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Patrimoine

Saint-Eustache sous les projecteurs

Ambiance musicale, illuminations et projections d’images transformeront, ce soir, les façades de l’église parisienne en un immense décor pour l’acte IV de l’Opéra.tion Life Nexus. À l’origine du projet, Jorge Orta.


Acte V d’Opéra.tion Life Nexus
sur la cathédrale de Mexico

© Jorge Orta
Comment vous est venu l’idée d’une telle opération ?
Jorge Orta.
À la suite de grands projets comme l’illumination du Machu Pichu (1992) ou du volcan Aso au Japon (1994), j’ai souhaité introduire une problématique sociale dans ces évènements qui réunissaient des millions de personnes. Les années 1990 ont soulevé un problème de pénurie des dons d’organes. J’ai immédiatement pensé que le thème de la greffe pourrait être une métaphore intéressante de la société dans laquelle nous vivons. L’égoïsme et la non-reconnaissance de l’autre sont au centre de ce projet prévu pour s’étendre de 1996 à 2006.


Cœur de Limoges
© Jorge Orta
Aujourd’hui, où en sommes nous?
Jorge Orta.
Si l’on compare ce projet à une pyramide que l’on construit niveau par niveau, nous sommes à mi-chemin. Le mot « Opéra.tion » définit une suite d’actes destinés à faire réussir un objectif. Ce travail complexe doit être perçu comme un entrainement à de futurs projets d’avenir associant l’art plastique à des disciplines transversales.

Pourquoi avoir choisi l’église Saint-Eustache ?
Jorge Orta.
Il y avait différents lieux possibles à Paris mais seul celui-ci convenait d’un point de vue accoustique, spatial et logistique. Concrètement, la façade du monument va être habillée de lumières colorées sur lesquelles vont être projetées des images inspirées d’un cœur humain. Cette année, Simon Stockhausen réalise la composition musicale. Cela fait plus de trente ans que j’admire le travail de son père dans la musique expérimentale. Il est difficile de trouver des artistes dont la musique s’adapte à l’espace public.

Comment sont financés ces évènements?
Jorge Orta.
Au départ, nous acceptions les mécénats. Au Japon, par exemple, l’illumination du volcan Aso a bénéficié du financement d’une grande société d’informatique. Mais, pour que l’art soit accessible à tous, il faut abolir ces gros budgets. Nous avons donc choisi de réduire les dépenses et de procéder par accumulation, chacun apportant sa pierre à l’édifice. Dans le cas de Saint-Eustache, c’est l’Établissement français des greffes qui a financé la manifestation. En 2003, nous participerons à la cérémonie d’ouverture des Jeux mondiaux des transplantés sur la place Stanislas de Nancy.


 Stéphanie Magalhaes
22.06.2002