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Musées

Berlin, les habits neufs de l'Alte Nationalgalerie

Après trois années de travaux qui ont coûté 68 millions d’euros, le musée retrouve son lustre et sa collection de romantiques allemands.


© Alte Nationalgalerie
Depuis l’arrivée du chancelier Gerhard Schröder au pouvoir et le déménagement du gouvernement à Berlin, l’île aux musées fait l’objet de toutes les attentions. Le grand complexe de cinq musées réunissant des œuvres de l’antiquité orientale au 19e siècle a été inscrit en 1999 au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il fait également l’objet d’un ambitieux programme de rénovation. Les bâtiments construits entre 1830 et 1930 ont tous été sévèrement endommagés pendant la Seconde Guerre Mondiale et reconstruits dans les années 1950 avec les moyens du bord… Tous doivent aujourd’hui être restaurés. L’Alte Nationalgalerie en est le premier exemple abouti.


© Alte Nationalgalerie
Menés pendant trois ans par le bureau d’architectes H.G. Merz de Stuttgart, les travaux ont touché différents niveaux : la restauration du décor ou la complète réorganisation des systèmes de sécurité, d’électricité et de climatisation. Comme nous l’a expliqué Claude Keisch, conservateur à l’Alte Nationalgalerie, « l’objectif était de parfaire l’adaptation du bâtiment à sa fonction tout en en respectant l’histoire ». Et quelle histoire ! Sans même évoquer les reconstructions d’après-guerre, le musée a subi d'importantes transformations. En 1911, les grandes salles de sculpture du premier étage étaient divisées en petits cabinets ovales consacrés à la peinture. En 1936, les plafonds des hautes salles de l’étage médian, conçues pour accueillir les monumentaux cartons de Cornelius, étaient abaissés. Cette intervention dégageait un important comble dont on nourrissait alors l’espoir de le voir, un jour, utilisé en salle d’exposition.

Bien sûr, l’impératif primordial demeure la mise en valeur d’une collection qui a elle aussi évolué au fil du temps. Récemment, la muséographie avait dû s’adapter à la réunion des collections de l’ouest et de l’est. Cette fois-ci, les conservateurs ont du gérer le retour des peintures romantiques et Biedermeyer, présentées depuis 60 ans dans l’annexe de Charlottenburg. Soit près de 80 tableaux signés entre autre Caspar David Friedrich et Karl Friedrich Schinkel... Elles ont aujourd’hui trouvé place au troisième étage du musée, auprès du monument funéraire d’Alexandre von der Mark sculpté par Schadow et du fameux cycle de fresques conçu par les peintres nazaréens pour la Casa Bartholdi. Elles sont présentées sous de grandes verrières, dans deux grandes salles qui ont pu être aménagées dans le fameux comble de 1936...


 Zoé Blumenfeld
01.12.2001