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Marché

Jansen, Cabinet,
stand Jean-Pierre Secula
© Marché Malassis


De Pol Chambost, Œufs,
stand Serge Estupina
© Marché Malassis


La chine et les Années folles

L'un des marchés des Puces de Saint-Ouen propose une promenade à la découverte du design du 20e siècle.

Chaque année, le marché Malassis des Puces de Saint-Ouen cherche de nouveaux évènements pour médiatiser le travail des 85 marchands qui officient depuis 12 ans. Cette fois-ci, il met en place une animation intitulée «Promenade des Années 30 au Nouveau Design». Madame Leray, responsable de l’association du marché explique ce choix. «Les années précédentes, nous avions organisé des expositions, sur le thème du voyage ou sur celui de l’histoire des puces… Mais une exposition, c’est difficile à mettre en œuvre et un peu prétentieux. Les visiteurs s’attendent à une offre fixe et à de grandes références, ce qui n’est pas toujours compatible avec la marchandise qui, heureusement, tourne ! Nous avons donc opté pour quelque chose de plus léger et de plus informel.»

D’où la conception d’un parcours sur les deux niveaux du marché ayant comme étapes les 18 marchands spécialisés dans les années 1930 à 1970. Chacun des antiquaires a rassemblé un important nombre de pièces originales. On y trouve des petits objets décoratifs, un grès de Lerat représentant trois footballeurs en action (N’Aura, 1 300 €), un ensemble d’œufs en céramiques de Pol Chambost (Serge Estupina, 1 300 €) ou un porte-photo en galuchat (30 et 40, 1 100 €), mais aussi de la vaisselle, avec un service de table en porcelaine tchèque à filet platine des années 30 (Franck Bergé, 4 500 €) ou un service à sorbets Art déco en argent (GLB, 1 180 €). La place d’honneur revient toutefois au mobilier allant du bureau-bibliothèque d’Adnet (Micocoulier, 9 200 €), à un cabinet de Jansen couvert de parchemin à la fermeture ornée d’un masque de faune (Jean-Pierre Secula,18 000 €) ou à la Lounge chair de Charles et Ray Eames (Ludlow, 2 750 €).

À cette promenade «officielle» s’ajoutent les clins d’œil des autres marchands, à l’affût de cette clientèle nouvelle, attirée par la mode 60 et 70. Un spécialiste du 19e siècle se révèle collectionneur d’aspirateurs Hoover des années 50. Un autre propose des faïences à enroulements de la manufacture de Sainte Radégonde. Un troisième, enfin, met en vente une statuette féminine en plâtre de Couturier vendue aux Galeries Lafayette pour que le grand magasin en fasse des tirages en bronze et argent, destinés à être offerts à ses principaux clients…


 Zoé Blumenfeld
16.03.2002