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Histoires de cintres

Dis-moi comment tu accroches tes vêtements, je te dirai qui tu es. Ou comment décrypter notre civilisation à travers ses porte-manteaux…

Porte-vêtements à encolure galbée, tendeur de pantalon avec crochet torsadé, porte-habit articulé à inclinaison réglable, champignon porte-chapeaux. En matière de cintres, l’inventivité humaine semble ne pas connaître de limites. Si le terme lui-même n’apparaît officiellement qu’en 1900, l’objet existe depuis bien plus longtemps. Le plus ancien exemplaire connu date du XVIe siècle et servait à soutenir un uniforme militaire. La fortune du genre suit celle des voyages. A la Renaissance, la cour de France s’en va visiter ses châteaux. Aux XIXe siècle, les villégiateurs pressés passent de longues nuits dans le train, vers le Bosphore ou la Riviera. Pour conserver impeccablement le pli dans l’espace le plus réduit, le cintre l’emporte définitivement sur le coffre…

Mariage de la brosse et de la chaussette
Amateur des petits objets de la vie quotidienne, ceux auxquels on ne prête pas attention, Daniel Rozenstroch a réuni une immense collection de cintres. Elle est actuellement exposée à Paris au musée des Arts décoratifs. Beaucoup de ces prototypes ne dépareraient pas le fameux Catalogue des objets introuvables de Carelman, du porte-manteau avec brosse à ces formes sèche-chaussette (idéales pour les archi-duchesses), du porte-manteau de malle-cabine à six branches mobiles à ce récent cintre télescopique. Si nos contemporains semblent moins portés vers les raffinements techniques, ils font en revanche preuve d’une grande versatilité dans le choix des matériaux : carton, feutre, perles, corde de navire enduite de résine, plastique. L’histoire du cintre n’est pas finie…


 Rafael Pic
06.07.2002
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