Accueil > Le Quotidien des Arts > Pontarlier, une vie après l’absinthe

Musées

Pontarlier, une vie après l'absinthe

L’Association des Amis du musée de Pontarlier fête ses vingt ans en léguant 250 œuvres au musée : gravures, affiches et documents de presse complètent un fonds riche en histoire locale.


Affiche publicitaire, Absinthe Vichet
© Les Amis du musée de Pontarlier
Créée en décembre 1981, l’Association des Amis du Musée de Pontarlier illustre la volonté d’un groupe de personnes décidées à donner un nouvel élan à la vie culturelle et artistique de la ville. Des trente membres initiaux, on est passé aujourd’hui à plus de 600 adhérents, originaires de Franche-Comté mais aussi de Paris, de Suisse et du Royaume-Uni. Un nombre considérable pour une commune de 20 000 habitants. « Le travail des Amis du Musée de Pontarlier est un atout indispensable, un souffle nouveau favorable au renouvellement des activités du musée». Des travaux de recherches pour les expositions à l’organisation des conférences et à la publication de bulletins, le champ d'action ne cesse de s’élargir. « À Pontarlier, les Amis du Musée s’occupent du salon d’art comtois contemporain, dit salon des Annonciades, et sont à l’origine de la galerie de peintures et de sculptures, Itinérance», nous explique M. Guiraud, conservateur du musée.

Avec un budget de fonctionnement d'environ 55 000 € par an, les bénéfices du Salon des Annonciades (23 000 €) et autres manifestations culturelles (15 000 €), les cotisations des adhérents (16 € par couple ou 10 € par personne) auxquelles il faut ajouter la vente de cartes postales, de posters, de catalogue, les subventions versées par la municipalité et divers sponsors, l'association des Amis a acheté, pour un total de 77 000 €, les 250 pièces offertes au musée. « L’histoire locale reste au centre de ces acquisitions. Aux premières loges, l’absinthe, dont Pontarlier a été la capitale durant plus d’un siècle. Gravures, affiches publicitaires, images de presse tirées de l'Illustration ou de l' Assiette au beurre ainsi qu'une aquarelle illustrent cet engouement pour la fée verte.


Cogghe Rémy (1854-1935), La fouille
© Musée de Pontarlier
Les personnalités, originaires ou de passage à Pontarlier, occupent une place de choix dans l’exposition : Mirabeau scandalise la ville de ses frasques amoureuses tandis que Philippe Grenier, premier député musulman du 19e siècle, est brocardé par la presse. Certaines gravures relatent la retraite de l’Armée de l’Est en février 1891, sous les ordres du général Bourbaki. Les monuments de la ville complètent ce fonds : La porte Saint-Pierre, reconstruite sur le modèle de la Porte Saint Martin de Paris, après l’incendie de 1736, le château de Joux, des vues générales de Pontarlier et des dessins de sites industriels aujourd’hui disparus. Des pièces diverses, une gravure représentant La chasse au loup, une huile sur toile sur le thème de la Fouille de la bricotte de Cogghe Rémy, significative du quotidien des douaniers à la recherche de contrebande d’allumettes, sont autant de témoignages ethnologiques. Parmi de nombreux anonymes, certains noms apparaissent : Damelet, Raffet, A. Couder, Weber, Delpech, Reymond, Dramer ou encore Broders. Une affiche publicitaire pour les automobiles Donnet Zedel marque l’importance de cette industrie, installée à Pontarlier au début du 20e siècle. « Les pièces acquises par les Amis du musée n’avaient encore jamais été rassemblées en totalité. Cette exposition permet de découvrir et de cerner l’importance de certains sujets et de conserver en mémoire ce patrimoine ethnologique ».


 Stéphanie Magalhaes
11.01.2002