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Politique culturelle

Jean-Paul Barbier au milieu de sa collection
© Françoise Monnin


Un bijou indonésien de la
donation Barbier Mueller au
futur musée du quai Branly

© Françoise Monnin


Les 25 ans de Barbier-Mueller

Ambiance festive à la fondation genevoise dont le directeur vient d'être fait commandeur de la Légion d'Honneur.

Or et rouge, c'est le décor du Traveller's Club, sur les Champs-Élysées, que Jean-Paul Barbier a choisi pour réunir quelques fidèles - antiquaires et journalistes, pour l'essentiel - afin de célébrer les vingt-cinq ans de la fondation dont il assume la direction. Sous les lambris de l'ancien hôtel particulier de la Païva, une demi-mondaine russe du 19e siècle, les compliments vont bon train. D'autant que l'homme vient d'être promu (le 5 mars) commandeur de la Légion d'Honneur ! Jean-Paul Barbier rappelle quelques épisodes de sa carrière de collectionneur, débutée en 1943, dans le domaine de la bibliophilie. «Dès la fin de la guerre, j'ai acheté des livres à Émile Rossignol. Je me souviens surtout de Ratton, à qui j'ai acquis en 1952 une coupe inca en pierre, qui provenait du musée de Berlin. A présent, j'achète régulièrement avec la même qualité d'émerveillement que la toute première fois».

D'abord pour le compte de son beau-père, Josef Mueller, puis en son nom propre, Jean-Paul Barbier poursuit l'aventure du musée créé, à Genève, il y a vingt-cinq ans, et qui possède désormais 6000 pièces provenant de tout le monde extra-occidental. Chacune de ses expositions, sur place ou à Paris, dans le cadre de la fondation Mona Bismarck, constitue un événement. Même si, convient le septuagénaire, «Moins ce que nous montrons est connu et moins nous avons de visiteurs. Ils n'aiment pas connaître. Ils aiment reconnaître».

Entre champagne et sushis, Jean-Paul Barbier s'est également permis de critiquer la nouvelle législation du monde des antiquités. «Si on applique la loi, ni les collectionneurs, ni les commissaires-priseurs ne pourront plus fonctionner». Celui qui vend doit en effet, désormais, présenter un permis d'exportation de l'objet concerné, fourni par son pays d'origine. «Nous sommes en face de gens dangereux visant à la destruction du patrimoine familial». En attendant, la famille Barbier vient d'offrir au futur musée parisien du quai Branly 252 pièces d'orfèvrerie d'Indonésie, de Malaisie et des Philippines. Rendez-vous pour leur exposition, à la fondation Mona Bismarck, à partir du 11 avril !


 Françoise Monnin
15.03.2002