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Expositions

Louise attaque

Les onze galeries de la rue Louise Weiss et alentour viennent d’inaugurer leur nouvel accrochage.


Patrick Tosani, Regard VI, 2001,
photographie couleur C-print, 120 x 150 cm.
© Courtesy galerie Emmanuel Perrotin.
PARIS. Essentiellement photographique, cette rentrée propose néanmoins deux peintres intéressants. Tout d’abord Johannes Kahrs, à la galerie Almine Rech, et son Drunken boat, ensemble de tableaux et de dessins sur l’exil des aliénés tel qu’on l’organisait en Hollande et en Allemagne. Mais ce sont surtout les Demoiselles de Bruno Perramant qui captent l’attention. La série, présentée par In Situ Fabienne Leclerc, se propose de revisiter Picasso, avec des peintures réalistes de jeunes femmes en lingerie fine et en talons aiguille, tantôt en plans larges, tantôt en plans serrés sur les visages et sur les corps lascifs.

Pin-up et logos
Regards de Patrick Tosani, chez Emmanuel Perrotin, ensemble d’épreuves numériques grand format, insiste sur la fragilité de visages d’enfants émergeant d’une surface de tissu coloré. Chez Praz-Delavallade, des tirages de femmes coiffées par des aliments (chapeau de crudités, perles de fruits, chouchou en concombre…), par Natacha Lesueur, détournent quelque peu l’image de séduction véhiculée par la mode. L’espace de la galerie est aussi investi par « Ronce noire », une « agence d’artistes », dont l’un des membres, Tami Amit, décortique les poses d’une pin-up sur fond cramoisi. De manière moins sensuelle, Frank Breuer photographie les logos de grands groupes sur des sites industriels européens, véritables musées de la consommation. Jousse Entreprise, où est présenté cet artiste, expose par ailleurs du mobilier, notamment un fantasmatique lampadaire à trois branches de Serge Mouille. La palme de la dérision revient à Claude Closky qui, chez Jennifer Flay, dénude la narration télévisuelle : sur un prompteur défilent en temps réel des informations aussi laconiques que saugrenues. L’effet CNN ?


 Frédéric Maufras
02.10.2002