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Musées

Vue extérieure
© Walker Art Gallery

La Walker Art Gallery fait sa mue

Nouvelles salles, nouvel accrochage : l'institution de Liverpool se modernise. Son directeur, Julian Treuherz, nous expose les principes qui l'on inspiré.

Quatre nouvelles salles d’expositions temporaires, un réaccrochage des collections permanentes, un changement de climatisation pour mieux conserver les œuvres : la Walker Art Gallery commence l’année en beauté. Le musée, créé en 1877, a reçu 125 500 visiteurs en 1999, l'année précédant sa fermeture. Le coût de l’opération, qui a duré 1 an et demi, est de 4,3 millions £. Cette rénovation s’inscrit dans un ensemble de travaux des musées de la région et se termine deux mois avant la réouverture de la Manchester Art Gallery, fermée depuis trois ans, et une semaine avant l’inauguration de sa voisine : la Oldham Gallery. La première exposition de la nouvelle Walker est consacrée à un artiste britannique méconnu Georges Romney (1734-1802) : 62 peintures et 72 œuvres sur papier sont l’occasion de redécouvrir ce rival de Joshua Reynolds et de Thomas Gainsborough. Le musée a eu du flair puisque l'un des tableaux de l'artiste, Portrait de Mary, Mrs Sullivan a été vendu plus de 500 000 £ la semaine dernière par Sotheby's New York. Dans le dessein avoué d’attirer un public différent, la présentation suivante rassemblera des peintures de Paul McCartney. Un retour aux sources, en quelque sorte, pour cet enfant du pays !


Salle d'exposition temporaire
© Walker Art Gallery
Qu’est-ce qui a motivé ce projet ?
Julian Treuherz, directeur de la Walker Art Gallery. En 1930, une nouvelle aile, dans un style victorien, avait été ajoutée au bâtiment existant. Mais ces salles, très belles, étaient utilisées comme locaux administratifs et comme entrepôts pour les collections. Nous avons installé les bureaux dans une annexe et rendu les pièces libérées à leur vocation première. Une surface de 620m2 a été restaurée pour y organiser des expositions temporaires.

Quelles modifications avez-vous apportées ?
Julian Treuherz. Les salles étaient défigurées par des faux-plafonds et des cloisons. Nous avons enlevé tout cela afin qu’elles retrouvent leurs véritables proportions. Nous avons également mis en place un système de climatisation pour pouvoir y présenter des œuvres sans les endommager. Enfin, nous avons ajouté un éclairage modulable qui nous permettra d’exposer, par exemple, des aquarelles qui nécessitent une lumière très douce. Il reste encore beaucoup de travaux à faire puisque nous n’avons rénové que le premier étage. Nous devons restaurer le hall d’entrée, mais nous n’avons pas rassemblé le budget nécessaire pour le moment. Le gouvernement nous a alloué la somme d’1 million £, mais ce n’est pas assez. Nous procédons donc, par étape. La prochaine sera d’installer notre collection d’art décoratif au rez-de-chaussée.


Nouveau foyer
© Walker Art Gallery
Qui est le maître d’œuvre ?
Julian Treuherz. Le cabinet d’architecture Law & Dunbar Nasmyth, installé à Édimbourg. Nous avons organisé un concours à la suite duquel six agences ont été sélectionnées. Notre choix final s’est porté sur Law & Dunbar Nasmyth en raison de leur double expertise. D’une part, leur expérience dans la restauration de monuments historiques, de l’autre leur créativité dans un style très contemporain. Ils ont, par exemple, reconstruit un théâtre victorien, le Royal Edinburgh Festival Theater, tout en y ajoutant un foyer audacieux par sa modernité. Leur travail pour notre musée est similaire : novateur tout en respectant la structure originale.

Parlez-nous de la réinstallation des collections permanentes.
Julian Treuherz. Les nouvelles salles ont libéré de la place pour notre fonds, puisque les expositions temporaires occupaient une partie de cet espace. Nous avons réorganisé la galerie du 17e siècle, qui comprend des œuvres de Poussin et de Rembrandt. Nous y avons procédé à quelques modifications en mettant des tentures rouges damassées dans un esprit traditionnel. Mais le grand changement est que nous exposons beaucoup plus d’art du 20e siècle.


 Laure Desthieux
08.02.2002