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N° 563 - du 6 février 2020 au 20 février 2020


Simone Peterzano, Angélique et Médor, galerie Canesso, Paris.

EXPOSITIONS

Peterzano, le maître oublié de Caravage

BERGAME - Sur son Autoportrait à la fraise avantageuse, il a l'air sérieux, le regard un peu triste, mais sûr de son savoir : c'est Simone Peterzano (1540-1596), un peintre bergamasque largement oublié. Il a pourtant été l'élève de Titien dont il a ramené chez lui les recettes. Mieux encore, il a été le maître de Caravage, qui, en esprit libre, s'est vite affranchi des quatre années d'apprentissage (de 13 à 17 ans) pour aller chercher fortune auprès des cardinaux de la Curie romaine. Mais on trouve chez Peterzano des contours métalliques à la Mabuse, des chairs laiteuses et des noirs profonds (comme dans la belle Déposition de Croix, une huile sur ardoise du musée de Strasbourg), qui plaisaient tant à saint Charles Borromée et qui restent, même pour nos regards blasés, bluffants. L'exposition le tire de son oubli en l'adossant aux deux géants qui lui ont fait tant d'ombre.
Tiziano e Caravaggio in Peterzano à l'Accademia Carrara, du 6 février au 17 mai 2020.

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Anna Ancher, A midi, 1914. Sorø Kunstmuseum. Photo: Anders Sune Berg.

Les douces couleurs d’Anna Ancher

COPENHAGUE – Elle est comme un « rayon de soleil », disait son ami peintre Oscar Björck. Anna Ancher (1859-1935) fut l’une des personnalités de l’école de Skagen, une colonie d’artistes venus croquer à la fin du XIXe siècle la beauté des paysages et des habitants de cette petite ville danoise excentrée, non encore accessible par train. Sans trop de mérite au départ puisque son père y était aubergiste… Mais elle sut développer une palette personnelle, lumineuse, pleine de verts et de jaunes vibrants. Son passage à Paris dans l’atelier de Puvis de Chavannes ne lui enleva pas sa spontanéité ni son goût pour des scènes locales – plumage des oies, fenaison ou funérailles – et pour la restitution fidèle des intérieurs rustiques où l’on coud, lit ou berce un enfant dans une lumière dorée… Avec quelque 150 tableaux, c’est la plus grande rétrospective qui lui soit consacrée.
Anna Ancher au SMK, du 8 février au 24 mai 2020

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René Burri, Fleurs de lotus séchées sur lac de Kunming, palais d’été de Pékin, Chine, 1964 © René Burri / Magnum Photos. Fondation René Burri, Courtesy Musée de l’Elysée, Lausanne

Tout Burri

LAUSANNE – C’était l’un des cadors de l’agence Magnum, dont il était devenu membre à 26 ans. René Burri (1933-2014), au cours d’innombrables voyages à travers le monde, a laissé quelques icônes de la photographie du XXe siècle dont ce portrait triomphant du Che ou ces hommes en noir marchant sur un toit de gratte-ciel à São Paulo. Le Pakistan, les Etats-Unis mais aussi Chypre lors du retour de Mgr Makarios, la Côte amalfitaine, la Grande Muraille de Chine et le Mur de Berlin, les bars à hôtesses de Corée du Sud… Cette exposition, dans un musée auquel il fut très lié (jusqu’au dépôt de ses archives – 50 000 tirages et 170 000 diapositives ! - sous forme de fondation en 2013) parcourt sa longue carrière de photographe. Mais aussi ses autres formes d’expression, notamment dessins et collages, issus d’une main sûre et d’une longue pratique – une image marquante le montre, jeune étudiant de 18 ans, en train de retoucher une photo au pinceau à la Kunstgewerbeschule de Zurich…
René Burri, l’explosion du regard au Musée de l’Elysée, du 29 janvier au 3 mai 2020.

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LIVRES

Les mots d’Alechinsky

Alechinsky sait dessiner et peindre, il sait aussi écrire. Alors que la galerie Gallimard présente jusqu’au 6 mars « Travaux d’accompagnement », une exposition qui raconte son rapport aux livres (des illustrations de poèmes aux interventions sur de vieux atlas), ce fort volume réunit ses pensées, aphorismes et souvenirs provenant de trois ouvrages parus dans les années 1990. Il y est question de la vie et de la mort, du marché aux puces, du carnaval de Binche en 1946, des titres des tableaux, d’amis comme Jorn, Dotremont ou Pol Bury, des Contes d’Odessa d’Isaac Babel (dont il rencontra la fille), des 21 abonnés à la revue Cobra, ou encore de de Kooning et Bram van Velde discutant en néerlandais à Long Island. Une déambulation, une pérégrination dans les mots et les années, qui se lit comme un voyage. Ou 93 ans de curiosité impénitente.
Ambidextre par Pierre Alechinsky, Gallimard, 2019, 464 p., 39 €.

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