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Rachat de Drouot : Pierre Bergé persévère

L’homme d’affaires poursuit ses négociations auprès des commissaires-priseurs parisiens pour la prise de contrôle de Drouot SA.

Drouot est un lieu de vente unique en France, copropriété des 110 commissaires-priseurs parisiens répartis en 67 études indépendantes. Sur 10 000 m2 de locaux, soit 16 salles sur trois niveaux, 6 000 visiteurs par jour viennent chiner parmi les 800 000 objets exposés lors des 2 000 ventes annuelles. Drouot est également un nom mondialement reconnu par les professionnels de l’art et les collectionneurs. De là à en faire la marque d’une vraie maison de ventes aux enchères internationales concurrente de Christie’s et Sotheby’s, il n’y a qu’un pas. C’est en tout cas le pari de Pierre Bergé. Afin d’acquérir une majorité de parts dans l’hôtel des ventes, il négocie depuis quelques semaines le rachat d’environ trente-cinq études.

Pour l’instant, l’offre de l’entrepreneur, variable selon l’importance des études mais, selon certaines sources, d’une somme totale de 300 millions de francs, aurait séduit 20% des effectifs alors qu’il n’a pas achevé ses consultations. Pierre Bergé se serait donné jusqu’au début de l’année prochaine pour atteindre son objectif des 51%. Les intéressés pourront cesser leur activité ou continuer de travailler pour leur nouveau patron. En mettant la main sur l’hôtel des ventes, Bergé récupèrerait aussi tous les actifs de Drouot S.A, à savoir sa filiale, un groupe de presse dont le principal titre «La Gazette de l’Hôtel-Drouot», qui rapporte chaque année entre 25 et 30 millions de francs (28 millions en 2000), vaudrait à lui seul 300 millions de francs.

Il s’agit de la seconde tentative de rachat de Drouot. Un an et demi auparavant, le groupe d’origine canadienne, Trader.com, numéro 1 mondial des petites annonces entre particuliers, avait échoué. Les trois petites études qu’il avait acquises et réunies sous le nom de Rossini (Dumousset-Deburaux, Lenormand-Dayen, Morelle-Marchandet) pourraient être cédées à Pierre Bergé. Ou à un autre repreneur éventuel si Pierre Bergé ne parvenait pas à son but.


 Armelle Malvoisin
27.11.2001