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N° 548 - du 18 mars 2019 au 24 mars 2019


Helena Rubinstein photographiée par Cecil Beaton, New York, 1951. Paris, Archives Helena Rubinstein - L'Oréal.

L'AIR DU TEMPS

Helena Rubinstein, reine des cosmétiques, grande collectionneuse

PARIS – Sa vie est une véritable saga. Originaire d’une famille juive de Cracovie, elle part tenter sa chance en Australie où elle met au point une crème antirides que s’arrachent les belles de Melbourne. Helena Rubinstein conquiert ensuite le monde, ouvrant ses instituts de beauté et ses laboratoires à Londres, Paris, New York. Si sa rivalité avec Elizabeth Arden et son culte obsessionnel pour la jeunesse ont beaucoup fait pour sa notoriété, celle-ci devrait tout autant être assise sur ses talents de collectionneuse, comme le rappelle cette exposition. Dès les années 1908-1909, en même temps que Vlaminck, Derain et Apollinaire, elle est parmi les premières à acheter l’art africain. Plus tard, elle emplira ses appartements, mais aussi ses salons de soins, au Faubourg Saint-Honoré ou sur la Ve Avenue, d’œuvres contemporaines. D’Elie Nadelman à Martin Barré en passant par Chana Orloff, Brancusi, Soutine, elle a accompagné les avant-gardes. Tout en étant l’une des personnalités les plus représentées de son temps : sans compter les photographes comme Cecil Beaton, des sommités comme Dali, Portinari, Dufy, Marie Laurencin ou encore Graham Sutherland se sont empressés de faire son portrait…
Helena Rubinstein. L’aventure de la beauté au musée d’Art et d’Histoire du judaïsme, du 20 mars au 25 août 2019.

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EXPOSITIONS


Joaquín Sorolla, Promenade sur la plage, 1909, huile sur toile, 205 × 200 cm, © Fundación Museo Sorolla, Madrid.

Sorolla, un comeback londonien

LONDRES – En 1908, un artiste espagnol prend lui-même en charge l’accrochage de son exposition aux Grafton Galleries à Londres. Le moindre de ses caprices est un ordre : n’est-il pas le « plus grand peintre du monde » ? Un siècle a passé depuis et, hormis en Espagne (où sa maison-atelier à Madrid est une visite obligée), la renommée de Joaquin Sorolla (1863-1923) s’est bien fanée. Le grand public a oublié son nom malgré les efforts pour mettre en avant son talent (récemment au musée de l’Impressionnisme à Giverny). La National Gallery s’y emploie avec une soixantaine d’œuvres de ses diverses périodes. Ses vues de plage et de littoral – pour lesquelles ce Valencien d’origine avait une empathie naturelle – voisinent avec des portraits de sa famille adorée (notamment sa femme Clotilde) mais aussi avec des compositions sociales montrant la dure vie des pêcheurs (un tableau à Orsay. Une dimension que l’on oublie trop souvent dans les élégies autour de ce « maître espagnol de la lumière » et cousin des impressionnistes…
Sorolla, Spanish Master of Light à la National Gallery, du 18 mars au 7 juillet 2019.

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Pieter Brueghel le Jeune, Fête villageoise devant une ferme, huile sur bois, 40 × 65 cm, Maastricht, Bonnefantenmuseum © Photography Peter Cox / Collection Bonnefantenmuseum / Prêt de l'Agence culturelle des Pays-Bas.

Vents de kermesse

CASSEL – Comment faire déplacer les visiteurs dans une petite ville de quelque 2000 habitants ? Avec une belle exposition… Le musée de Flandre, rénové en 2010, réussit l’exploit d’attirer chaque année 20 fois la population de Cassel. Pour cette exposition, il redouble d’efforts en investissant tous ses espaces (1000 m2) et en montrant une Europe qui s’amuse… Il faut dire que du temps des Brueghel, on savait faire dans le truculent ! Avec des prêts provenant de dix pays étrangers – de l’Angleterre à la Hongrie, du Danemark au Portugal -, voici des kermesses, des noces, des combats de carnaval, des danses de l’œuf, des feux de la Saint-Martin, des arbres de mai et des scènes galantes. Pieter l’Ancien n’est pas représenté tant ses œuvres sont rares (et récemment montrées au Kunsthistoriches Museum de Vienne pour une rétrospective mémorable) mais ses fils Pieter II et Jan I mènent efficacement la danse, secondés par David Teniers, Adrian Brouwer, Hans Bol. L’exposition nous tend un miroir et nous interroge : pourquoi – semble-t-il - avons-nous perdu le goût de la fête ? Ou pourquoi sa représentation ne nous intéresse-t-elle plus ?
Fêtes et kermesses au temps des Brueghel au musée de Flandre, du 16 mars au 14 juillet 2019.

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Dans le cercle de Klee

BERNE – La richesse du Zentrum Paul Klee (qui détient quelque 40% de l’œuvre de l’artiste) est telle qu’il se suffit quasiment à lui-même sauf lorsqu’il s’agit, comme ici, de confronter l’artiste à ses pairs. En puisant également dans les collections du Kunstmuseum Bern, le musée retrace le réseau des relations qui ont rapproché Klee de Picasso, de Kandinsky ou des Delaunay. L’intérêt de l’exercice est de remettre sur le devant de la scène des personnalités moins souvent étudiées comme Marianne Werefkin, la compagne de Jawlensky, ou, plus encore, Louis Moilliet, l’un de ses plus anciens amis, qui l’accompagnera avec Franz Marc dans le fameux voyage en Tunisie de 1914.
Kandinsky, Arp, Picasso… Klee and Friends au Zentrum Paul Klee, du 19 mars au 1er septembre 2019.

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LIVRES

Eloge de la demeure

Il n’y a pas que la fête pour être heureux. Certains choisiront le voyage mais beaucoup préfèreront la maison - qui nous est province et bien davantage, pour paraphraser Du Bellay. Celui-ci aurait été satisfait de ce volume. Cinq cents ans après sa mort, il y aurait encore trouvé des traces de son époque dans ces châteaux viticoles, manoirs et gentilhommières aux escaliers de pierre et toits de tuile, donnant sur des jardins avec étangs, vergers et pigeonniers qui ont bien résisté aux outrages du temps (comme l’hôtel du Vieux Raisin à Toulouse). Mais il aurait aussi été agréablement surpris par les générations qui l’ont suivi et qui ont su renouveler l’art du logis. C’est à une grande balade que nous convie l’ouvrage, d’Abbadia à Yvoire, en passant par Belcastel, Donjeux, Lignières ou La Palice. Richement illustré (se munir de bons yeux pour lire les notices détaillées), balayant typologies (salles à manger, bibliothèques mais aussi glacières, fournils, fabriques et kiosques) et matériaux (ardoise, pierre volcanique, tuile vernissée), il propose un voyage à travers la France plus amusant que celui de G. Bruno… Si l’index est complet, on regrette que des cartes ne synthétisent pas tous les lieux présentés, véritable florilège d’un art de vivre à la française.
La demeure en France. L’art de vivre heureux, ouvrage collectif, éditions de l’Esplanade, 2019, 384 p., 39 €.

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