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Patrimoine

Usine Menier à Noisiel, © G. Fessy

Architecture industrielle: pour quoi faire?

Un colloque au Louvre fait le point sur les reliques de notre passé manufacturier et montre des exemples réussis de reconversion.

Archéologie industrielle. Le terme a fait fureur : il a été créé dans les années 1960 par des chercheurs anglais, Angus Buchanan et Kenneth Hudson. Depuis, avec la désindustrialisation accélérée qui a touché l’Europe occidentale, il s’applique à une grande quantité d’usines en jachère. Que faire de ces carcasses rouillées ? Les démolir et récupérer l’emplacement pour d’autres projets d’aménagement ? C’est la solution qui satisfait généralement les promoteurs tant il est devenu difficile de trouver des terrains d’une telle extension, souvent bien placés en lisière des villes. Ou, au contraire, les restaurer, les sauvegarder et modifier leur destination ? C’est une autre approche, qui ne cesse de gagner du terrain, à mesure que l’on prend conscience de l’importance historique et architecturale de ces témoignages de la révolution industrielle.

Les spécialistes réunis au Louvre apporteront un éclairage international sur la question, éclairage pratique plus que théorique, ce qui en fait tout l’intérêt. L’agence Reichen & Robert, pionnière de la reconversion avec le programme de logements d’Elbeuf, sur les friches textiles du début des années 1970, présentera, par la voix de Bernard Reichen, son travail le plus connu : l’adaptation de l’usine du chocolat Menier, à Noisiel, aux besoins du groupe Nestlé, qui en a fait son siège social. En ouverture, Claudine Cartier, de la Direction des Musées de France, aura brossé un panorama qui se concluera sur la question épineuse et polémique du «paquebot» Renault sur l’îlot Seguin, à Boulogne-Billancourt. De l’étranger, on présentera les expériences les plus précoces : celles de la Ruhr (avec Dieter Blase) ou des musées anglais (avec sir Neil Cossons, de English Heritage). L’Europe latine aura sa part avec le Lingotto de Turin, la glorieuse usine Fiat avec sa piste sur le toit, qui est devenue un centre d’expositions. En Catalogne, la fondation La Caixa a restauré une usine textile, comme l’expliquera son directeur général, Luis Monreal. Le journaliste du «Monde» Emmanuel de Roux, fin connaisseur du sujet, conduira le débat final.


 Rafael Pic
05.12.2001