di Credi qui ramène sa dépouille mortelle dans sa patrie, Florence…
Verrocchio, il maestro di Leonardo au Palazzo Strozzi, du 9 mars au 14 juillet 2019.

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EXPOSITIONS


Jules Migonney, Le Bain maure, 1911, huile sur toile, 104 x 188 cm. Bourg-en Bresse, musée du Monastère royal de Brou – © Carine Monfray, Photographe – collection du Musée du Monastère royal de Brou.

La soif de l’Orient, un mirage sans cesse renouvelé

PARIS – L’Orient peut être extrême ou proche, il est toujours compliqué ! Est-ce de là que vient la fascination qu’il exerce depuis toujours sur nos esprits ? Les mirages de Marco Polo, de la soie et de l’opium ont été peu à peu supplantés par ceux du harem, du narguilé, et du désert… L’Orient littéraire et pictural est celui qui est à nos portes, du Sud de la Méditerranée jusqu’à la Turquie, avec Istanbul – mieux nommée Constantinople – comme l’un de ses aimants majeurs. Empruntant les pas de vrais voyageurs comme Loti, Delacroix et Fromentin ou de voyageurs en chambre comme Ingres, l’exposition fait le point sur cet amour capable de résister aux chambardements de la géopolitique – indépendances ou terrorisme islamiste. Tout n’est pas rose dans les visions que transmettent les peintres – la dimension cruelle de ces contrées éclate dans le Pays de la soif de Fromentin ou la Mort de Sardanapale de Delacroix. Mais les images de volupté s’imposent néanmoins, notamment le mythe du bain turc avec ses langoureuses femmes nues. L’exposition en propose un choix varié, de l’inévitable Ingres jusqu’aux moins connus Debat-Ponsan et Migonney. Sans oublier Vallotton, qui leur donne des têtes incongrues de Parisiennes à la piscine…
L’Orient des peintres au musée Marmottan Monet, du 7 mars au 21 juillet 2019.

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Vilhelm Hammershoi, Intérieur avec une femme debout, non daté, huile sur toile, 67,5 x 54,3 cm, Ambassador John L. Loeb Jr. Danish Art Collection © TX0006154704, registered March 22, 2005.

Hammershoi, maître du silence

PARIS – C’est un maître de la peinture danoise, comme dit le titre de l’exposition, à égalité avec Balke ou Eckersberg. Mais c’est aussi, de manière encore plus indiscutable, un maître du silence. Son œuvre, largement oubliée, avait frappé par son caractère moderne et radical lors de la rétrospective de 1997 au musée d’Orsay : des intérieurs dépouillés avec quelques meubles réapparaissant d’une composition à l’autre (son propre appartement), de rares personnages (généralement sa propre femme, de dos). Cette nouvelle présentation de Hammershoi (1864-1916) met aussi l’accent sur des pans moins connus de sa peinture comme les paysages – urbains ou campagnards – et quelques nus sévères.
Hammershoi, le maître de la peinture danoise au musée Jacquemart-André, du 14 mars au 22 juillet 2019.

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Pablo Picasso, La Suppliante, 18 décembre 1937, gouache sur bois, Musée national Picasso-Paris © RMN-Grand Palais / Mathieu Rabeau © Succession Picasso 2019*

Picasso, regards sur l’exil

TOULOUSE – Après 1934, il n’a plus jamais remis les pieds en Espagne. Sa demande de naturalisation française ayant été refusée en 1940, Picasso est resté toute sa vie un Espagnol. S’il n’a pas connu les affres des réfugiés cantonnés dans les camps de Gurs ou d’Argelès, vivant confortablement de son art, Picasso a toujours compati à la situation d’exil de ses compatriotes (dont certains de sa propre famille, comme ses neveux Vilató). L’exposition montre la permanence de ce thème dans son œuvre, son rapport à son pays natal (avec d’importantes Ménines prêtées par Barcelone), mais établit aussi un lien avec d’autres artistes espagnols confrontés à la Retirada, et présente une masse importante de documents.
Picasso et l’exil aux Abattoirs, du 15 mars au 25 août 2019

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LIVRES

Fournier, prénom Jean

Il a un nom banal, mais sa carrière ne l’a pas été : Jean Fournier a été l’un des galeristes parisiens marquants de la seconde moitié du XXe siècle. Cette biographie, première d’une série promue par le Comité professionnel des galeries d’art, détaille son parcours, qui l’a vu passer de la bibliophilie (une passion qui ne l’a jamais quitté, et qui explique le soin maniaque qu’il consacrait aux cartons d’invitation) à la défense de l’art le plus contemporain, d’une façon aussi décidée que son alter ego Claude Bernard, avec quelques artistes emblématiques comme Simon Hantaï, Claude Viallat ou l’Américaine de Paris Shirley Jaffe. Fils de petits commerçants de la Nièvre, apprenti-boucher aux Halles, il change de monde en entrant à la librairie Galignani puis à la librairie-galerie Kléber, où il signe en 1954, à l’âge de 32 ans, sa première exposition avec Joseph Sima, que lui a présenté la fille de Colette. S’ensuivra, jusqu’à sa mort en 2006, plus d’un demi-siècle d’activité, entre la rue du Bac et la rue Quincampoix, avec Degottex, Sam Francis, Buraglio ou Joan Mitchell, encore si peu reconnue dans les année 1980 qu’il en parlait comme d’une « jeune artiste »…
Jean Fournier, un galeriste amoureux de la couleur, par Catherine Francblin, éditions Hermann, 2018, 148 p., 23 €.

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