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Patrimoine

La marque du fabricant, © Socra


Le lion dans sa niche, © Socra


Détail d'avant la restauration, © Socra


Denfert retrouve son lion

La statue de Bartholdi est remise en place demain après une campagne de restauration dirigée par Daniel Imbert.

Donnez-nous la fiche d'identité du lion.
Daniel Imbert - conservateur en chef du patrimoine, responsable de la conservation des oeuvres d'art à la Ville de Paris
- Oeuvre de Bartholdi, il a été placé à son emplacement actuel en 1880 pour célébrer l'héroïsme des défenseurs de Belfort. Beaucoup pensent qu'il est en bronze. En réalité, il est constitué de plaques de cuivre repoussé qui reposent sur une structure intérieure, ou crinoline, en fer. Le lion est d'ailleurs léger pour ses dimensions (3,5 m de hauteur pour 7,3 m de longueur) puisqu'il ne pèse que 2 tonnes. C'est l'oxydation du cuivre qui égare les observateurs : elle donne des couleurs très similaires à l'oxydation du bronze, ce qui est naturel puisque ce dernier est lui-même très chargé en cuivre.

En quoi a consisté la restauration ?
Daniel Imbert
- Le principal problème concernait la structure interne, qui s'était beaucoup dégradée avec le temps surtout dans les parties basses où l'armature en fer était très corrodée, et parfois inexistante, ce qui pouvait entraîner des risques de déformation de l'œuvre. Nous avons changé les parties en mauvais état et traité celles qui pouvaient être conservées. Nous sommes également intervenu sur les étriers, qui sont les parties métalliques qui permettent à la peau en cuivre d'adhérer à la structure et avons procédé à la révision des rivets de cuivre. A l'extérieur, il s'agissait d'éliminer les zébrures noires et de résorber l'usure de la patine, qui se matérialise par des marques rouges et brunes remontant en surface.

Quels ont été la durée et le coût de l'intervention ?
Daniel Imbert
- Le lion a été déposé à la fin du mois de mars pour être installé dans un hangar à Argenteuil où s'est effectuée la restauration, menée par l'entreprise Socra. Une intervention sur le socle lui-même a été réalisée, place Denfert-Rochereau, pour réviser les joints et appliquer un mortier plus conforme. La restauration du lion a coûté 500 000 FF, celle du socle 100 000 FF.


 Rafael Pic
13.12.2001