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N° 552 - du 2 mai 2019 au 8 mai 2019


Découverte d’une statue funéraire . Fouille du site de Tell Halaf © Fondation Max Freiherr von Oppenheim / Rheinisch- Westfälisches Wirtschaftsarchiv, Cologne.

L'AIR DU TEMPS

27 000 pièces pour un puzzle hittite

PARIS - On déplore à juste titre les dommages récemment infligés au patrimoine de Syrie, d'Irak ou du Yémen. Un peu plus loin de nous, cette exposition nous le rappelle, l'Europe n'a pas été plus tendre avec les trésors conservés chez elle... Un petit musée berlinois exposait ainsi de saisissantes statues de pierre provenant du royaume hittite, qui régna d'une main de fer (au sens propre puisqu'il fut le premier à vraiment dominer sa métallurgie) sur l'Anatolie et la Syrie jusqu'en 1200 av. J.-C. Découverts par le baron Max von Oppenheim (au départ journaliste allemand basé au Caire), lors de fouilles en 1911-1913 sur le site de Tell Halaf, ces objets furent pulvérisés par une bombe au phosphore en 1943 et conservés dans des caisses stockées au Pergamon Museum. Le long travail de restauration n'a commencé qu'au lendemain de l'unification allemande. Un vrai travail de fourmi puisque les archéologues avaient à leur disposition... 27 000 fragments. Il fallut une bonne décennie pour rapprocher les éléments de ce puzzle mais le résultat est bluffant. Partiellement présenté au Louvre, appelé à être l'un des clous du futur Pergamon, il illustre un apologue toujours aussi désarmant et toujours aussi actuel : des hommes s’acharnent à détruire, d’autres à reconstruire…
Royaumes oubliés, de l'empire hittite aux Araméens au musée du Louvre, du 2 mai au 12 août 2019.

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EXPOSITIONS


Jean Dubuffet, Lili, marionnette à gaine, 1936, 66 cm. Collection Fondation Dubuffet, Paris © Fondation Dubuffet, Paris © Adagp, Paris 2019

Voyage en Dubuffet

MARSEILLE - Le titre est évidemment un clin d'œil à Henri Michaux, autre dynamiteur et explorateur de territoires de l'esprit qui intitula l'un de ses livres Un barbare en Asie. Dubuffet, ancien négociant en vins, peint, déchire, rabote, sable pour créer son art dérangeant. Mais il trouve aussi le temps de parcourir l'Europe et de correspondre avec de nombreux créateurs et collectionneurs pour donner à l'art des marges (art brut est le terme fort, qui s'est naturellement imposé) la visibilité qu'il mérite. Il le sert mais s'en sert aussi, dans un perpétuel mouvement de balancier comme le montre l'exposition qui mêle peintures, sculptures, courriers, cartons d'invitation et photographies comme les résultats de fouilles sous un crâne en ébullition continue...
Dubuffet, un barbare en Europe au Mucem, du 24 avril au 2 septembre 2019.

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Parvis Louis Soutter, Parvis, 1937 Encre sur papier 44,1 x 58,2 cm Crédit photographique : Jochen Littgemann Berlin © ADAGP, Paris, 2019

Antoine de Galbert, le proche et le lointain

GRENOBLE - On en a bien sûr vu certaines à la Maison rouge qu'Antoine de Galbert a animée à Paris pendant 14 ans : des œuvres de Tetsumi Kudo ou d'Annette Messager, des effigies funéraires du Vanuatu, des icônes de l'art brut signées Augustin Lesage ou Louis Soutter. Et bien d'autre qui disent une passion pour l'art sans frontières, que le collectionneur a voulu exposer dans sa ville natale.
Souvenirs de voyage. La collection d'Antoine de Galbert au musée de Grenoble, du 27 avril au 28 juillet 2019.

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LIVRES

Reinoso, poète du bois

Les fameux bancs-spaghetti où les lattes prennent la poudre d'escampette et se contorsionnent dans l'espace lui ont apporté la notoriété il y a moins d'une décennie. Mais cela en fait cinq - depuis qu'il était adolescent sur le Río de la Plata à la toute fin des années soixante- que Pablo Reinoso travaille le bois, sculpte les troncs, les articule, les effile, les polit. C'est véritablement son matériau d'élection (même s'il a aussi créé en métal, en paille, en tissu...) comme le montre cette volumineuse monographie, qui passe en revue ses principales expositions (par exemple à la Maison de l'Amérique latine) et fait le point sur ses nombreuses installations dans l'espace public. L'une des plus étonnantes est en phase d'achèvement : 300 troncs installés dans l'ancien Ellis Island argentin, à Buenos Aires, que l'on découvrira lors de la prochaine Bienal Sur, dans quelques semaines.
Pablo Reinoso, par Michel Serres, Gérard Wajcman et Henri-François Debailleux, éditions 5 Continents, 2017, 280 p., 80 €.

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LES VERNISSAGES DE LA SEMAINE

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